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  • 2026-07-19 05:00:00 +0000 UTC

    Jul 19, 2026

    Infographies. Sécheresse : les petits cours d'eau de vos départements se sont-ils évaporés ?

    Dans le Rhône, la Galoche a d'ores-et-déjà disparu après deux mois de sécheresse, tout comme l'Ozon. Dans la Loire, la moitié des petits cours d'eau sont déjà à sec, comme la Toranche, la Loise ou le Drugent, qui courrent d'ordinaire dans le Forez...

    Dans l'Ain, l'Albarine et la Durlande n'ont plus aucun écoulement d'eau depuis le mois de mai. Plus une trace visible du précieux liquide non plus pour la Veuge ou la Rondaine, dès ce mois de juin dans le Jura. 

    Sécheresse, mais aussi alimentation en eau potable, irrigation, arrosage des jardins publics, prélèvements industriels... Chaque été, de nombreux cours d'eau voient leur niveau nettement baisser, parfois jusqu’à l’assèchement complet. 

    Ainsi fin juin, plus d'un cours d'eau sur trois, observés dans l'Ain, étaient à sec ou avec un écoulement invisible, alors qu'ils n'étaient qu'un sur 10 le mois précédent.

    Même situation, et quasiment mêmes statistiques dans le Jura et la Haute-Loire. Dans la Loire, c'est même la moitié des ruisseaux qui ne montrent aujourd'hui plus aucune trace d'écoulement, alors que pas un n'était à sec en mai. Dans le Rhône, en juin, un cours d'eau sur cinq était asséché.

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    2026 pourrait battre les records d'assecs de 2022

    • Dans l'Ain, 2022 a enregistré le record du nombre d'observations de cours d'eau temporairement en assec avec 64 contrôles sur 160. L'an dernier au mois de juin, seuls cinq constats d'assèchement ou de rupture d'écoulement étaient réalisés, contre déjà le double en juin 2026. 

    • Dans la Loire,  même constat  : le record date de 2022 (36 observations d'assecs sur 150 contrôles), mais pourrait tomber cette année. En juin 2025, 2 assecs seulement avaient été enregistrés contre déjà 16 le mois dernier, un an plus tard.

    • Dans le Rhône, c'est 2023 qui arrive devant 2020 et 2022 pour le plus grand nombre d'observations d'assecs et de ruptures d'écoulement : 36 constats contre 35. Et en juin 2025, 3 assecs avaient été observés, alors qu'ils étaient déjà 5, plus un écoulement invisible, en juin 2026.

    • En Haute-Loire, 2022 a enregistré le record du nombre d'observations de cours d'eau en assec avec 27 contrôles sur 160. L'an dernier au mois de juin, seuls 3 constats de rupture totale d'écoulement étaient réalisés (aucun assec), contre déjà 10 assèchements et écoulements non visibles le mois dernier. 

    • Dans le Jura, c'est aussi l'année 2022 qui a vu le plus grand nombre de cours d'eau sans aucun écoulement avec 91 observations sur 210. Et si l'on compare les mois de juin à un an d'intervalle, 2026 pourrait bien battre cette valeur : 14 assecs et écoulements non visibles ont déjà été observés, contre 6 l'an dernier.  

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    Un cours d'eau sur trois en assec ou rupture d'écoulement en août 2025

    En 2025, les services de l’OFB ont parcouru 93 départements pour réaliser 22 450 observations d’écoulement sur 3 302 stations. Parmi les 16 106 observations usuelles réalisées de mai à septembre, des assecs ont été mentionnés dans 89 départements, dont 8 avec une part d’observations en assec supérieure à 20% (les Ardennes, la Creuse, les Deux-Sèvres, le Cher, l’Aude, la Vendée, la Charente-Maritime et la Côte-d’Or), et plus de la moitié des départements (62%) avec une part d’assec supérieure à 8%.

    La période la plus critique est celle de fin août, avec 26% des observations en assec et 9% en rupture d’écoulement, correspondant à 1 134 cours d’eau.

    Les premiers assecs et ruptures d’écoulement ont été observés fin mai, la plupart étant localisés dans le quart Nord-Est et sur le pourtour méditerranéen. Toutes les régions sont encore fortement concernées fin août, à l’exception des régions Normandie et Bretagne moins durement touchées. Une nette amélioration est notée fin septembre avec 13% des observations qui restent en assec ou en rupture d’écoulement.

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    Activités humaines et dérèglement climatique en cause

    La disparition silencieuse des petits cours d'eau touche tous les départements, avec des conséquences sur la biodiversité, le rechargement des nappes phréatiques, la gestion des crues, l'alimentation des fleuves et rivières...

    Dans le Rhône, la pression urbaine autour de la métropole lyonnaise et l’artificialisation des sols fragilisent les petits bassins versants. Plusieurs affluents de la Saône et du Rhône subissent des variations importantes de débit lors des périodes de sécheresse.

    Dans la Loire et la Haute-Loire, où naissent plusieurs cours d’eau majeurs du bassin Loire-Bretagne, les ruisseaux de montagne sont particulièrement sensibles au réchauffement climatique. La baisse de l’enneigement et des précipitations estivales modifie progressivement leur alimentation.

    Dans l’Ain, les zones humides et les petits affluents liés aux plaines alluviales jouent un rôle essentiel pour soutenir les débits et préserver la biodiversité. Leur dégradation réduit la capacité des sols à stocker l’eau.

    Même constat dans le Jura, où les ruisseaux de moyenne montagne et les milieux karstiques sont particulièrement vulnérables aux périodes de sécheresse prolongée.

    Face à cette évolution, syndicats de rivières et collectivités multiplient les projets de restauration : remise en état des zones humides, renaturation des berges, limitation du drainage et désimperméabilisation des sols.

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    C'est quoi, l'Observatoire national des étiages?

    Dans nos département, l’Observatoire national des étiages (Onde) surveille attentivement l'état des ruisseaux. Il compte une trentaine de stations dans l'Ain, autant dans le Rhône, la Loire et la Haute-Loire, plus de 40 dans le Jura... Elles permettent de mieux connaître leur fonctionnement, leur relation avec les nappes phréatiques, et de gérer les périodes de crise.

    Le réseau d’observation des écoulements superficiels est réparti sur l’ensemble du territoire : il compte aujourd'hui plus de 3 230 stations, au minimum une trentaine dans chaque département.

    Elles sont principalement positionnées sur les têtes de bassin versant des cours d’eau, secteurs peu suivis par les autres dispositifs existants, de manière à compléter les connaissances sur le fonctionnement hydrologique de ces milieux. 

    L’objectif est de suivre les phénomènes d’étiages estivaux, qu’ils soient naturels ou amplifiés par des activités humaines, et d'aider à la gestion des situations de sécheresse. 

    Sur le terrain, aucune mesure (par exemple, des mesures du débit) n’est mise en oeuvre. Le niveau d'écoulement des cours d'eau est apprécié visuellement par les agents départementaux de l'Office français de la biodiversité.

    2026-07-19 05:00:00 +0000 UTC