midmed-news.com
  • 2026-07-12 18:00:00 +0000 UTC

    Jul 12, 2026

    Le bourgmestre de Pepinster, Philippe Godin, 5 ans après les inondations : "Je ne suis plus le même homme" (vidéo)

    Philippe Godin, 5 ans après les inondations, comment allez-vous ? Vous m'avez glissé à l'oreille que vous n'aviez plus pris de vacances depuis cette terrible journée de juillet 2021...

    En effet, ce sont mes vraies dernières vacances en date. Mais là, je pars enfin me reposer un peu (NLDR : nous avons échangé avec lui quelques jours avant son départ). Cette décision a été prise face à la surcharge de travail liée à la reconstruction de Pepinster. Les dossiers ne s'arrêtent jamais.

    Inondations à Verviers, un an après: notre dossier

    Vous non plus apparemment. Si on vous avait dit que vous alliez vivre cela en tant que mandataire politique, vous l'auriez cru ?

    Je n'aurais jamais imaginé qu'être bourgmestre me mettrait face à deux situations de crise aussi importantes. Le Covid n'était pas encore terminé que les inondations sont survenues. C'est un vécu qui m'a profondément changé sur le plan humain et qui me marquera à vie. Je ne suis plus le même homme. (NDLR : une larme coule).

    Ce qui vous a le plus marqué ?

    Au-delà de la détresse de la population, ce qui m'a le plus affecté, c'est le décès de sept personnes sur notre commune, emportées par les flots en furie. Je reste aujourd'hui encore profondément marqué par ces tragiques disparitions.

    Vous souvenez-vous avec clarté de cette journée ?

    J'étais parti en vacances depuis deux ou trois jours. L'échevin des Travaux, Michel Legrand, qui faisait alors office de bourgmestre, m'a appelé pour me faire part de son inquiétude face à la montée des eaux de la Hoëgne. J'ai immédiatement pris la décision de rentrer en urgence en Belgique, sans connaître les conséquences que cette situation allait entraîner. Je suis arrivé vers 21 heures. Il faisait encore clair.

    Heure par heure, ce qui s'est passé lors des inondations en Wallonie - L'Avenir.net - Nos webdocs

    Pendant le trajet, je me tenais informé de l'évolution de la situation et je prenais déjà les premières décisions. À mon arrivée, j'avais donc déjà une bonne connaissance de ce qui se passait sur le terrain. J'ai rejoint la zone de police, au centre de crise, et nous avons géré, toute la soirée et toute la nuit, les urgences en adaptant nos décisions en fonction des informations qui nous parvenaient toutes les cinq minutes.

    C'est à ce moment-là que j'ai refusé l'évacuation qui avait été ordonnée. Sur le terrain, il était impossible de procéder à cette évacuation malgré les consignes reçues. Cette décision a permis de préserver un certain nombre de citoyens de situations critiques qui auraient pu leur coûter la vie.

    Aucun regret ?

    Avec le recul, je reste convaincu que c'était la bonne décision, car nous ne disposions d'aucun moyen pour évacuer les personnes. À partir du moment où les pompiers ne pouvaient plus intervenir et où la protection civile et l'armée étaient aux abonnés absents, il convenait de demander à la population de se réfugier à l'étage de leur habitation dans l'attente de nouvelles instructions.

    Durant cette période, la solidarité a été remarquable. Des cultivateurs et des entrepreneurs locaux ont participé à l'évacuation des personnes en difficulté, en particulier celles qui avaient besoin d'une assistance médicale.

    Parmi les autres décisions que vous prenez, il y a ?

    La priorité, c'était de fournir de l'eau, car toutes les installations étaient hors-service. Il n'y avait plus d'électricité, plus de communications. Il a également été indispensable de réquisitionner des restaurateurs et d'autres commerces afin qu'ils puissent fournir des repas à la population. Tout cela a été rendu possible grâce à l'extraordinaire solidarité des citoyens, qui ont assuré cette distribution avant même l'arrivée des aides extérieures.

    Parmi les premières actions, il a aussi fallu organiser dans l'urgence l'évacuation des déchets. J'ai réquisitionné des entreprises qui, par chance, étaient en congé et qui ont accepté de mettre immédiatement leur charroi à l'action.

    Il y avait également tout l'aspect lié à la sécurité. En l'absence d'électricité, il a fallu organiser, avec la police fédérale, le contrôle systématique des allées et venues sur la commune. Il y a eu des vols et des pillages.

    Lorsque vous repensez ou reparlez de tout cela, que ressentez-vous ?

    Le ressenti est difficile à décrire. Cette situation était tout simplement inimaginable. Tous les plans d'urgence se sont révélés inadaptés, parce qu'un tel scénario n'avait jamais été envisagé. Il a fallu prendre des décisions sur le moment, en s'appuyant sur le bon sens. Heureusement, avec l'aide de la cellule qui m'entourait, ces décisions se sont avérées efficaces.

    5 ans après les inondations à Pepinster : les résultats de l'étude MODREC présentés au public ce 17 juin, "pour renforcer la résilience"

    À l'heure des commémorations, quel message auriez-vous envie de faire passer aux habitants ?

    Grâce au travail que nous avons accompli et que nous poursuivons encore aujourd'hui, je suis résolument optimiste quant à l'avenir de Pepinster. Je m'y investis pleinement pour que cette transformation soit une réussite et une fierté pour tous les Pepins.

    Entouré de ma petite équipe, je me suis investi à 100 % dans les mesures à prendre immédiatement après les inondations. Je me suis également battu auprès des différents ministres afin d'obtenir un maximum de protections pour l'avenir. Cela passait notamment par la recherche de subsides et de dotations spécifiques pour Pepinster.

    Aujourd'hui, je pense que nous pouvons dresser un bilan positif. Les rachats et les déconstructions sont quasiment tous terminés, et les dernières démolitions sont en cours. La dernière étape concerne le site de la Textile, dont les travaux commenceront en février 2027, alors qu'ils étaient initialement prévus en 2028.

    De l'avis des personnes qui suivent l'évolution des mesures prises après les inondations, Pepinster est la commune la plus avancée dans la mise en œuvre des actions sur le terrain. De nombreuses berges ont déjà été renforcées. Nous avons aussi été parmi les premiers à obtenir les résultats de la fameuse étude Modrec. Une fois que les travaux de sécurisation auront été réalisés tels qu'ils ont été imaginés et présentés, le centre de Pepinster devrait être protégé contre des inondations importantes, avec un retour historique de plus de 100 ans, à l'exception de celles de 2021.

    Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.

    2026-07-12 18:00:00 +0000 UTC