Une décision de la ministre Van Bossuyt (N-VA) fait bondir les responsables bruxellois: "Cela mènera à un drame social"
Le calcul est simple : mille places d'accueil en moins pour les demandeurs d'asile sans solution d'hébergement dans la capitale de l'Europe, ce sont mille hommes, femmes et enfants de plus qui errent dans les rues de Bruxelles.
La ministre fédérale en charge de l'Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt (N-VA), a annoncé jeudi la suppression de 700 places dans le dispositif prévu par le "Brussels Deal", un accord passé en 2022 avec la Région bruxelloise pour héberger les personnes qui ne trouvent pas de place dans le réseau Fedasil (l'agence fédérale en charge de l'accueil des demandeurs d'asile). Le 30 juin, le gouvernement Arizona (N-VA, MR, CD&V, Les Engagés et Vooruit) avait déjà validé la demande de la ministre de supprimer 300 places.
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Depuis quatre ans, en vertu de cet accord, le fédéral octroie chaque année 42 millions d'euros à la Région bruxelloise pour gérer 2 000 places d'accueil. En deux semaines, le dispositif initial a donc été réduit de moitié.
La ministre N-VA justifie son coup de canif dans le "Brussels Deal" par la réduction des listes d'attente aux portes des centres d'accueil gérés par Fedasil. Selon Anneleen Van Bossuyt, il s'agirait aujourd'hui de 1 000 hommes seuls, dont la moitié serait hébergée chez des membres de la famille, des amis ou des connaissances. Les capacités d'accueil disponibles pour les mineurs étrangers non accompagnés (Mena) ne seraient plus toutes nécessaires, le nombre d'entrées de Mena sur le territoire belge ayant nettement reculé, ajoute-t-elle.
Mme Van Bossuyt espère que d'ici à la fin de l'année, il n'y aura plus personne sur les listes d'attente du réseau Fedasil, ce qui lui permettrait de mettre un point final au Brussels Deal. "Par notre politique, nous mettons de l'ordre de manière systématique dans le chaos de l'asile créé par le gouvernement Vivaldi (la coalition fédérale précédente PS, MR, Écolo, CD&V, Open VLD, SP.A et Groen, NdlR)", a-t-elle commenté. "Les arrivées diminuent chaque mois et cela nous permet de fermer des places d'accueil. Je ne remets pas en cause le fait que le problème des sans-abri soit très sérieux à Bruxelles. Mais en tant que ministre de l'Asile et de la Migration, je ne peux pas résoudre tous les problèmes bruxellois avec une somme d'argent."
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Cette décision unilatérale du fédéral, et singulièrement de la ministre Van Bossuyt, fait bondir les responsables bruxellois. Elle mènera "à un drame social", alertait jeudi le ministre bruxellois des Finances Dirk De Smedt (Anders – anciennement Open VLD), dans De Morgen. Selon lui, la ministre "joue avec les statistiques" en modifiant régulièrement les conditions d'inscription sur la liste d'attente, afin de prétendre ensuite que celle-ci diminue. "Elle nous met devant le fait accompli, tout en sachant parfaitement que nous ne pourrons pas résoudre ce problème rapidement et que des gens se retrouveront à la rue."
Le ministre bruxellois de l'Action sociale, Ahmed Laaouej (PS), dénonce lui "un désengagement brutal et inhumain". Sur La Première (RTBF), il s'est indigné de cette décision "totalement irresponsable et inhumaine". Il y voit "une attaque en règle contre Bruxelles".
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Le bourgmestre de Bruxelles, Philippe Close (PS), se dit pareillement scandalisé. "Mme Van Bossuyt attend-elle de nouveaux camps de réfugiés dans les parcs ? À part un pourrissement de la situation, que propose-t-elle pour ces gens qui ne vont pas disparaître ?", a-t-il déclaré à l'agence Belga. "On ne résout pas la misère des gens en les enfonçant encore davantage dans la misère", embraient les socialistes flamands de Bruxelles. Pour le député bruxellois CD&V Benjamin Dalle, il faut se remettre autour de la table pour conclure "un nouveau Brussels Deal".
Mais dans l'immédiat, un millier de personnes vont se retrouver dans l'espace public avec toutes les conséquences que l'on imagine, avertit Mehdi Kassou, directeur général de BelRefugees, la Plateforme citoyenne de soutien aux migrants : "On va revoir fleurir les tentes, les sacs de couchage, des squats se former, etc. C'est une décision qui vise à pourrir la situation à Bruxelles, à rendre certains endroits invivables."
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