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    Jul 19, 2026

    "Ni juste ni équitable" : l'Argentine a-t-elle été favorisée par l'arbitrage pendant la Coupe du monde ?

    France Télévisions

    Publié le 19/07/2026 06:38

    Temps de lecture : 7min

    Lionel Messi s'entretient avec l'arbitre américain Ismail Elfath, le 15 juillet 2026, lors de la demi-finale de la Coupe du monde de football entre l'Angleterre et l'Argentine, au stade d'Atlanta. (PAUL ELLIS / AFP)
    Lionel Messi s'entretient avec l'arbitre américain Ismail Elfath, le 15 juillet 2026, lors de la demi-finale de la Coupe du monde de football entre l'Angleterre et l'Argentine, au stade d'Atlanta. (PAUL ELLIS / AFP)

    Plusieurs décisions arbitrales au fil de ce Mondial 2026 ont semblé profiter à Lionel Messi et ses coéquipiers. Sur les réseaux sociaux, certains internautes accusent même la Fifa de favoriser les Argentins.

    Après la "main de Dieu" de Diego Maradona face à l'Angleterre en 1986, le sifflet de l'arbitre pour Lionel Messi en 2026 ? Depuis le début du Mondial, de nombreux internautes dénoncent les erreurs d'arbitrage qui auraient favorisé l'Argentine dans son parcours jusqu'à la finale de la Coupe du monde face à l'Espagne, dimanche 19 juillet, à New York. L'affaire tourne même parfois à la théorie du complot, puisque certains amateurs de foot dénoncent un prétendu favoritisme de la Fifa et de son président, Gianni Infantino, envers Lionel Messi et ses coéquipiers.

    Après chaque décision arbitrale litigieuse, ils en remettent une couche à l'aide de montages vidéos et de mèmes générés par l'intelligence artificielle. Infantino et Messi qui dansent de joie dans les vestiaires, l'attaquant argentin caricaturé en petit enfant dans les bras du président de la Fifa ou encore la photo du bain de Lamine Yamal revisitée, les détournements ne manquent pas.

    Mais d'où viennent ces accusations ? Avec 88 fautes commises et 9 cartons jaunes reçus, l'Argentine reçoit pourtant un avertissement toutes les 9,8 fautes, selon les statistiques de la Fifa, c'est-à-dire qu'elle a été plus vite sanctionnée que l'Espagne (un jaune toutes les 13,3 fautes) ou que la France (un jaune toutes les 11,7 fautes). Sauf que l'impression globale est toute autre. Depuis le début du Mondial, l'Albiceleste a frôlé plusieurs fois l'élimination lors de matchs laborieux aux scénarios renversants. Dans ce contexte, la moindre décision arbitrale un peu litigieuse a été perçue comme un coup de pouce apporté aux champions du monde en titre.

    Un carton rouge oublié contre l'Algérie

    Dès son premier match face à l'Algérie, le 16 juin, à Kansas City, l'Argentine a été sous le feu des critiques. A la 30e minute, alors que les Sud-Américains mènent 1-0, Lionel Messi se rend coupable d'une vilaine semelle par derrière sur le mollet droit et le tendon d'Achille du capitaine algérien Aïssa Mandi. L'arbitre polonais Szymon Marciniak siffle alors un coup franc pour l'Algérie mais l'octuple Ballon d'or, auteur ce soir-là d'un triplé, s'en sort sans carton.

    Lionel Messi met une semelle par derrière à Aïssa Mandi, lors du match de la Coupe du Monde entre l'Argentine et l'Algérie, le 17 juin 2026, à l'Arrowhead Stadium de Kansas City. (TOM WELLER / Picture Alliance)
    Lionel Messi met une semelle par derrière à Aïssa Mandi, lors du match de la Coupe du Monde entre l'Argentine et l'Algérie, le 17 juin 2026, à l'Arrowhead Stadium de Kansas City. (TOM WELLER / Picture Alliance)

    Selon plusieurs consultants, ce geste dangereux méritait sans contestation une expulsion. "Si on prend le règlement au pied de la lettre, c'est rouge. Si j'avais vu une pareille chose sur un terrain, j'aurais sorti le carton rouge", assure l'ancien arbitre allemand Patrick Ittrich à l'AFP. "N'importe quel autre joueur aurait pris un rouge pour cette semelle assez grossière sur un mollet. Il aurait dû être expulsé, surtout après visionnage de la VAR [l'assistance vidéo]", confirme l'ex-arbitre français, Saïd Ennjimi, désormais consultant au journal L'Equipe.

    Saïd Ennjimi rappelle que le corps arbitral reçoit des consignes pour protéger les créateurs du jeu des fautes grossières, mais "la consigne de protection des créateurs peut avoir un effet pervers quand ils font les fautes", estime-t-il. La Fédération algérienne de football a d'ailleurs formulé un recours auprès de la Fifa, en dénonçant une "injustice arbitrale", sans obtenir gain de cause.

    Une faute non sifflée avant un but contre l'Autriche

    Pour leur deuxième match dans cette Coupe du monde, les Argentins ont affronté l'Autriche. Et juste avant la mi-temps, Lionel Messi a ouvert le score d'une belle frappe du gauche à l'entrée de la surface. Mais au départ de cette action, une intervention musclée du milieu Alexis Mac Allister sur Xaver Schlager aurait pu conduire l'arbitre à siffler faute. "Il m'a complètement fait tomber", a protesté le joueur autrichien après le match, rapporte RMC. "J'avais les deux jambes en l'air et je suis tombé sur la pelouse. Je ne suis pas du genre à me jeter souvent par terre ni à obtenir souvent des coups francs."

    "Pour moi, c'était clairement une faute. Ce but n'aurait pas dû être validé."

    Xaver Schlager

    auprès des médias autrichiens

    Pour que l'assistance vidéo intervienne, il faut que les assistants constatent une erreur manifeste de l'arbitre central. La charge de Mac Allister pouvait se siffler, mais les arbitres ont eu des consignes pour laisser le jeu se dérouler un maximum. Il n'y avait donc pas d'erreur manifeste.

    Un but encaissé puis annulé contre l'Egypte

    Les internautes se sont remémorés ce but face à l'Autriche lors du huitième de finale de l'Argentine face à l'Egypte. Lors de ce match disputé à Atlanta, finalement remporté 3-2 par l'Albiceleste, une action a rendu fous de rage les Egyptiens. Alors qu'ils menaient 1-0, un but de Mostafa Zico a été annulé après l'arbitrage vidéo en raison d'une faute commise au départ de l'action, à l'autre bout du terrain.

    L'arbitre français François Letexier avait d'abord laissé le jeu se dérouler, mais son assistance vidéo a signalé une faute et donc une erreur manifeste de l'arbitre central. "Est-ce que l'arbitre vidéo doit intervenir ? Jamais", estime de son côté l'ancien arbitre français Tony Chapron, désormais consultant pour Canal+. Et d'ajouter que François Letexier s'est retrouvé "coincé" par l'intervention de l'assistance vidéo. "Depuis le début du tournoi, des fautes comme ça, j'en ai vues mille, elles n'ont pas été sifflées, poursuit-il. Objectivement, il y a faute, mais dans le contexte du match et du tournoi, il ne fallait surtout pas siffler."

    "Peut-être voulaient-ils maintenir le champion du monde dans la compétition ? Peut-être voulaient-ils que Messi reste en lice ?" s'est donc emporté le sélectionneur égyptien Hossam Hassan au micro de BeIN Sports. "Ce qui s'est passé n'était ni juste ni équitable." Mais Pierluigi Collina, directeur de l'arbitrage à la Fifa, a rejeté deux jours plus tard les "accusations infondées" des Egyptiens avant de défendre "l'intégrité" du corps arbitral.

    Une expulsion bien payée contre la Suisse

    L'arbitrage vidéo a parfois bien aidé l'Argentine dans le tournoi. Lors du quart de finale face à la Suisse, l'attaquant helvète Breel Embolo reçoit à la 70e minute un second carton jaune synonyme d'expulsion, après l'intervention de la VAR. Les Suisses viennent d'égaliser quand l'attaquant du Stade Rennais, à la lutte avec l'Argentin Leandro Paredes, se retrouve au sol le long de la ligne de touche.

    Les joueurs suisses entourent l'arbitre Joao Pinheiro qui s'apprête à donner un carton rouge Breel Embolo, lors du match de la Coupe du monde 2026 opposant l'Argentine à la Suisse, le 11 juillet 2026, à Kansas City. (STEFAN KOOPS / AFP)
    Les joueurs suisses entourent l'arbitre Joao Pinheiro qui s'apprête à donner un carton rouge Breel Embolo, lors du match de la Coupe du monde 2026 opposant l'Argentine à la Suisse, le 11 juillet 2026, à Kansas City. (STEFAN KOOPS / AFP)

    Dans un premier temps, l'arbitre portugais Joao Pinheiro donne un carton jaune au joueur argentin, réputé pour sa rugosité. Mais les arbitres chargés de la VAR interviennent, en s'appuyant sur une nouvelle règle de la Fifa : "l'erreur d'identité". Ils expliquent dans l'oreillette que Leandro Paredes n'a pas touché Breel Embolo et que le Suisse a simulé une faute. Résultat : carton jaune et expulsion pour l'attaquant helvète, qui abandonne ses coéquipiers, réduits à dix. L'Argentine finit par se qualifier 3-1 dans les prolongations. "C'est juste catastrophique, je ne sais pas ce que cet arbitre a fait, là. Je ne sais pas, je ne comprends pas pourquoi ils l'appellent pour une situation comme celle-là", s'agace après le match le milieu suisse Fabian Rieder.

    "Je ne comprends pas comment la VAR peut changer un match avec une situation comme cela, il faut juste laisser l'arbitre faire son boulot."

    Fabian Rieder, joueur suisse

    en zone mixte

    Le journal suisse Le Temps évoque alors "un second carton jaune contestable sur la forme mais justifié et pour le moins évitable sur le fond". Pourtant, même si la sanction semble rude pour la Suisse, le nouveau règlement de la Fifa montre que la décision "semble correcte", reconnaît Le Matin. "Si l'arbitre sanctionne une infraction mais s'est manifestement trompé sur l'identité du joueur fautif, seule l'identité du joueur fautif peut faire l'objet d'une analyse", détaille l'alinéa D de l'article 2 du règlement de l'International Association Football Board. Mais un supplément à cette règle ajoute que l'intervention de la VAR est possible si "l'infraction pour laquelle ledit carton a été infligé a été commise par un autre joueur de l'une ou l'autre équipe".

    Une agressivité non sanctionnée face à l'Angleterre

    Depuis la demi-finale face à l'Angleterre, remportée 2-1 par l'Argentine mercredi, un extrait de cinq minutes circule sur les réseaux sociaux montrant toutes les fautes ou contacts rugueux commis par l'équipe entraînée par Lionel Scaloni. "C'est un scandale mondial", dénonce un internaute.

    🚨 ÚLTIMA HORA: Acaban de filtrar un vídeo de 5 minutos sobre todos los robos de Argentina a Inglaterra.

    Esto es un escándalo Mundial. pic.twitter.com/1W56lBqhVT

    — LaVozGalactica (@Lavozgalactica) July 16, 2026

    Une action a particulièrement mis en colère les supporters anglais. Dès la 3e minute, l'Argentin Enzo Fernandez, qui égalisera en fin de match, assène un coup sur la nuque du milieu anglais Elliot Anderson. Et l'Argentin s'en sort alors sans carton. C'est "très difficile à arbitrer, même pour la VAR", estime le compte spécialisé CheckVAR sur X. Selon ce média se présentant comme un baromètre arbitral indépendant, il est possible de mettre un carton rouge, selon le règlement, "maintenant cela semble très compliqué sur une demi-finale sans que cela soit plus net que cela".

    Selon les données analysées par le site de CheckVAR, l'Argentine a quand même été l'équipe la plus avantagée par les arbitres durant ce Mondial. Sans compter que les directives de l'arbitrage pour laisser jouer et ne pas trop arrêter le jeu ont également pu favoriser le jeu argentin, basé sur une bonne dose d'agressivité et une pincée de vice... Une "grinta" sans faille qui a supplanté le "fighting spirit" en fin de match.

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