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  • 2026-07-18 05:00:03 +0000 UTC

    Jul 18, 2026

    Prix de l’eau : le maire de Sanary se plonge dans le dossier et rencontre une association d’usagers qui a saisi la justice après de « nombreux dysfonctionnements »

    Le tarif de l’eau potable et de l’assainissement est l’un des dossiers chauds de la communauté d’agglomération Sud Sainte Baume, dont les représentants ont été grandement renouvelés lors des dernières élections municipales.

    Et c’est le vice-président Philippe Héno, maire de Sanary depuis bientôt 4 mois, qui a accepté d’en prendre la délégation et de se plonger dans ce dossier nébuleux.

    À ce titre, ce jeudi 16 juillet, il s’est entretenu pendant deux heures avec les responsables d’une association présidée par Virginie Creusot, Bien Vivre dans Sud Sainte Baume (BVSSB), très active sur le sujet.

    Sujet qui, depuis l’entrée en vigueur des délégations de service public au 1er janvier 2025 et les premières factures « salées », a provoqué une vague de colère et d’incompréhension chez une grande partie des quelque 63.000 administrés que compte le territoire.

    Philippe Héno : « Écouter tout le monde pour comprendre »

    Les deux parties ont accepté de débriefer cette réunion organisée à la demande de l’association, à l’issue de laquelle Philippe Héno a tenu à saluer « le climat apaisé et constructif » dans lequel elle s’est déroulée.

    Il a ensuite explicité la démarche qu’il entend engager, plus globale : « Je rencontrerai toutes les associations d’usagers qui le souhaitent, tout comme j’ai déjà pu échanger avec Suez, le délégataire pour les communes du littoral, et comme je le ferai prochainement avec Veolia, pour le haut pays. »

    L’intention du moment, a-t-il aussi exprimé en substance, est surtout « d’écouter tout le monde pour comprendre la situation » dont il a « hérité », en vue d’obtenir « des éclairages » et « d’envisager des solutions ».Pas de conclusion hâtive, donc.

    BVSSB, elle, fait ouvertement, le constat de « nombreux dysfonctionnements » liés à ce marché, qu’elle n’a de cesse de dénoncer depuis maintenant 18 mois.

    Pour sa parfaite information et parce qu’elle entend « œuvrer dans le seul intérêt des usagers », l’association a donc remis un rapport de 39 pages à leur élu, répertoriant notamment « des centaines de problèmes remontés des usagers : compteurs montés à l’envers, réclamations non traitées, recours au recouvrement systématique, fausses alertes de fuites »…

    Autant de cas qui sont aujourd’hui entre les mains de la justice (1). Car selon BVSSB, l’augmentation des factures, « qui ont parfois doublé, voire triplé, » ne serait pas justifiée, d’autant moins que « la qualité de service s’est factuellement dégradée », tance son vice-président Christophe Roubin.

    Pour un retour à l’ancienne tarification

    « C’est pourquoi, avec notre avocate, nous avons intenté deux procédures : l’une au tribunal administratif contre les contrats ; l’autre, dont l’audience est fixée au 15 octobre, en référé judiciaire, pour contester les factures émises par les deux délégataires », poursuit-il. Un dossier « béton », assure-t-il.

    Il poursuit : « Dans un souci de maintien de la continuité du service public, notre avocate va demander simplement à ce que le juge nous autorise, au vu des irrégularités que nous pointons - à régler les factures selon les tarifs en vigueur jusqu’en 2024 – soit avant les augmentations, jusqu’à ce que le juge du fond – le juge administratif – ne tranche. »

    Si BVSSB avait déjà participé à des réunions avec les élus de l’agglo sous la précédente mandature autour du président d’alors Jean-Paul Joseph, ce dernier a coupé le contact avec ce collectif d’usagers en apprenant son intention d’ester en justice, le maire de Bandol préconisant dans un premier temps le dialogue avec les délégataires, au risque d’une rupture de contrat qui, craignait-il alors, engendrerait un risque financier important pour l’agglo.

    Une différence de stratégie totalement assumée par les requérants, pour qui, au contraire, « une procédure est la seule façon de défendre vraiment les intérêts des usagers, dont nous faisons partie ».

    Les choses avancent, mais le prix de l’eau à Sud Sainte Baume devrait continuer à faire couler beaucoup d’encre.

    Bien que l’agglo soit en porte-à-faux du fait de la tournure juridique que prend l’affaire – car en attaquant le contrat, l’association attaque toutes les parties signataires, c’est-à-dire Sud Sainte Baume et les deux délégataires – Philippe Héno note que « c’est aussi, souvent, la seule façon d’atteindre la vérité ».

    Reste que personne, autour de la table qui a réuni ce jeudi des représentants de Sud Sainte Baume et des administrés, n’a intérêt à ce que la collectivité soit condamnée, le cas échéant, à devoir payer des dommages et intérêt…

    « Aussi, indique Christophe Roubin, on espère qu’un accord à l’amiable sera trouvé entre l’agglo et les délégataires pour revoir les termes du contrat. Et dans ce cas, nous abandonnerons évidemment les poursuites. »

    2026-07-18 05:00:03 +0000 UTC