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  • 2026-07-18 05:00:00 +0000 UTC

    Jul 18, 2026

    "On veut que le festivalier puisse être à son aise", explique Cédric Théate, le président des Francofolies de Spa

    Cédric Théate, vous êtes le président de l'ASBL Belgomania, qui organise les Francofolies de Spa, depuis 2025. Quel est votre rôle au quotidien ?

    Je préside le conseil d'administration. C'est un peu la ligne stratégique des Francofolies, là où les décisions se prennent, notamment au sujet de la continuité du festival, comme après la délicate année 2025. On donne la ligne à suivre à la direction, donc à Yoann Frédéric. On a un peu modifié notre manière de travailler en créant un comité de direction, dans lequel se trouvent Yoann, Émilie Massin, la trésorière, et moi-même, ce qui permet de prendre les décisions toujours à deux ou à trois.

    Avec Yoann, on se voit quasi tous les jours, surtout à l'approche du festival. On aime se remettre en question et regarder ce qu'on peut améliorer. Que ce soit sur l'affiche, sur les prix des billets ou la manière dont on monte le festival, je l'accompagne à chaque fois. Et c'est lui qui a le "cut" final. C'est lui qui fait la majorité du travail. Pour ma part, je suis bénévole. Non défrayé, je le précise.

    Ensemble, on a entrepris la refonte du festival pour cette édition, en réunissant les équipes et en analysant les commentaires reçus dans le cadre de l'enquête qu'on avait réalisée (pour laquelle on a eu beaucoup de réponses). Ça a permis de se poser les bonnes questions et de rechallenger le modèle.

    guillement

    La billetterie, avec les 3 jours place Royale qui seront sold out, est la preuve que la promesse qu'on fait est bien perçue par le public

    Cette édition est en effet marquée par plusieurs changements et nouveautés. Impatient de voir si tout ça a payé ?

    On est humblement convaincu que c'était la bonne manière de procéder pour reconnecter le public aux Francofolies de Spa mais aussi pour démontrer que le festival n'était pas un festival vieillissant et qu'on était OK de se remettre en question. On écoute les remarques. Je rappelle qu'on est une petite ASBL, avec cinq personnes. Cela reste une petite équipe avec un modèle très vertueux.

    Est-ce que ça veut dire que tout sera à 100 % parfait pour cette 1re édition de la "nouvelle vague", je ne le pense pas. Il y aura probablement des ajustements à réaliser. Mais on pense sincèrement que tout ce qui a été imaginé, notamment au niveau de la fluidité dans le parc (avec la scène Proximus qui va se retrouver dans le fond du parc et la galerie qui sera complètement libérée au niveau du passage) va apporter un confort au public. La scénographie a aussi été revue. La sonorisation aussi.

    Puis, j'ai tendance à penser que c'est le public qui a raison. La billetterie, avec les trois jours place Royale qui seront sold out (du jamais vu en 32 éditions), est la preuve que la promesse qu'on fait est bien perçue par le public et que celui-ci attendait cette modification, notamment au niveau de la programmation avec cette segmentation de l'offre et des styles clairs chaque soir. Même si on continue à proposer un certain métissage dans le village pour que les publics se rencontrent et fassent des découvertes. La plus grosse des nouveautés, sinon, cela reste les afters dans le parc. Avant, elles se déroulaient au casino. Désormais, elles se feront dans la galerie Léopold II avec des shows et du live jusqu'à 3 heures du matin.

    Pavillon Marie-Henriette Spa 2026
    Les festivaliers pourront quand même faire la fête dans la galerie. ©EDA

    En termes de confort, les festivaliers vont donc vraiment sentir la différence ?

    Oui, déjà parce que la partie VIP, le long du Van der Valk n'existera plus. Elle sera rendue au public. On aura aussi un écran fond de scène pour tous les concerts et deux écrans de part et d'autre de la scène. Cela n'existait pas avant. On a aussi été très attentif au niveau de la jauge parce qu'on veut que le festivalier puisse être à son aise et vivre une chouette expérience.

    Le déplacement de la scène Proximus est un vrai pari et je ne cache pas que ça a été l'une de mes premières demandes. J'ai fait le constat, en 2025, que la fluidité était vraiment problématique. Regarder un concert dans la galerie n'était pas très confortable non plus. La meilleure formule était donc de trouver un nouvel emplacement tout aussi idyllique. La scène du Parc sera juste à côté, pour éviter ces problèmes de transhumance.

    Enfin, ce n'est pas le positionnement d'une scène qui fait l'ADN d'un festival. L'ADN des Francos, c'est l'accessibilité, la convivialité… Un festival familial dans lequel on se sent bien, avec des découvertes et des concerts gratuits.

    Francofolies de Spa 2025 Kendji Girac locvv
    La scénographie de la scène Pierre Rapsat, place Royale, ne ressemblera plus à celle-ci. ©EDA

    Qu'en est-il des concerts en salle, organisés en semaine. La formule séduit-elle ?

    Ça aussi, c'était une demande du public et on est content de l'accueil réservé aux Nuits Francofolies. Ce format n'avait plus existé depuis des années. Il reste encore des places pour tous les jours et la billetterie sera ouverte le jour J pour les dernières places. Au niveau de la jauge, c'est 1 000 personnes, ce qui veut dire que c'est super intimiste. Les spectateurs ne seront jamais très loin des artistes. Des noms qu'on a d'ailleurs déjà vus sur les grandes scènes des Francos (Julien Clerc, Laurent Voulzy, Alain Chamfort, Michel Jonasz). Et on retrouvera Lorie pour l'ouverture, le 20 juillet, veille de jour férié.


    Sa biographie express

    Carte d'identité

    Cédric Théate est né le 24 juin 1978, à Verviers. Il a grandi et vécu bon nombre d'années à Polleur. Aujourd'hui, il vit à Spa. Il est marié à Gabrielle depuis 2008 et a "un grand garçon de 19 ans".

    Formation et vie pro

    Après avoir fait ses maternelles et primaires à l'école de Polleur, Cédric Théate a poursuivi ses études à l'athénée royal de Spa. Il s'est ensuite dirigé naturellement vers le monde des assurances. "Grand-père, père, marraine, oncle… Je viens d'une famille d'assureurs. Ce qui m'a décidé à partir dans cette voie, c'est la catastrophe de Theux (NDLR : en 1997). Mon père avait été appelé, et quand j'ai vu à quel point c'était passionnant d'aider les gens, de les rassurer, de leur trouver des solutions… J'ai eu envie de faire ce job." En 2003, il ouvrait son bureau à Theux. "J'ai recommencé l'entreprise à zéro."

    Francofolies

    Cédric Théate a toujours été passionné d'événementiel. "J'ai notamment été président des commerçants de Theux." Et les Francos ? "J'ai grandi avec. Je suis un festivalier assidu et je ne dois pas avoir loupé beaucoup d'éditions." Il est ensuite devenu l'assureur du festival spadois. Au moment où le conseil d'administration devait être renouvelé, il a déposé sa candidature. "J'ai directement été intégré au comité de direction, comme trésorier. C'était pour l'édition 2024." Et l'année d'après, il remplaçait Nicolas Tefnin, devenu bourgmestre, à la présidence. "Ce fut une ascension fulgurante", sourit-il.

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