France – Espagne : Kylian Mbappé en version améliorée
Il y a deux ans, il s'était soulagé d'un poids avant le tournoi en annonçant sa signature au Real Madrid avant le début d'un Euro traversé avec le masque d'un nez cassé et de prestations décevantes jusqu'à cette élimination contre l'Espagne, qui allait devenir son pays d'adoption.
Kylian Mbappé parlait alors "d'un rêve qui se réalisait" avec une présentation en grande pompe au Bernabeu où il avait bluffé son monde par sa maîtrise parfaite de la langue de Cervantes qu'il a apprise seul et perfectionnée notamment dans le vestiaire parisien.
Mbappé a flirté avec Liverpool ? Klopp dévoile une négociation avec le capitaine des Bleus… dans un jet privéDeux ans après, Madrid le regarde d'un œil méfiant. Presque inquisiteur. Côté pile, l'attaquant a marqué. Beaucoup. 86 fois (avec 12 passes décisives) en 103 apparitions, affichant des temps de passage inédit depuis Cristiano Ronaldo 95 buts après 100 matchs.
Côté face, le double pichichi de Liga n'a (presque) rien gagné à l'exception de la Supercoupe de l'UEFA et de la Coupe intercontinentale. Il a surtout énormément agacé cette année. La chronique de sa blessure au genou, droit ou gauche, le staff médical madrilène ne le sait visiblement toujours pas, a été un feuilleton.
Le dernier carré parfait : quatre géants pour une nouvelle étoileSa sortie médiatique pleine d'ironie en mai après un match contre Oviedo a crispé un peu plus les opinions : "Je n'ai pas joué, parce que l'entraîneur m'a dit que j'étais le quatrième attaquant de l'effectif derrière Gonzalo Garcia, Vinicius et Mastantuono. Je ne suis pas en colère contre lui, mais il faut que je travaille dur pour redevenir titulaire et être meilleur que Gonzao, Vini et Mastantuono."
Alvaro Arbeloa avait moyennement apprécié la pierre dans son jardin. Et l'Espagne en général et Madrid en particulier en arriveraient presque à se demander si le capitaine de l'équipe de France et le numéro 9 merengue sont la même personne.
"Les supporters du Real se réjouissent de plus en plus de la différence entre le Mbappé qui joue pour la France et celui qui jour Madrid alors que moi, c'est le contraire. Cela m'énerve encore plus. Il s'est préparé toute l'année pour jouer avec la France" a notamment tonné le journaliste Juanma Rodriguez dans El Chiringuito.
Interrogé par nos confrères de L'Équipe, Santiago Canizares s'est montré un peu plus fin : "Ce n'est pas juste de laisser penser que les joueurs choisissent leurs matchs ou leurs compétitions. Tous les joueurs veulent toujours être bons, mais il faut tenir compte du fait que les dynamiques de leurs équipes les rendent meilleurs ou moins bons. C'est ce qui se passe avec Mbappé. Le Real Madrid reste sur une saison où l'équipe ne jouait pas bien, donc tous ses joueurs y semblent moins bons que dans leur sélection." Ce qui s'observe par exemple avec Jude Bellingham.
En attendant la collaboration avec José Mourinho, qui a évoqué dans Vanity Fair "un joueur phénoménal", Mbappé, qui est épanoui dans la capitale espagnole, où il a repris la splendide villa de Gareth Bale et rencontré l'amour avec Ester Exposito, a une double revanche à prendre. Sur l'Espagne qu'il n'a jamais battue (trois défaites). Et sur les Espagnols. Qu'il pensait conquérir il y a deux ans.

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