France-Espagne : "Sans Français", "équipe africaine"... quand les Bleus doivent aussi dribbler le racisme lors de la coupe du Monde
l'essentiel Alors que la Fifa tente d’endiguer le racisme sur les pelouses, c’est bien sur la scène politique que l’équipe de France est attaquée. À chaque fois, Paris répond par de fermes condamnations tandis que, dans l’Hexagone comme ailleurs, les Bleus, brillants aux États-Unis, imposent le respect et suscitent la sympathie.
Les saillies racistes visant l’équipe de France ont malheureusement toujours cours à l’étranger. En Espagne, que les Bleus affrontent ce mardi soir, l’ancien Premier ministre Mariano Rajoy affirme dans une tribune que la sélection tricolore dispose d’un effectif "de très haut niveau", mais "sans Français".
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L’ancien chef du gouvernement ne fait qu’emboîter le pas à la sénatrice paraguayenne Celeste Amarilla, qui avait qualifié Kylian Mbappé de « Camerounais colonisé ». « Cet abruti n’a même pas appris à écrire. Au lieu de téter le lait maternel, il tétait des noix de coco, et les êtres les plus instruits qu’il ait jamais entendus étaient des chimpanzés », avait violemment lancé l’élue il y a quelques jours.
De nouvelles règles sur les terrains
Ce racisme de plus en plus décomplexé s’exprime aussi sur les pelouses. Pour tenter d’endiguer le phénomène, la Fifa a d’ailleurs instauré une nouvelle règle durant cette Coupe du monde : interdire aux joueurs de se cacher la bouche avec la main lorsqu’ils parlent à un adversaire ou à l’arbitre afin de permettre aux caméras de vérifier si des insultes racistes ont été prononcées.
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Une initiative louable, mais encore insuffisante pour Dominique Sopo, président de SOS Racisme. Joint par La Dépêche du Midi pour évoquer les déclarations racistes qui frappent certains joueurs français, le responsable associatif assure qu’il "va écrire à la Fifa" pour lui demander de "faire preuve d’une plus grande fermeté". "La Fifa a condamné les propos haineux contre les Bleus et Kylian Mbappé, c’est bien", mais "maintenant, il va falloir aller encore plus loin".
"Racisme minable", "droite raciste" : les réactions se multiplient
Effet inattendu de ce racisme visant les Bleus : il semble, au moins en apparence, créer un réflexe d’unité. Les réactions officielles n’ont pas tardé. « Tous les joueurs de l’équipe de France sont français », a ainsi rappelé dans une tautologie l’ambassade de France en Espagne suite aux propos de Mariano Rajoy.
Sin querer entrar en una polémica, conviene recordar los hechos:
— La France en Espagne \ud83c\uddeb\ud83c\uddf7\ud83c\uddea\ud83c\uddf8 (@france_espagne) July 12, 2026
Todos los jugadores de la selección francesa son franceses. De los 26 jugadores, 23 nacieron en Francia. Los 3 que nacieron en el exterior son franceses también. @francediplo @equipedefrance @kareen_rispal
Hier matin, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a lui aussi recadré l’ancien dirigeant espagnol. "Une bonne fois pour toutes, la France n’a pas de couleur de peau. Toute affirmation contraire relève de la bêtise, du racisme ou d’une combinaison des deux", a-t-il déclaré sur BFMTV.
Dans son sillage, une grande partie de la classe politique a exprimé son indignation. "Avec son racisme minable, Mariano Rajoy montre son incompréhension totale de ce qui fait l’âme du peuple français", a réagi Valérie Pécresse sur X.
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"La France n’est pas une nation ethnique, elle n’a pas de couleur de peau ou de religion. (…) N’en déplaise à la droite raciste", a pour sa part estimé Olivier Faure, le premier secrétaire du PS.
De la jalousie sportive au racisme
Pourquoi, alors, un tel déferlement de haine ? Peut-être, en partie, parce que l’équipe de France est une équipe qui gagne. "Le Paraguay hier, et l’Espagne aujourd’hui sont nos adversaires dans la compétition", rappelle Dominique Sopo. Et demain l’Argentine ? Alors que les Bleus pourraient retrouver les coéquipiers de Lionel Messi en finale, une responsable politique argentine avait récemment qualifié la sélection tricolore "d’équipe africaine, sans manières".
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Des précédents en Argentine
En 2024 déjà, dans le bus célébrant la victoire en Copa América, des chants racistes — "Ils jouent pour la France mais viennent tous d’Angola..." — avaient été repris en chœur par plusieurs cadres de l’Albiceleste. De quoi faire craindre de nouveaux débordements en cas de retrouvailles dimanche prochain.
"Les sorties de ces derniers jours, ce n’est pas que de la rivalité qui dérape, c’est le symbole du glissement d’une partie de la droite vers un discours raciste et identitaire totalement décomplexé", analyse Dominique Sopo. SOS Racisme a par ailleurs signalé les propos de la sénatrice paraguayenne à la justice française et se constituera partie civile.De son côté, le parquet de Paris a annoncé l’ouverture d’une enquête.