"On ne pourra plus dire qu'on ne savait pas" : plusieurs activités de commémorations au nom du souvenir des inondations, à Verviers (vidéo)
Le gratin politique wallon est descendu ce mardi 14 juillet, vers 11 heures, sur le chantier de la nouvelle école d'Ensival, sinistrée en 2021, pour entamer cette journée de commémorations dans la cité lainière. "Ce jour-là, nous faisions du porte-à-porte dans le quartier d'Ensival pour dire aux habitants de rester chez eux, puisque la décision avait été prise de ne pas évacuer Verviers. Je me rappelle être tombé sur cette mère de trois enfants qui vivait au rez-de-chaussée, ici, à Ensival. Quand l'eau a continué à monter, qu'elle a atteint 1,7 mètre, je me suis dit qu'ils ne seraient plus là, confie le bourgmestre Maxime Degey (MR) dans un sanglot, face à un parterre de politiques. Pendant les jours qui ont suivi, je n'ai pas arrêté de penser à elle et sa famille. Heureusement, ils avaient survécu. À l'époque, on ne savait pas, maintenant, on ne pourra plus dire qu'on ne savait pas."

Le ministre-président wallon Adrien Dolimont (MR) a également prononcé quelques mots au pupitre. La cérémonie s'est conclue par des notes de saxophone et de violon, jouées par deux élèves du conservatoire de Verviers.
Cinq ans après les inondations, le pompier Vincent Bastin, ancien "Planu" à Verviers, s'exprime : "On sera plus performants… sans être parfaits"Un cadre magnifique
Venues en nombre, les personnalités politiques, telles que Jacqueline Galant (MR), Yves Coppieters (les Engagés) ou encore Christie Morreale (PS), étaient au premier rang du concert, alors qu'un petit groupe d'instituteurs profitait du spectacle un peu en retrait. "C'est un cadre magnifique, on va enfin pouvoir poser nos valises ici, après trois déménagements", sourit une enseignante.

Néanmoins, les enseignants ne semblent pas avoir été charmés par cette visite. "On est très heureux de ce nouveau bâtiment, vraiment, mais pour une éducation de qualité, il ne suffit pas d'accueillir les enfants dans un beau cadre, il faut nous donner les moyens de bien faire notre travail, clame une institutrice. Les ministres estiment qu'avoir 24 élèves par classe, c'est faisable, mais quand on a des élèves qui viennent sans savoir parler français, c'est une autre affaire. Ce serait bien qu'ils (NDLR : les ministres) viennent voir des gens sur le terrain au lieu de venir serrer des mains."
Une journée bien remplie
La visite du chantier de l'école n'était pas la seule étape de cette journée de commémorations. La régie de quartier d'Ensival accueillait l'expo photo "La vie d'après". Une exposition d'un autre type s'est tenue à l'école de l'Est, où les bricolages en lien avec les inondations, réalisés par des enfants, ont été présentés.

Le Contrat de rivière Vesdre (CRV) a, de son côté, proposé des animations de sensibilisation et de mémoire aux passants à la cour Fischer, l'après-midi. "Nous avons rassemblé ici toutes nos animations de sensibilisation et de prévention concernant les inondations, explique Marie Heymans, chargée de mission inondation au CRV. On informe aussi bien sur le cycle de l'eau et les différents types d'inondations, que sur le comportement à adopter en cas de montée des eaux."
Inauguration d'un bâtiment restauré, édition d'une brochure commémorative, mise à l'honneur d'un citoyen : Theux se souvient, 5 ans après les inondationsL'occasion pour le CRV de présenter son nouvel outil d'autodiagnostic des forces et faiblesses de son habitation face aux inondations. "C'est un formulaire, disponible en ligne ou en version papier", précise Marie Heymans.

Sur le coup de 18 heures, la cour Fisher a été la scène d'une cérémonie officielle, avec dépôt d'une gerbe de fleurs. La journée s'est clôturée par une déambulation dans les rues d'Ensival, soulignant la dynamique de reconstruction qui traverse le quartier depuis 2021.

L'échevin des Travaux, Alexandre Loffet (PS) a brillé par son absence
Qui dit cérémonie officielle sur un chantier en cours de finalisation, dit présence de l'échevin des Travaux. Pourtant, Alexandre Loffet, le principal concerné, n'est pas venu assister aux discours et à la visite du chantier de l'école d'Ensival.
"Je n'ai pas voulu venir car je voulais pointer la contradiction du discours d'Adrien Dolimont, qui a renommé le plan de relance de la Wallonie comme un plan de dépenses, affirme l'élu socialiste. C'est grâce à ce plan de relance que l'école d'Ensival a pu être reconstruite, donc venir se montrer ici après avoir fait de telles déclarations, c'est incompréhensible. Mon intention n'est pas de critiquer les commémorations, je veux simplement pointer du doigt l'hypocrisie du discours du ministre-président."
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