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  • 2026-07-12 17:29:47 +0000 UTC

    Jul 12, 2026

    France: le président Ramaphosa appelle à réhabiliter les Sud-Africains morts pendant la Première Guerre mondiale

    Le président Ramaphosa a participé ce dimanche 12 juillet à la 110ᵉ commémoration de la bataille du bois de Delville, au Mémorial national sud-africain de Longueval. En 1916, lors de la bataille de la Somme, la 1ʳᵉ brigade d'infanterie sud-africaine avait tenu le bois de Delville, dans le nord de la France, face aux forces allemandes, au prix de lourdes pertes. 3 000 soldats sud-africains ont participé au prix de leur vie à ces affrontements, devenus historiques, entre soldats allemands et français épaulés par les forces britanniques et leurs alliés du Commonwealth. Le chef de l’État sud-africain n'a pas caché son émotion.

    Publié le : 12/07/2026 - 19:29Modifié le : 12/07/2026 - 19:57

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    Avec notre envoyée spéciale à Longueval, Orianne Gendreau

    Après un discours des militaires français, le président sud-africain a déposé une gerbe de fleurs au pied du monument aux morts, au centre du village de Longueval, dédié aux soldats français. Les représentants de différents corps d'armée étaient là, les Sud-Africains vêtus de vert ; les Français en beige. Les fanfares des deux pays se sont succédé et ont animé la cérémonie, au rythme des deux hymnes.

    Puis, le président sud-africain et le préfet de la Somme, chargé de représenter le président français, se sont dirigés vers l’immense mémorial sud-africain, au centre du Devil Wood, le « bois du diable », comme l’appellent les habitants d’ici.

    Cyril Ramaphosa a installé son pupitre au milieu du bois de Delville, au nord-est de Longueval. C’est entre ces arbres que plus de 3 000 soldats sont morts, il y a 110 ans, lors d’une des batailles les plus meurtrières de la Somme.

    Un seul soldat sud-africain noir figure sur ce mémorial : Beleza Miengoua

    Le président sud-africain était manifestement ému et très solennel : « Il n’y a rien de glorieux à perdre un fils, il n’y a rien de glorieux à la guerre », c’est ainsi qu’il commence son discours. Le président Cyril Ramaphosa a rendu hommage aux 3 000 soldats sud-africains décédés, ici, mais aussi à tous ceux qui se sont battus pendant cette terrible Première Guerre mondiale.

    Il a souhaité rappeler que sur ce mémorial, seul un nom représente un soldat sud-africain noir. Tous les autres étaient blancs. Il a aussi rappelé que c'est lui qui, en 2014 – quand il était, à l’époque, vice-président – avait souhaité inhumer ce soldat noir, Beleza Myengwa, ici même.

    Le président sud-africain a longuement insisté, dans son discours, sur cet oubli des soldats sud-africains noirs et a profité de cette cérémonie pour rappeler le rôle de tous ces soldats noirs qui n’ont pas eu le droit de prendre les armes et ont été relégués à des seconds rôles et à ce racisme qu’ils ont subi, même en pleine guerre.

    « L’histoire de l'Afrique du Sud dans la Première Guerre mondiale ne peut être racontée qu’à travers l’histoire des combattants blancs qui sont morts ici »

    « L’histoire de l'Afrique du Sud dans la Première Guerre mondiale ne peut être racontée qu’à travers l’histoire des combattants blancs qui sont morts ici. Elle doit aussi inclure l’histoire des milliers de Sud-Africains noirs qui ont servi dans le contingent des natifs sud-africains. Mais à cause de la politique raciste de l’Afrique du Sud, ils n’étaient pas autorisés à avoir des armes », a-t-il déclaré.

    Plus de 20 000 soldats noirs sont donc venus en France pour fabriquer des routes, porter les affaires lourdes, cuisiner. Ils ont fait un travail épuisant sans lequel aucune armée ne peut fonctionner. Leur travail a été oublié par un système politique qui pouvait accepter leur travail et leur sacrifice mais refusait de reconnaître leur qualité.

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    Le président Ramaphosa sur les soldats noirs oubliés

    Orianne Gendreau

    À Longueval, beaucoup d'habitants connaissent cette histoire. D’autres la découvrent encore. Ils sont plusieurs dizaines à assister à la cérémonie. Au milieu du public figurent des Sud-Africains résidant en France, également. Ils ont été invités par l’ambassade.

    « C’est un devoir de mémoire essentiel face à tout ce qu’il se passe dans le monde », ont répété presque toutes les personnes présentes à cette cérémonie.

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