Tour de France : les Bleus peuvent-ils enfin briller un 14-Juillet ? - Sport.fr
Un 14-Juillet sans vainqueur français sur le Tour, ça commence à faire long. Depuis le numéro de Warren Barguil à Foix, en 2017, plus aucun tricolore n’a levé les bras le jour de la Fête nationale. Neuf étapes déjà avalées, et toujours aucune raison de sortir les cotillons côté bleu-blanc-rouge.
Mardi, entre Aurillac et Le Lioran, le peloton s’en ira grimper dans les monts du Cantal. Un terrain qui, sur le papier du moins, pourrait offrir aux grimpeurs hexagonaux une vraie fenêtre de tir. « C’est hyper important pour nous », glisse Barguil, dernier rescapé de cette drôle de tradition. Reste à savoir qui osera saisir l’occasion.
Le cas Lenny Martinez, d’abord. Le coureur de Bahrain-Victorious visait le maillot à pois, mais le voilà huitième du général, à 4:21 de Tadej Pogacar — trop bien classé, sans doute, pour décrocher un bon de sortie. Le parcours colle pourtant à ses qualités : ascensions moyennes, belle pointe de vitesse, régularité à toute épreuve. Tout le dilemme est là. Attaquer pour la gagne, ou plutôt verrouiller sa place au classement ? Les dés ne sont pas encore jetés.
Autre profil, autre histoire : Paul Seixas. À 19 ans, le prodige lyonnais découvre la haute montagne d’un grand Tour. Sixième, à 28 secondes du podium, le vainqueur de la Flèche Wallonne impressionne déjà son monde. Mais gare à l’emballement. « On va découvrir un nouveau monde avec lui », tempère son directeur sportif Julien Jurdie, rappelant que le gamin n’a jamais dépassé huit jours de course. Sagesse oblige, la victoire d’étape passera derrière le général.
Et puis il y a « VPP ». Valentin Paret-Peintre, seul Français à avoir triomphé l’an dernier — ce fameux succès au sommet du Ventoux qui avait sauvé l’honneur des Bleus. Le grimpeur de Soudal-Quick Step chasse lui aussi le maillot à pois, mais c’est dans la très haute montagne, quand la pente s’affole vraiment, que son poids plume fera la différence. Patience, donc.
Jordan Jégat, lui, avance masqué. Dix-septième à près de onze minutes, l’homme qui avait bluffé tout le monde avec une dixième place en 2024 pourrait bien se glisser dans une échappée bien sentie. À 27 ans, décrocher un deuxième bouquet chez les pros ? L’idée trotte.
Reste le champion de France. Qui, mieux que Romain Grégoire, pour illuminer un 14-Juillet ? Sous le maillot tricolore, il rêve d’imiter Raymond Delisle, dernier champion national sacré ce jour-là… en 1969, excusez du peu. Lucide, il évoque « une étape destinée aux purs grimpeurs » et promet avant tout de « faire une belle étape ». Julian Alaphilippe, de son côté, montre les crocs mais manque cruellement de jambes. Quant à Alex Baudin, quatrième dimanche à Ussel, ou Kévin Vauquelin, encore loin de son niveau de 2025, ils peuvent toujours tenter le coup.
Le verdict tombera mardi, au sommet du Lioran. En voilà une étape qui va faire du bruit dans les chaumières tricolores — ou décevoir, une fois de plus. Le feuilleton du 14-Juillet, saison 2026, s’écrit maintenant.