« On lui passait mes chansons » : Thomas Dutronc évoque comme rarement le cancer de sa mère Françoise Hardy
Thomas Dutronc sur le photocall de la cérémonie de clôture du Festilval du Film de La Baule, le 10 novembre 2019.
© Domine Jerome/ABACA / Domine Jerome/ABACA
Madison Petit 11/07/2026 à 13:44
Françoise Hardy s’est éteinte il y a désormais deux ans, après avoir longtemps lutté contre la maladie. Dans le documentaire de Matthieu Lartot et Anouk Burel, son fils revient avec émotion sur les terribles épreuves qu’ont représentées ses deux cancers. Un témoignage d’une rare sincérité.
Depuis le 3 juillet, le film documentaire « Ce qui nous tient debout », réalisé par les journalistes Matthieu Lartot et Anouk Burel est disponible sur la plateforme France.tv. Dans ce film de 90 minutes, le journaliste sportif revient avec une grande sincérité sur son combat contre le cancer. Touché une première fois à 17 ans, puis confronté à une récidive à 43 ans qui a conduit à l’amputation de sa jambe droite, il a choisi de briser le silence autour de cette maladie qui touche chaque jour près de 1 200 personnes en France. Au fil du récit, l’emblématique visage de « Stade 2 » part à la rencontre de celles et ceux qui ont marqué son parcours. Il donne également la parole à plusieurs personnalités dont la vie a été bouleversée par la maladie, à l’image de Thomas Dutronc
Françoise Hardy a, elle aussi, été confrontée à la maladie à deux reprises. En 2004, alors âgée de 60 ans, elle apprend qu’elle souffre d’un lymphome de type MALT. Quelques années plus tard, un second diagnostic tombe : l’icône des sixties est atteinte d’un cancer du pharynx. Après un long combat, elle s’éteint en 2024 des suites de ses problèmes de santé. Très pudique sur le sujet, son fils unique ne s’était que très rarement exprimé sur la disparition de sa mère, mais il a accepté volontiers d’apporter son témoignage dans le documentaire de Matthieu Lartot et Anouk Burel.
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« On a des connaissances communes, c’est comme ça que j’ai réussi à le convaincre. Il n’avait donné qu’une seule interview sur la maladie de sa mère. En lisant l’interview, j’apprends que quelques jours avant sa mort, il était dans la chambre d’hôpital avec sa maman, en train de regarder la finale de Roland-Garros, que je commentais, donc j’y ai vu un lien. Je lui ai écrit un message en lui disant, ‘puisque vous en avez parlé, j’en profite pour…’ Et il a accepté tout de suite », a confié le journaliste sportif auprès de Paris Match.
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« Une des pires choses quand on est malade, c’est de ne pas être accompagné »
Au début du film, Thomas Dutronc évoque l’annonce du diagnostic de sa mère. « Quand elle a appris ça, ma mère s’est évanouie et je pense que ça me ferait pareil. Si j’ai un cancer, je vais peut-être mourir d’une crise cardiaque quand on va me l’annoncer », confie-t-il avec un trait d’humour. Le chanteur de 53 ans revient ensuite sur cette maladie qui a frappé plusieurs fois sa mère et contre laquelle elle s’est longuement battue avant qu’elle ne l’emporte à ses 80 ans. « C’était presque une maladie chronique. J’espère que je tiens plus du côté Dutronc et pas du côté Hardy parce que je me dis que j’ai une chance sur deux. Forcément, on y pense. »
Pour Thomas Dutronc, il était indispensable d’être aux côtés de sa maman tout au long de son combat et notamment lorsqu’elle était hospitalisée. « Je trouve qu’une des pires choses quand on est malade, c’est de ne pas être accompagné », déclare-t-il dans le long métrage avant de se confier plus amplement sur son rôle dans ce combat qui n’était pas le sien. « Là où j’ai surtout aidé ma mère, c’est à un moment où elle était entre la vie et la mort. Elle est restée en réanimation un mois. Quand ma mère était dans le coma, on lui a passé des morceaux de moi qu’elle aimait genre Sésame ou Aragon et on l’a vu un peu sourire ou avoir une réaction alors qu’elle est complètement sédatée. Le pouvoir de la musique chez elle, c’est indéniable et peut-être chez tout le monde », raconte-il face aux caméras.
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Le manque, toujours
Avec le cancer, il y a des fins qui sont heureuses et d’autres non. Thomas Dutronc fait partie de ces enfants orphelins d’un parent qui a perdu sa bataille contre la maladie et dont le manque subsiste. Un aspect évoqué dans le film avec beaucoup de justesse. Tour à tour, les intervenants se confient sur cette absence qui attriste même avec le temps, et le fils de Jacques Dutronc et Françoise Hardy s’est lui aussi exprimé sur le sujet. « Il y a des vagues de tristesse qui reviennent. Il y a des périodes où on ne peut pas oublier cette tristesse. Elle reste toujours là. C’est étonnant parce qu’on ne s’attend pas à ça, on se dit que ça va passer. Je serais content qu’elle soit encore là pour partager des choses, elle me manque beaucoup », conclut-il avec émotion. Le temps passe, les souvenirs restent.
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