SpaceX prépare Starship pour un 13ème vol décisif avec des satellites Starlink à bord
Publié le 13 juillet 2026 à 15:15 par Christian D.
Alors que les débris du vol 12 sont à peine refroidis, le treizième test du plus grand lanceur de l'histoire se profile déjà et cette fois avec une véritable charge utile. L'échec n'est pas de mise !
La société d'Elon Musk maintient une cadence de développement accélérée pour son lanceur super-lourd Starship et donne rendez-vous pour le 16 juillet, avec un décollage depuis Starbase au Texas.
Ce treizième vol, programmé seulement sept semaines après le précédent, est une nouvelle étape cruciale dans la validation du design du Starship V3 et de son booster Super Heavy.
La mission suivra une trajectoire suborbitale similaire au vol 12, visant un amerrissage contrôlé du booster dans le Golfe du Mexique et du vaisseau dans l'Océan Indien.
Mais derrière cette routine apparente se cache une myriade de correctifs et une première technologique majeure.
Quelles sont les nouveautés et les correctifs pour le vol 13 du Starship ?
Les modifications pour ce vol se concentrent sur la fiabilisation de la séparation des étages et le rallumage des moteurs Raptor. Lors du vol 12, un léger décalage dans l'allumage des moteurs du vaisseau supérieur a provoqué une rotation anormale de 90 degrés du booster Super Heavy.
Une valse mal chorégraphiée qui a contribué à l'échec du rallumage de cinq des 33 moteurs pour la manœuvre de retour. Pour contrer ce problème, la séquence d'allumage a été entièrement revue et renforcée pour être moins sensible aux variations de timing.
Des modifications matérielles ont aussi été apportées pour améliorer la fiabilité du rallumage des moteurs en conditions de vol. Le vaisseau Starship lui-même a bénéficié de correctifs sur son système de propulsion pour éviter la perte d'un moteur en pleine ascension, comme ce fut le cas précédemment.
Pourquoi ce vol est-il si important pour la constellation Starlink ?
Ce vol marque une première stratégique : le déploiement de 20 satellites Starlink V3 pleinement fonctionnels. Jusqu'ici, les vols n'emportaient que des simulateurs de masse.
Cette fois, les satellites déploieront leurs panneaux solaires et leurs antennes pour tenter de se connecter à la constellation existante via leurs lasers de communication inter-satellites.
Cela restera un aller simple vers l'atmosphère puisque leur trajectoire suborbitale les fera se consumer environ 20 minutes après leur largage.
L'enjeu est double. Il s'agit de valider le mécanisme de déploiement de cette nouvelle génération de satellites, plus grands et plus performants, qui ne peuvent être lancés en masse que par le Starship. Mais il y a une astuce.
Six de ces satellites sont équipés de caméras spécialement conçues pour scanner le bouclier thermique du vaisseau pendant le vol. SpaceX transforme ainsi sa fusée en son propre inspecteur technique volant, une approche ingénieuse pour collecter des données vitales.
Quels sont les tests prévus sur le bouclier thermique du Starship ?
Le bouclier thermique, zone sensible de tout véhicule réutilisable, fait l'objet d'une batterie de tests intensifs. Pour faciliter l'analyse par les caméras des satellites Starlink, plusieurs tuiles ont été peintes en blanc pour simuler des tuiles manquantes et servir de cibles d'imagerie.
En plus de cela, SpaceX testera de nouvelles méthodes de fixation des tuiles, notamment sur les volets arrière du vaisseau. Enfin, des tuiles instrumentées dotées de capteurs de charge seront intégrées au bouclier.
Elles mesureront les contraintes subies lors de la phase d'ascension, là où la pression dynamique (Max Q) sera plus élevée que lors des vols précédents afin d'augmenter la capacité d'emport.
Quel est l'objectif à long terme de ces tests répétés ?
L'objectif final de cette cadence de tirs accélérée est de transformer le vaisseau Starship d'un prototype expérimental en une véritable navette spatiale ultra-fiable et rapidement réutilisable.
Elon Musk l'a martelé : les lancements de Starship doivent devenir « incroyablement communs ». Cette fréquence est la seule voie possible pour déployer les milliers de satellites Starlink de nouvelle génération, pour assurer les missions lunaires du programme Artemis pour la NASA et, à terme, pour concrétiser la vision d'une colonie sur Mars.
Chaque vol, même avec ses anomalies, fournit une montagne de données qui alimente les itérations suivantes. La stratégie de SpaceX reste la même : tester, échouer, apprendre, corriger et recommencer, le plus vite possible.
Journaliste GNT spécialisé en mobilité / Ante-Geek des profondeurs du Web et d'ailleurs
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