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  • 2026-07-11 07:55:48 +0000 UTC

    Jul 11, 2026

    Norvège-Angleterre: "unie comme jamais", l’Angleterre commence à croire au titre à la Coupe du monde 2026

    L’Angleterre affronte la Norvège ce samedi (23h) à Miami en quart de finale de la Coupe du monde 2026. Impressionnant de combativité en huitième au stade Azteca face au Mexique, l’esprit d’équipe des Three Lions saute aux yeux et émerveille la presse anglaise, plutôt habituée aux embrouilles entre égos surdimensionnés dans le passé. Le sélectionneur allemand Thomas Tuchel ne s’y trompe pas, et se dit fier de la "togetherness" (union en français), mot qu’il répète à longueur de conférence de presse.

    "C’est l’équipe la plus unie que j’ai jamais vue". Sur Ocean Drive, mythique avenue de Miami Beach, Jamie, supporter de Manchester City et de l’Angleterre, est obligé de sourire en parlant de la combativité de son équipe. "Chacun connaît son rôle et sa place et surtout chacun apporte sa pierre à l’édifice. Vous avez vu le match face au Mexique? Même avec un gars en moins pendant 40 minutes, tous jouaient main dans main. C’était exceptionnel".

    Ce match de légende sous la pluie de Mexico, remporté 3-2 malgré une expulsion en début de seconde période, a encore plus soudé un effectif en plein essor. L’ailier Bukayo Saka confirme "à 100%". "On s’est encore plus rapproché après ce match, tout le monde est à fond, les titulaires et ceux qui jouent un peu moins. C’est exceptionnel et ça nous permet de faire encore plus grimper le moral de l’équipe".

    Gareth Southgate, le pacificateur

    Un esprit d’équipe qui tranche avec l’ambiance qui pouvait régner au sein des Three Lions pendant certaines grandes compétitions. C’était le cas en 2006 par exemple avec des tensions entre les hommes de Manchester United et ceux de Chelsea. Andy Brassel, animateur du podcast "On The Continent", voit un avant et un après depuis une dizaine d’années. "Rio Ferdinand l’a dit clairement, ça ne se passait pas bien à cause des rivalités entre grands clubs de Premier League. Et cela a toujours été plus ou moins le cas. Mais depuis Gareth Southgate (sélectionneur entre 2016 et 2024), l’ambiance autour de la sélection est plus saine et beaucoup plus apaisée".

    Le "prank" de Rice et Stones à Tuchel: le révélateur de l’union anglaise

    Si le management de Thomas Tuchel est loué par toute la presse anglaise, le crédit de cette union anglaise revient également à l’ancien sélectionneur et à la Football Association (fédération anglaise) selon Henry Winter, journaliste pour World of Soccer. "C’est un peu technique mais entre 16 et 21 ans, la FA a créé des catégories d’âge différentes (U17, U19, U19, U21, U23) et cela a permis à des joueurs de se retrouver plus souvent et de bâtir des relations fortes, à travers l’équipe nationale et non à travers les clubs".

    Un changement majeur qui a débouché sur une scène cocasse: la fausse blessure de John Stones dans les vestiaires de Mexico pour faire une blague à Thomas Tuchel. Cela a beaucoup amusé Henry Winter: "On voit les deux joueurs faire les idiots pour piéger Tuchel, c’est Declan Rice et John Stones. Un gars de Man City et l’autre d’Arsenal, qui se sont sautés à la gorge toute l’année en Premier League. Cela prouve que l’ambiance a beaucoup changé ces dix dernières années".

    Harry Kane, le capitaine par l’exemple

    Même Jude Bellingham est rentré dans le rang, malgré un ego illimité. Il se range désormais derrière le capitaine Harry Kane, exemplaire selon Thomas Tuchel. "Je suis à court de superlatifs pour le décrire. C’est notre capitaine, notre leader par l’exemple, il est toujours prêt à performer. C’est un honneur et un privilège d’être son coach". Avec ses deux superstars et une équipe soudée, les Anglais se voient aller loin et le coach allemand sent une ferveur spéciale. "Mes retours sont que les gens aiment cette équipe. Ils voient des joueurs qui donnent tout pour le maillot. Un style de jeu unique mais l'état d'esprit et la dévotion des gars reflètent l'esprit anglais, l'esprit de la Premier League".

    "Trop d’années de souffrance, de peine…"

    Alors le rêve d’aller chercher une deuxième coupe du monde dans son histoire commence à émerger en Angleterre, malgré soixante ans de désillusion et de traumatismes. Henry Winter en sait quelque chose. "Trop d’années de souffrance, de peine, de pénaltys ratés, tant d’injustice et de cruauté… ce qu’on a en revanche, c’est la possibilité de laisser croire les gens". Des supporters qui y croient très fort, sous le soleil de Miami, comme Craig, fan du champion de Premier League Arsenal. "Je vais gagner deux fois cette année! Je crois qu’on va enfin aller au bout mec! Tuchel a pris des gars bien, pas juste des noms pour une fois. Ils sont bien ensemble, je suis plus optimiste que jamais!"

    Aurélien Tiercin à Miami (États-Unis)

    2026-07-11 07:55:48 +0000 UTC