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    Jul 12, 2026

    L’appel de Macron pour apposer les noms des Justes sur ces lieux qui ont fait l’Histoire

    Politique 12/07/2026 13:51 Actualisé le 12/07/2026 14:21

    Le chef de l’État demande aux municipalités d’indiquer les noms de ceux qui sauvèrent les juifs « de la barbarie nazie » dans chaque lieu où ils ont œuvré.

    Par Maëlle Roudaut avec AFP

    Emmanuel Macron prononce un discours lors d’une cérémonie d’hommage au capitaine Alfred Dreyfus, à Paris, le 12 juillet 2026.

    THOMAS SAMSON / AFP

    Emmanuel Macron prononce un discours lors d’une cérémonie d’hommage au capitaine Alfred Dreyfus, à Paris, le 12 juillet 2026.

    À l’occasion d’un discours prononcé ce dimanche 12 juillet, pour la première journée nationale de commémoration de la reconnaissance de l’innocence d’Alfred Dreyfus, Emmanuel Macron a appelé à apposer les noms des Justes dans tous les lieux où ils protégèrent les Juifs de la « barbarie nazie ».

    « Il est temps désormais que sur chaque maison, chaque immeuble, chaque lieu où des Juifs furent abrités, hébergés et sauvés soient apposés les noms des Justes qui les sauvèrent de la barbarie nazie », a estimé le chef de l’État, appelant « toutes les municipalités de France à faire leur cette entreprise ».

    Ce dimanche marque la première journée nationale de commémoration de la reconnaissance de l’innocence d’Alfred Dreyfus, officier juif injustement condamné pour haute trahison dans un profond climat antisémite à fin du 19e siècle, 120 ans jour pour jour après la décision de la Cour de Cassation.

    À cette occasion, Emmanuel Macron a également alerté sur la résurgence de l’antisémitisme en France. « Face à ce retour de l’odieux antisémitisme, la vigilance est un devoir de tous les instants », a-t-il lancé. Selon le ministère de l’Intérieur, les actes antisémites n’ont jamais été aussi nombreux en France que pendant les trois dernières années.

    Macron alerte contre la résurgence de l’antisémitisme

    Le capitaine Dreyfus, de confession juive, fut condamné pour haute trahison au profit de l’Allemagne sur la base de fausses preuves et envoyé au bagne à la fin du XIXe siècle dans un climat profondément antisémite en France, avant d’être réhabilité au terme d’une longue bataille de responsables politiques, écrivains et intellectuels pour la reconnaissance de son innocence.

    « L’affaire Dreyfus n’est pas une page de notre histoire qui se serait fermée en 1906 grâce à la Cour de cassation et la réintégration de Dreyfus dans l’armée », a insisté Emmanuel Macron. « Nous savons que les vieux démons de l’antisémitisme n’ont jamais totalement disparu de notre pays », a-t-il ajouté en appelant dans ce contexte à entretenir l’héritage des « dreyfusards ».

    « Le “dreyfusisme” n’est pas un souvenir, c’est un état d’esprit qui refuse que l’appartenance d’un homme à une religion, une origine, une communauté puisse devenir l’alibi permettant de le livrer en pâture à une justice et une opinion aveugle », a-t-il martelé. Juste avant lui, Charles Dreyfus, 99 ans, petit-fils du capitaine Dreyfus, a aussi constaté « avec tristesse » la résurgence de l’antisémitisme.

    Une statue érigée face à la Cour de cassation

    Une statue représentant le capitaine Dreyfus dans la cour de l’École militaire, le 5 janvier 1895, le sabre brisé mais toujours au garde-à-vous, est aussi désormais érigée sur la place devant la Cour de cassation. « Cette venue de la statue au lieu même ou fut rendue la justice est tout un symbole », s’est félicité Charles Dreyfus, qui s’était battu pour qu’un lieu approprié lui soit trouvé.

    La statue Hommage au capitaine Dreyfus a été déménagée sur l’Ile de la Cité (Ier arrondissement) début juin.

    THOMAS SAMSON / AFP

    La statue Hommage au capitaine Dreyfus a été déménagée sur l’Ile de la Cité (Ier arrondissement) début juin.

    Initialement destinée à se dresser dans la cour de l’École militaire en 1985, elle a finalement connu plusieurs autres adresses dans Paris devant les réticences de l’armée et du président François Mitterrand.

    Le maire de Paris Emmanuel Grégoire a de son côté annoncé que la place portant le nom de l’écrivain nationaliste Maurice Barrès, un des plus féroces détracteurs d’Alfred Dreyfus dans des écrits empreints de haine antisémite, porterait désormais le nom de Lucie Dreyfus, l’épouse du capitaine qui le soutint sans relâche dans son combat pour la justice.

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