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  • 2026-07-14 16:51:01 +0000 UTC

    Jul 14, 2026

    Vous écoutez de la musique pour vous concentrer sur votre travail ? Ce n’est pas toujours la bonne stratégie

    L’idée que la musique classique pourrait aider à mémoriser et traiter de nouvelles informations a longtemps circulé. Qu’en penser ? Cela ne dépend-il pas en fait d’un ensemble de circonstances plus large ?


    Entrez dans n’importe quelle bibliothèque universitaire et vous verrez sans doute des étudiants portant des écouteurs, en train d’écouter de la musique.

    L’idée que la musique puisse favoriser l’apprentissage circule depuis plusieurs décennies. L’« effet Mozart » est un concept largement connu en psychologie populaire. Formulé pour la première fois dans un article publié en 1993, il désigne l’hypothèse selon laquelle l’écoute de musique classique améliorerait la mémorisation ainsi que le traitement de nouvelles informations.

    En tant que psychologue de l’éducation spécialisée dans l’étude de la cognition et de la motivation, mes recherches portent sur la manière dont les étudiants régulent leurs apprentissages et leur attention face aux distractions numériques.

    Écouter de la musique est une stratégie que les étudiants utilisent couramment pour tenter de rester concentrés.

    Peut-on dire cependant si la musique favorise ou non les apprentissages ? Il n’y a pas de réponse simple à cette question

    Comment la musique peut faciliter ou perturber l’étude

    Les chercheurs s’accordent généralement à dire que la relation entre la musique et l’apprentissage est complexe. Les effets de la musique sur l’étude et d’autres tâches exigeantes sur le plan cognitif semblent dépendre du type de tâche effectuée, du genre musical et des élèves eux-mêmes.

    Certains chercheurs affirment que la musique aide les élèves à se concentrer, à améliorer leur humeur et apprendre de manière générale. D’autres ont constaté que l’écoute de la musique perturbe la réflexion, en particulier lorsqu’elle est rapide et forte, ou lorsqu’elle comporte des paroles.

    J’ai cherché à mieux comprendre ce qui se cache derrière ces résultats contradictoires concernant la musique et la concentration. Dans le cadre d’une étude menée au cours des deux dernières années, j’ai interrogé 163 étudiants sur leurs habitudes d’écoute musicale lorsqu’ils lisent des manuels, rédigent des dissertations, résolvent des problèmes de maths et révisent pour leurs examens – et sur les moments où ils appuient sur le bouton « pause ».

    Il n’y a pas d’approche universelle

    L’une de mes principales découvertes est que la musique aide les élèves à se sentir plus impliqués, motivés ou à l’aise lorsqu’ils étudient. Mais cette réaction varie en fonction de la musique qu’ils choisissent, du type de tâche sur laquelle ils travaillent et de la confiance qu’ils ont en leur propre capacité de concentration.

    Environ 67 % des élèves que j’ai interrogés ont déclaré avoir recours à la musique pour améliorer leur concentration, tandis que 75 % ont indiqué l’utiliser pour renforcer leur motivation.

    « J’utilise la musique comme l’une de mes principales sources de motivation pour étudier, surtout quand il s’agit d’un sujet qui ne m’intéresse pas. Je sais bien identifier cela et en tirer parti », a expliqué une étudiante de 21 ans en dernière année de psychologie.

    Tous les étudiants à qui j’ai parlé s’accordaient à dire que la nature des tâches qu’ils effectuaient – ainsi que le niveau de difficulté du projet en cours – influençait leur décision d’écouter de la musique ou non, ainsi que le type de musique qu’ils choisissaient.

    Les étudiants ont également évoqué les diverses raisons d’éviter la musique, notamment les paroles qui les distrayaient.

    « J’ai remarqué que si j’écoute un morceau que je peux chanter, j’ai beaucoup plus de mal à étudier », a expliqué une étudiante de 22 ans spécialisée en éducation musicale.

    Dans certains cas, les étudiants ont indiqué que même la musique instrumentale ne les aidait pas à mieux se concentrer.

    « Même s’il s’agit de musique instrumentale, j’ai l’impression de devoir me concentrer sur la musique plutôt que sur ce que je lis », a confié un étudiant de 19 ans en formation pour devenir enseignant dans le secondaire.

    Beaucoup ont déclaré écouter de la musique pour éviter l’ennui, améliorer leur humeur et, de manière générale, rendre l’étude plus agréable.

    « La musique m’aide à avoir l’impression que je peux continuer encore et encore à écrire », a déclaré une étudiante de 20 ans en psychologie.

    La question de la confiance en soi

    Afin de déterminer dans quelle mesure l’écoute de musique influence les apprentissages, j’ai mené une enquête auprès de 103 étudiants de premier cycle.

    Près de la moitié d’entre eux ont déclaré écouter de la musique lorsqu’ils lisaient, et 68 % ont indiqué qu’ils en écoutaient lorsqu’ils écrivaient. Environ 70 % ont déclaré écouter de la musique lorsqu’ils résolvaient des problèmes de mathématiques, et environ 30 % ont indiqué qu’ils en écoutaient systématiquement, quelle que soit la tâche à accomplir.

    Les étudiants présentaient également des différences au niveau de la confiance dans leur capacité à rester concentrés. Ces convictions influençaient le choix du moment où ils décidaient d’écouter de la musique et celui où ils préféraient travailler en silence.

    Un étudiant de 26 ans, en formation d’enseignant et de géologie, a déclaré qu’il étudierait en musique à une condition : « s’il s’agit d’une matière avec laquelle je me sens plus à l’aise ou que je connais mieux. Mais pour une matière qui me pose vraiment des difficultés, je pense que je m’en passe ».

    J’ai également constaté que les étudiants qui étaient statistiquement plus motivés et plus confiants avaient tendance à écouter de la musique lorsqu’ils révisaient pour leurs examens et à se concentrer sur leur lecture.

    Écouter ou ne pas écouter ?

    La musique n’est une garantie ni de distraction ni d’aide à l’étude. En revanche, les apprenants peuvent tirer profit d’une utilisation stratégique de la musique, en l’adaptant à la tâche à accomplir et à leurs propres besoins.

    Au final, retarder la gratification en utilisant la musique comme récompense est probablement plus efficace que de l’utiliser systématiquement. Plutôt que de partir du principe que la musique améliore la concentration, les élèves devraient réfléchir aux moments où elle les aide à rester motivés et à ceux où elle devient une distraction supplémentaire qui détourne leur attention.

    Si vous comptez écouter de la musique pendant que vous étudiez, pensez à choisir des morceaux moins distrayants pour les tâches difficiles. La playlist qui vous motive pour les tâches routinières risque de vous déconcentrer lorsque vous vous attaquez à un travail plus exigeant.

    Pour les étudiants qui ont du mal à se lancer dans un devoir ou à rester concentrés pendant une longue session d’étude, la musique peut aider à rendre le travail plus supportable. Cependant, dès qu’elle commence à nuire à la concentration, il est peut-être temps de passer au bruit blanc, en particulier lorsque l’on étudie dans un environnement source de distractions, comme une bibliothèque bondée ou un café bruyant.

    La lecture et l’écriture reposent toutes deux en grande partie sur le traitement du langage. Les chansons dont les paroles sont très présentes peuvent rendre plus difficile la concentration sur la lecture et l’écriture. Dans mon étude, les étudiants qui savaient le mieux aménager leur espace de travail préféraient la musique instrumentale à la musique avec des paroles, souvent pour couvrir les bruits de fond gênants et améliorer leur concentration.

    Comme me m’expliquait une étudiante de 20 ans spécialisée dans l’enseignement secondaire : « Je commencerais probablement sans musique, puis, si je me rends compte que j’avais vraiment du mal, je la mettrais pour voir si ça m’aide. »

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