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  • 2026-07-13 16:48:26 +0000 UTC

    Jul 13, 2026

    Violences conjugales dans la haute vallée de l’Aude : "Dès qu’elle entend un bruit, elle a peur"

    Un homme de 40 ans a été condamné ce lundi 13 juillet 2026, à Carcassonne, à vingt mois de prison ferme pour des menaces de mort et des violences psychiques commises sur son ex-conjointe.

    "Un dossier qui fait froid dans le dos", a décrit la procureure. "Un torrent d’insultes et de menaces qui fait vivre cette femme dans l’inquiétude permanente, en état d’hypervigilance. Dès qu’elle entend un bruit, elle a peur", a commenté son avocat, Me Quentin Poirot-Seynaeve. Le 10 juillet dernier, les gendarmes de la Haute-Vallée de l’Aude sont intervenus au domicile d’une femme, dans la région limouxine, qui les avait appelés à l’aide après que son ex-conjoint l’avait menacée de mort. "Vous avez indiqué vouloir en finir avec elle", a résumé le président du tribunal ce lundi 13 juillet, devant l’homme en question, un quadragénaire jugé en comparution immédiate.

    Ce n’était pas la première fois, cette année, que les gendarmes se retrouvaient sur ce champ de bataille conjugal. À quatre reprises déjà, ils avaient été sollicités pour des disputes. En juin 2025, le couple s’était séparé après quinze ans de vie commune et quatre enfants (un an, trois ans, cinq ans et onze ans). "Il est dans une posture de harcelant, en la menaçant d’attenter à son intégrité physique et psychique. Car il ne supporte pas la rupture. Tout cela sur fond de conflit de garde parentale qui est un prétexte pour lui faire payer qu’elle le quitte", explique la procureure.

    Je suis allé trop loin

    "Tu finiras dans le même trou que ton père", "Je suis prêt à faire vingt ans de prison, je n’ai plus rien à perdre", "Si tu trouves un autre mec, je l’allume devant tes yeux". Extraits lus par le président. "Vous n’arrêtez pas de l’invectiver. Vous agissez comme si elle vous appartenait." Avant cela, le magistrat avait passé un enregistrement audio où l’on entendait ce même flot de menaces et d’insultes de la part du prévenu. "Vous en pensez quoi ?" lui a-t-il demandé. "C’est n’importe quoi, je suis allé trop loin. Je ne l’ai pas respectée." En avril, il avait aussi brandi une clé en croix devant elle et jeté une pierre dans la porte vitrée alors qu’à son domicile – il vit dans une caravane près de son ex – les gendarmes ont trouvé un fusil de chasse.

    Son casier judiciaire présente essentiellement des condamnations pour des infractions routières mais aussi pour des violences. "C’est une femme qui est affectée. Et ici, on ne voit que la face visible de l’iceberg", a confié Me Quentin Poirot-Seynaeve. Pour le prévenu, Me Adamou a voulu "rappeler le contexte". "Il n’a pas accepté qu’elle reprenne contact avec son père qui a été condamné pour des agressions sexuelles. Cela peut se comprendre."

    La procureure, qui s’est dite "très inquiète", a requis trente mois de prison dont dix mois assortis d’un sursis probatoire pendant deux ans, maintien en détention, obligation de soins, un stage de responsabilité parentale et un autre contre les violences au sein du couple, ne pas entrer en contact avec la victime et ne pas paraître à son domicile, retrait de l’exercice de l’autorité parentale, interdiction de posséder une arme. Le tribunal est allé dans le même sens.

    2026-07-13 16:48:26 +0000 UTC