Hongrie : le parlement adopte un amendement pour évincer le président, proche allié de Viktor Orbán
Les députés ont adopté l’amendement par 139 voix pour et 6 contre.

Par AFP Publié le 13/07/2026 à 18:48 Temps de lecture: 2 min
Le parlement hongrois a adopté lundi un amendement constitutionnel visant notamment à mettre fin au mandat du président Tamás Sulyok, qualifié de « marionnette » de Viktor Orbán par le Premier ministre Péter Magyar
Avec ce vote, « nous avons achevé la réforme constitutionnelle du régime Orban », s’est félicité M. Magyar à l’issue du vote.
Le dirigeant conservateur pro-européen, qui a remporté les élections législatives d’avril avec une majorité écrasante, a promis de démanteler « brique par brique » le système mis en place par son prédécesseur, champion de l’idéologie illibérale. A commencer par le président qu’il a invité à démissionner à plusieurs reprises, sans succès.
L’amendement constitutionnel en 12 points a été adopté par 139 voix pour et 6 contre, lors d’un vote boycotté par le parti nationaliste Fidesz de M. Orban, qui dénonce une tentative d’instaurer « un régime autocratique », un reproche qui lui a souvent été adressé par le passé.
Depuis les Etats-Unis, où il s’est rendu pour assister à la phase finale de la Coupe du monde de football, Viktor Orban a appelé les Hongrois « à résister si le président est évincé de force », dans un message sur Facebook.
Tous les regards sont désormais tournés vers ce dernier, qui s’il choisit de retarder son départ en refusant de signer l’amendement voté pourrait déclencher une crise constitutionnelle.
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Départ ou destitution
« Il a maintenant cinq jours pour soit démissionner dans le délai fixé, soit signer cet amendement à la Loi fondamentale », a déclaré M. Magyar, qui a promis d’engager une procédure de destitution s’il ne le faisait.
L’amendement prévoit la fin du mandat de Tamas Sulyok dès le lendemain de son entrée en vigueur, puis l’élection d’un nouveau président pour une durée de cinq ans par le parlement, où le parti Tisza de Peter Magyar détient la majorité des deux tiers des 199 sièges.
Avant le vote, M. Sulyok, 70 ans, a dénoncé une procédure qui « viole les principes d’Etat de droit, de démocratie et de séparation des pouvoirs ».
L’amendement, présenté comme une mesure transitoire jusqu’à l’adoption d’une nouvelle Constitution à l’issue d’une consultation publique, a été également critiqué par des organisations de défense des droits humains. Amnesty International a estimé que Tamas Sulyok avait « droit à une procédure régulière », tandis que Human Rights Watch a jugé que ces bricolages constitutionnels « rappellent l’ère Fidesz ».
Toutefois, le juriste Andras Baka, ancien président de la Cour suprême, dont le mandat avait été écourté sous Orban pour avoir exprimé son inquiétude concernant des réformes judiciaires, estime justifiée la démarche de Peter Magyar si elle ouvre la voie à un nouvel ordre constitutionnel.
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Sondages
« Dans un pays régi par l’Etat de droit, de telles mesures extraordinaires ne peuvent pas être utilisées, mais la Hongrie est devenue un Etat captif sous Orban », a-t-il déclaré à l’AFP, ajoutant que M. Sulyok et d’autres hauts responsables de l’Etat avaient été nommés « non pas pour limiter le pouvoir du gouvernement mais pour assurer la survie politique de l’ancien système même en cas de défaite électorale ».
Selon un sondage réalisé en mai par le centre d’études 21, 67 % des électeurs hongrois souhaitent le départ de Tamas Sulyok.
Ancien président de la Cour constitutionnelle, il était peu connu du public avant d’être élu par le parlement pour un mandat de cinq ans en 2024.
L’amendement voté prévoit aussi de limiter à trois le nombre de mandats pour les députés, ce qui empêcherait plusieurs figures de l’opposition de se représenter en 2030.
Le texte rétablit aussi les pouvoirs de contrôle budgétaire de la Cour constitutionnelle.
Il fixe à 70 ans l’âge limite pour ses juges, une disposition qui toucherait directement le président de l’institution, Peter Polt, ancien procureur général nommé sous Orban.
Il crée par ailleurs un Office national pour la récupération et la protection des avoirs publics, qui se verrait conférer de vastes pouvoirs pour combattre la corruption, devenue systémique sous l’ère Orban.
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