L'ex-policier accusé de harcèlement envers Elisa, policière de Charleroi qui s'est suicidée, travaille maintenant au cabinet d'Adrien Dolimont
En octobre 2025, Elisa, policière de 30 ans et mère d'un petit garçon, se donne la mort. Elle se suicide en utilisant son arme de service. Dans une lettre écrite peu avant son geste, elle indique subir du harcèlement sexuel au travail et vivre dans la peur dans son commissariat de Charleroi.
Le policier en question, un gradé, est identifié. D'autres victimes se font connaître. Au terme d'une procédure interne, il se fait virer de la police: "démission d'office", la plus grave sanction disciplinaire qui existe, pour son comportement envers des policières de la zone. Un dossier au niveau de l'auditorat du travail du Hainaut, est toujours en cours d'information. Mais au parquet de Charleroi, par contre, les poursuites se sont rapidement éteintes faute de preuves suffisantes et de rétractations de certaines victimes: pas poursuivi, et donc pas condamné, l'ancien policier est présumé innocent et une quelconque responsabilité dans le suicide d'Elisa ne peut lui être reprochée pénalement, affirmait le parquet.
Viré de la police, il travaille au plus gros cabinet politique de la Wallonie
Cet ex-policier, viré pour faute grave - une décision qu'a-t-on appris il conteste au Conseil d'état - a retrouvé un emploi... dans le plus gros cabinet politique de la Wallonie! C'est Sudinfo qui a publié l'information, qu'on a pu vérifier à bonne source.
L'ancien policier est désormais chauffeur pour le ministre-président Adrien Dolimont. "C'est interpellant vu les faits, très graves, qui lui sont reprochés: la justice ne l'a pas condamné mais il a subi la sanction disciplinaire la plus grave et un dossier est ouvert contre lui à l'auditorat du travail, ce sont des informations pourtant facile à vérifier quand on engage quelqu'un. Politiquement et éthiquement, ça pose question", glisse un élu de l'opposition.
Le cabinet d'Adrien Dolimont réagit
Contacté, le cabinet du libéral Adrien Dolimont précise que le poste de chauffeur était à pourvoir depuis plusieurs mois, et que sur base de sa candidature spontanée, "ancien policier, M. X possède sur papier les compétences requise pour ce poste et présente un casier judiciaire vierge car il n'a jamais été condamné".
Concernant le dossier à l'auditorat du travail, "nous apprenons qu'une médiation le concernant serait en cours : cette information, qui nous était logiquement inconnue en raison du secret de l'information judiciaire, mérite toute notre attention et sera creusée avant de prendre la moindre décision". Le cabinet précise que l'issue de la médiation, quelle qu'elle soit, n'entacherait de toute façon pas le casier judiciaire de leur chauffeur.
Mais le commentaire ajoute qu'"à titre personnel, je considère que toute forme de harcèlement doit être punie de la plus dure des manières. Nous sommes dans un pays de droits et le respect des victimes doit être au centre de notre attention. Et dans un pays de droit, nous devons également respecter les décisions judiciaires et leurs conséquences, dans les deux sens."
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