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  • 2026-07-25 16:01:04 +0000 UTC

    Jul 25, 2026

    "Ce n'est pas de la magie mais ça marche" : pourquoi des bébés de toute la France viennent soigner leurs dents dans cette petite église du Tarn ?

    l'essentiel SÉRIE (4/10). Dans le petit village de Bernac, près d’Albi (Tarn), l’entrée de l’église se transforme, chaque premier dimanche du mois, en véritable parking à poussettes. Des parents de toute la région, mais aussi de la France entière, affluent. À l’intérieur se cache une relique aux propriétés particulières : celle de soulager les poussées dentaires des bébés. Voici le quatrième volet de notre série "Les grands mystères du Tarn".

    Devant l'entrée de l'église Notre-Dame de Bernac, un parking improvisé d'une dizaine de poussettes impeccablement alignées s'organise. À l'intérieur, les chants sont parfois troublés par des gazouillis qui résonnent sur la voûte de l'édifice. 

    La vénération a lieu chaque premier dimanche du mois en l'église Notre-Dame de Bernac.
    La vénération a lieu chaque premier dimanche du mois en l'église Notre-Dame de Bernac. DDM - Axel Mahrouga

    Chaque premier dimanche du mois, des parents, accompagnés de leurs bouts de chou, affluent dans l'église de la petite commune de 186 habitants près de Castelnau-de-Lévis (Tarn), venus des quatre coins du département, de la région et même de la France entière. L'édifice abrite, en effet, une relique millénaire, aux propriétés quelque peu particulières : celles de soulager les poussées dentaires des nourrissons. 

    "Ce n'est pas de la magie"

    Lors de la vénération, un bénévole fait le tour des allées pour apposer sur la joue des bébés un reliquaire contenant une dent ayant appartenu à sainte Apolline, la sainte patronne des dentistes, ainsi qu'un fragment osseux de mâchoire. "Ce n'est pas de la magie, pas de la superstition, prévient Bernard Doat, diacre de la paroisse. C'est spirituel mais le plus fort, c'est que ça marche."

    Un bénévole appose la relique sur la joue du bébé.
    Un bénévole appose la relique sur la joue du bébé. DDM - Axel Mahrouga

    Personne ne sait vraiment comment, ni depuis quand cette relique est arrivée dans le Tarn. "Elle a sûrement été rapportée d'Alexandrie par un religieux, comme cela se faisait à une époque où on exposait dans les églises des restes de saints pour aider à la prière", explique devant les parents Martine, bénévole pour préparer la vénération mensuelle. En l'an 249, sainte Apolline refusa de renier sa foi. Sa mâchoire fut brisée à coups de pierre et ses dents arrachées avant qu'elle ne soit brûlée vive. 

    À lire aussi : Tarn : Sainte-Apolline soulage les gencives des bébés

    Plusieurs de ces reliques sont recensées en France, notamment en Ariège, à Lézat-sur-Lèze et donc, à Bernac. Depuis 1989, la vénération de ces fragments dans le Tarn est organisée chaque premier dimanche du mois. Début juillet, 28 bambins et leurs parents se sont présentés devant les portes de l'église. Les équipes ont accueilli sur le site 435 familles en 2025, venues en majorité du Tarn, mais parfois de plus loin. Le registre sur lequel est inscrit chaque enfant prend rapidement des allures de tour de France : Paris, Marseille, Saint-Nazaire, etc. Un rendez-vous indéfectible, même si la date vient à tomber un premier janvier.

    Le reliquaire abrite une dente et un fragment de mâchoire.
    Le reliquaire abrite une dente et un fragment de mâchoire.

    Des propriétés transmises par le bouche-à-oreille

    La réputation de la relique et les récits de ses effets supposés se transmettent depuis plusieurs générations, principalement par le bouche-à-oreille. "Ma maman m'y a amenée", indique Paulette, bénévole pour l'organisation de la vénération.

    Devant l'entrée, les parents veulent y croire. "Des copains à nous sont venus et ça a bien atténué, confie Julie, maman d'un petit Marius qui commence à faire ses gencives. On est venus nous faire notre propre avis". Un peu plus loin sur le parvis, Juliette, maman d'une petite Lise qui en est déjà à sa cinquième dent, ne s'attend pas "à un grand miracle. On met toutes les chances de notre côté en espérant qu'elle ait moins mal". Coiffeuse à Gaillac, cette dernière sourit. "Mes clientes m'en parlaient avant même que je sois enceinte, ça fait partie des choses à faire ici". Dans l'assemblée, deux grands-mères sont également venues pour faire leurs remerciements, après que leurs petits-enfants sont passés sur les bancs de l'église l'année dernière. 

    En moyenne, une trentaine de familles se présentent chaque premier dimanche du mois.
    En moyenne, une trentaine de familles se présentent chaque premier dimanche du mois. DDM - Axel Mahrouga

    Une cérémonie, dans un lieu religieux et ponctuée de prières, que les bénévoles veulent ouverte à tous. "On accueille tout le monde, quelle que soit la foi, indique Paulette. On essaye de transmettre ce que l'on a reçu". Chaque mois, cette cérémonie attire de nouvelles familles, perpétuant une tradition locale transmise de génération en génération.

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