France - Espagne : ils arrivent « méchants », comment les Bleus font les gros yeux pour muscler leur jeu
Au Mondial, les Bleus se sont trouvé un mantra : « On arrive méchants. » Cette formule qui met surtout en valeur leur esprit de compétition et leur soif de victoire a fait le tour du monde. C’était justement l’objectif avant la demi-finale face à l’Espagne mardi 14 juillet à Dallas.
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« Qui c’est qui est très gentil ? Les gentils… Qui c’est qui est très méchant ? Les méchants… », chantaient Michel Fugain et le Big Bazar dans les années 70. On n’est pas sûr qu’aux États-Unis, les Bleus puissent être identifiés comme tels et soient les plus méchants du monde. Il nous vient même en tête quelques escouades sud-américaines, dont une croisée récemment, avec lesquelles il est difficile de rivaliser dans le domaine de la turpitude et des coups méchamment donnés, suivez mon regard, le Parag… Mais « les méchants », c’est bien ainsi que se sont autoproclamés Kylian Mbappé et ses équipiers depuis le début de la compétition. Et cela pour de bonnes raisons.
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Avoir faim et être agressif
Dimanche matin à Bentley, avant l’entraînement et le départ vers Dallas dans l’après-midi, Ibrahima Konaté a spontanément confirmé le surnom. On est « les méchants ! », a-t-il lâché en souriant, ce qui enlève du coup un peu au caractère de la méchanceté. « C’est parce qu’on a la capacité à “switcher”. La veille du match, dans le groupe, c’est taquin, on va rigoler, il va y avoir une ambiance un peu enfantine parfois, même si on reste sérieux. Mais quand on arrive avant un match, dans le bus, sur le chemin vers le stade, on voit que ça change. Chaque joueur est dans l’objectif de gagner, c’est l’objectif commun », a expliqué le défenseur avec sa bonne humeur qui fait souvent de lui le plus gentil des méchants.
On comprend donc qu’en passant en mode « méchants », les Bleus ne convoquent pas la guerre de tranchée ou le combat de rue. C’est leur manière de basculer dans la concentration et dans tout ce qu’ils ont besoin de mobiliser pour aller chercher la troisième étoile. Et ils utilisent cette formule pour afficher leur détermination, autant à leurs propres yeux qu’à ceux de leurs adversaires.
Être méchants, ça veut aussi dire avoir faim et être agressif sur le terrain. Ce qui a été particulièrement réussi face au Maroc où l’équipe de Didier Deschamps a littéralement marché sur l’adversaire sans le laisser respirer. Ça veut dire ne rien laisser, ne rien lâcher. Ne pas accepter d’encaisser le moindre but, ne jamais cesser de travailler.
« C’est du positif, c’est pour motiver »
« On arrive méchants ? Cette formule montre un peu la mentalité de l’équipe, a également confirmé Maxence Lacroix, qui était lui aussi de service devant les médias dimanche. Ce n’est pas négatif comme formule, c’est du positif. C’est pour nous motiver. C’est pour montrer qu’on est une équipe de combattants, une équipe de guerriers qui veulent sortir la tête haute de cette compétition. C’est comme ça qu’on aborde les matchs, pour tous les gagner, avec cet ADN de combattant », a-t-il détaillé.
Dans tous les sens du terme, les Bleus veulent aussi dire qu’ils se sentent « méchamment forts », qu’ils ne doutent pas et tracent leur route sans regarder ce qui se passe ailleurs.
Le choix du mot rappelle enfin que l’équipe de France, bâtie par Didier Deschamps pour ce Mondial américain, est jeune, très jeune, dans l’esprit, la culture et le mode de vie. Avec ses propres codes, ses expressions, ses modèles. Et le besoin de s’amuser en prenant du recul, en étant même capable de rire sur soi-même, ce qui pour le coup est aussi une preuve de maturité.
Une maturité indispensable qui ne dépend pas toujours du nombre des années. Elle transpire dans ces faux méchants qui n’ont décidé de l’être que pour leur mission et leur rêve à tous. Ils savent très bien ce qu’ils font.
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