"On peut passer à côté d'un pompier pyromane lors des tests de recrutement"
Au moment du recrutement d'un pompier, volontaire ou professionnel, dans quelle mesure peut-on détecter ou soupçonner un trouble de la pyromanie ?
"Avant toute chose, il faut rappeler que lorsque l'on évoque un incendie d'origine humaine, dans la toute grande majorité des cas, la cause n'est pas volontaire mais bien accidentelle, tient à rappeler le colonel Quentin Grégoire, commandant de la zone de secours (Vesdre-Hoëgne-Plateau) et président de Rezonwal (zones de Wallonie). Cela peut être quelqu'un qui jette un mégot, quelqu'un qui abandonne une bouteille dans un bois ou qui utilise une disqueuse dans son jardin alors qu'il fait très sec. Mais, chez ces personnes, il n'y a pas d'intention de mettre le feu; c'est généralement de la négligence et/ou de l'imprudence. Cela peut arriver à n'importe qui si on n'est pas vigilant".
Très difficile à détecter
Pour ce qui est de "dépister" une éventuelle tendance à la pyromanie, "cela reste quelque chose qui est difficilement détectable, nous dit ce commandant des pompiers. Ceci étant, le processus pour postuler dans une zone de secours comme pompier, que ce soit volontaire ou professionnel, reste le même. Il faut d'abord passer ce qu'on appelle le CAF ou certificat d'aptitude fédérale. Il s'agit d'un test organisé par le fédéral et qui se fait dans les écoles provinciales du feu. Il y a un aspect maniabilité, un aspect physique et un test écrit. Mais il n'y a pas vraiment de test psychologique au sens où on analyse la personne".
"Le pyromane est mû par une pulsion. Il agit sans mobile sinon sa satisfaction, l'assouvissement d'une insupportable tension interne"Ensuite, "chaque zone détermine les examens en interne mais il y a toujours au moins une interview. Et c'est dans ce cadre qu'on essaye de comprendre les motivations de la personne et pourquoi elle postule. Donc, on peut tout à fait passer à côté de quelqu'un qui a une espèce d'obsession pour le feu ou qui a une relation problématique. Il peut arriver que l'on ne cerne pas trop une personne mais on pourrait passer à côté d'un pyromane".
Une fois que la personne est engagée, "elle va suivre une formation, à la fois théorique et pratique, en ce compris dans des containers à chaud (avec présence de flammes), poursuit Quentin Grégoire. Cela se fait en présence de collègues directs en formation et, après, en intervention. Et, là, par contre, on va beaucoup plus potentiellement détecter quelqu'un qui a un comportement étrange, obsessionnel. Ce sont alors plutôt les paires, les collègues directs qui vont repérer quelqu'un qui pourrait poser problème à ce niveau-là".
Un pompier volontaire avoue avoir "mis le feu à des brindilles avec un briquet et de l'essence" à Fontainebleau: six personnes en garde à vueQuels seraient les signes de pyromanie ? "C'est quelqu'un qui observe les flammes, qui met le temps plutôt qu'intervenir directement, quelqu'un qui se trouve régulièrement sur les lieux d'un incendie alors qu'il n'a pas été appelé…"
Ceci dit, "cela reste quelque chose d'excessivement rare malgré tout, fait remarquer le commandant des pompiers. Personnellement, je n'ai jamais été confronté à un pompier pyromane. Nous sommes 17-18 000 pompiers en Belgique, dont 12 000 volontaires et 6 000 professionnels. Et je n'ai jamais entendu que des pompiers avaient été arrêtés chez nous pour cause de pyromanie".
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