Xpeng L03 électrique : pourquoi la France est privée de sa version record à 1 000 km à prolongateur d’autonomie
Xpeng lance son SUV coupé électrique L03 en France à partir de 34 990 euros. Mais la version à prolongateur d’autonomie, celle qui vise les 1 000 km, restera à la frontière : en cause, le malus.

Présenté à Munich le 16 juillet 2026, le L03 devient l’entrée de gamme de Xpeng en Europe : un SUV coupé taillé pour aller titiller la Tesla Model Y, affiché à partir de 34 990 euros.
En France, il n’arrive que dans sa version 100 % électrique, créditée de 520 km d’autonomie WLTP avec la grosse batterie. En Allemagne, en Belgique, en Suède et en Autriche, les clients auront un second choix : une déclinaison à prolongateur d’autonomie, baptisée L03 Power X. La France, elle, devra patienter.

À quoi sert ce prolongateur d’autonomie ?
Le principe est simple : un petit moteur essence qui ne sert qu’à recharger la batterie, sans jamais entraîner les roues. La voiture roule donc à l’électrique en permanence, l’essence prenant le relais quand la batterie faiblit. Xpeng marie ici une batterie de 37,25 kWh à un réservoir de 42 litres, d’où l’autonomie cumulée annoncée au-delà de 1 000 km.
De quoi rassurer les gros rouleurs qui redoutent encore la borne de recharge. C’est la même logique que les modèles chinois arrivés via Stellantis, comme le Leapmotor B10 et ses 900 km revendiqués.
Pourquoi le malus bloque la France
Ajouter un moteur thermique, même en simple générateur, change tout côté fiscalité. Dès qu’une voiture rejette du CO2, elle tombe sous le coup du malus écologique, qui se déclenche désormais dès 108 grammes de CO2 par kilomètre, avec une taxe au poids qui s’ajoute au-delà de 1 500 kg.
Un prolongateur, ça reste un moteur à essence : le L03 Power X encaisserait cette double note, que la version électrique évite complètement. Interrogé sur le sujet, Xpeng France reconnaît que rien n’est arrêté : « la version EREV arrive en Europe. En France on sait pas, notamment du fait des taxes et du malus. » Le constructeur attend le calcul précis du malus avant de trancher, dans les prochains mois.

En Belgique, les tarifs électriques collent à ceux de la France, à partir de 34 990 euros avec la petite batterie (445 km d’autonomie), et le Power X y démarre à 38 490 euros, soit 3 500 euros de plus. L’écart reste digeste.
Sauf qu’en France, il faudrait empiler le malus par-dessus ce surcoût, et là l’addition s’envole. La Belgique, où l’électrique se vend bien, n’a tout simplement pas cette barrière fiscale. Les constructeurs chinois s’y bousculent d’ailleurs, à l’image de Geely, qui pose lui aussi ses valises en France.

Pour un acheteur français, le choix reste simple pour l’instant : le L03 électrique en petite batterie (58 kWh et 445 km WLTP) ou avec la grande batterie (71 kWh et 520 km WLTP). Sachant que le modèle, fabriqué en Chine, n’ouvre droit à aucun bonus.
À 34 990 euros, le L03 affiche pourtant un prix moins imbattable qu’il n’y paraît face à la Tesla Model Y qu’il vise. Fabriqué en Chine, il n’a droit à aucun bonus, alors que la Model Y Propulsion, affichée à 40 990 euros, reste éligible à l’aide écologique qui ramène son prix réel autour de 35 300 à 37 400 euros. L’écart avec la référence du segment se resserre donc nettement.
Franchement, avec une recharge de 10 à 80 % en 20 minutes sur une architecture 400 volts, la Xpeng L03 est clairement taillée pour les longs trajets, surtout avec des bornes sur chaque aire de service. Les gros rouleurs n’ont donc pas à regretter l’absence de cette version à prolongateur d’autonomie en France.