Les ministres de l’Environnement sur la même longueur d’onde
À l’issue de la Réunion du Conseil canadien des ministres de l’Environnement à Calgary cette semaine, les ministres se sont entendus pour dire que la protection de l’environnement et le développement économique vont de pair.
Les discussions du 14 et15 juillet portaient sur la façon dont les gouvernements peuvent protéger l’environnement tout en soutenant la croissance économique, en attirant des investisseurs et en créant des emplois, mentionnait le ministre de l’Environnement et des Aires protégées de l’Alberta, Grant Hunter, en conférence de presse.
Tenir cette réunion à Calgary, au cœur du secteur énergétique canadien, envoie un message clair que la croissance économique et la protection de l’environnement ne sont pas des objectifs concurrents, ajoutait-il.
Il a aussi précisé que la ministre fédérale de l'Environnement, Julie Dabrusin, semblait être plus encline à respecter cet équilibre entre environnement et économie que ce qu’on a vu lors des 10 années précédentes. Selon lui, la rencontre s'est déroulée sous le signe du fédéralisme de collaboration.
Les industries se transforment et les Canadiens veulent que l'on crée de bons emplois et que l'on protège l’environnement. Le monde d’aujourd’hui est différent de celui d’il y a 10 ans.
Elle a aussi observé le même esprit de coopération que son homologue albertain : Les Canadiens veulent qu’on collabore pour bâtir un pays fort, une économie forte, et pour protéger l’environnement.
Ces paroles font écho à ce que Mark Carney avait déclaré dans une vidéo publiée sur sa chaîne YouTube il y a quelques semaines. Le premier ministre du Canada avait réaffirmé que des changements ont été apportés aux politiques énergétiques pour répondre au contexte géopolitique mondial.
Les changements qu'on a apportés entraîneront une hausse de nos émissions au cours des prochaines années par rapport à ce qui était prévu dans le plan du gouvernement précédent, soutenait-il.

La ministre fédérale Julie Dabrusin rapporte qu'un esprit de collaboration règne entre les provinces.
Photo : Radio-Canada / Félix Gagné
Malgré ces changements, Julie Dabrusin a mentionné que le gouvernement maintient le cap pour atteindre la carboneutralité en 2050. La stratégie d’électrification du gouvernement, le renforcement de la réglementation autour du méthane et le prix du carbone industriel sont mis de l’avant par la ministre.
Des groupes environnementaux pas convaincus
Charlie Hatt, directeur des politiques climatiques et avocat pour Ecojustice, un groupe spécialisé dans le droit de l’environnement, est d’accord avec le plan d’électrification. Mais on ne peut pas augmenter considérablement notre production de pétrole et de gaz, car c’est ce qui amène les changements climatiques, précise-t-il.
Il conteste aussi l'apport des provinces.
Les provinces ne jouent pas un grand rôle, et, même, parfois, elles nuisent. Les gouvernements de l’Ontario, de l’Alberta et de la Saskatchewan ont pris plusieurs positions contre les énergies renouvelables.
De son côté, Stephen Legault, d'Environmental Defence Canada, observe des différences d’opinion entre les provinces et territoires, ce qui fait que le Canada a une approche incohérente. Selon lui, c’est au gouvernement fédéral de prendre le leadership de la transition énergétique et la lutte contre les changements climatiques.
Toutefois, il observe que cela ne fait pas partie des priorités du gouvernement. Si ce l’était, on n'aurait pas 3 projets de pipeline en attente, en plus d’avoir enlevé la plupart des mesures environnementales des 10 dernières années.
Il remet même en question l’utilité de cette rencontre. Les décisions ne sont pas prises par la ministre fédérale de l’Environnement, mais par le ministre de l’Énergie, Tim Hodgson, et le premier ministre, dit-il.