Nouveau maillot blanc, Paul Seixas ne cesse de monter dans la hiérarchie des prétendants dans ce Tour de France 2026 : « Je vis un peu un rêve »
Il est monté sur le podium protocolaire comme on grimpe vers le ciel étoilé et il a enfilé son maillot blanc comme on se drape dans une nouvelle vie de frissons et d'ambitions. Paul Seixas, 19 ans, a défroqué Juan Ayuso de la tunique de meilleur jeune au Markstein (pour trois secondes), est devenu le plus jeune de l'histoire à porter un maillot distinctif sur le Tour, a battu Jonas Vingegaard au sprint (3e, derrière Pogacar et Del Toro), et a surtout envoyé un nouveau message : il va jouer tout en haut, c'est-à-dire juste en dessous de l'intouchable Tadej Pogacar. « J'espère que nos soigneurs vont quand même le reconnaître avec ce nouveau maillot », se marrait Nicolas Prodhomme, son coéquipier, encore auteur d'un travail remarquable malgré un changement de vélo.
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Seixas ne cesse de monter dans la hiérarchie des prétendants, 10e après le contre-la-montre inaugural à Barcelone, 6e après Montjuic (2e étape), 5e après le Lioran (10e étape) et désormais 4e à seulement 15 secondes de Remco Evenepoel. Et même à 49 secondes du deuxième du Tour, Jonas Vingegaard. « C'est incroyable franchement, je vis un peu un rêve, c'est trop cool, j'espère que ça va continuer à ce rythme-là, analysait-il en zone mixte protocolaire, sa première du Tour. Pour l'instant, l'idée c'est que ça continue ainsi. Si je peux avoir des bonnes jambes et faire des bons efforts, bien gérer mes montées, ce sera très bien... »
« Je me suis senti bien toute la journée, c'est une jolie récompense pour tout le travail de l'équipe. Ils ont fait un énorme boulot pour mettre mon rythme »
Paul Seixas, maillot blanc
À chaque marche supplémentaire, il semble penser à la suivante, nanti d'une confiance en lui qui s'est traduite ce samedi par un train d'enfer imposé par ses coéquipiers dans le terrible col du Haag. « On a durci la course avec Tiesj (Benoot), il le fallait pour mettre en difficulté les gars du général. On voulait créer une vraie belle fatigue chez les autres et de ce que je comprends, ça n'a pas servi à rien ! » appréciait Prodhomme, 22e de l'étape, et à qui il a fallu donner les écarts sur la ligne et les bonnes nouvelles du jour. « Je me suis senti bien toute la journée, c'est une jolie récompense pour tout le travail de l'équipe. Ils ont fait un énorme boulot pour mettre mon rythme », lui répondait Seixas un peu plus tard.
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Pour le premier Grand Tour de sa carrière, et même s'il émet lui-même quelques bémols de temps à autre, le jeune Français ne panique pas. Il sait surtout où il va. « Bien sûr qu'il y avait une inconnue sur ces trois semaines de course, et d'ailleurs on n'est pas encore en troisième semaine, donc attention, mais on est des coureurs professionnels. On s'entraîne très dur, on fait des stages d'altitude pendant trois semaines. Je pense que j'ai du volume, j'arrive mieux à récupérer », affirmait-il samedi soir.
Son ambition se renforce alors que les Alpes arrivent. Un territoire qu'il connaît presque par coeur, et où un contre-la-montre favorable à ses qualités arrivera dès mardi. Le maillot blanc est désormais sur ses épaules. Quelle sera la suite ? « Le plus haut classement possible, répond son coéquipier belge, Benoot. On le dit depuis le début du Tour. Si c'est 3, 4, 5 ou plus, on verra. Mais jusqu'à présent, on n'a pas fait d'erreur. Paul nous impressionne tous les jours, mais je ne peux pas dire qu'il m'a impressionné encore aujourd'hui, vu tout ce qu'il a déjà fait ces derniers jours. C'est juste qu'il continue... ».
Ce dimanche, Seixas a rendez-vous au plateau de Solaison. « La Haute-Savoie a toujours fait partie de moi, confiait-il au printemps. J'y ai commencé le vélo, j'y ai fait mes premières randonnées. C'est là où j'ai découvert la montagne. Quand j'y suis, je m'y sens tellement bien. Cela m'apaise. On peut aller dans des coins reculés et découvrir tellement de choses... » Le podium du Tour de France, après le podium protocolaire, voilà ce que Seixas voudra aller y chercher ce dimanche.