France - Angleterre : « Gagner pour le coach », le défi des Bleus pour la dernière de Didier Deschamps
La France et l’Angleterre s’affrontent pour la troisième place du Mondial, ce samedi (23 h), à Miami. Personne n’a envie de jouer ce match des battus, mais pour les Bleus il y a la volonté d’honorer la sortie de leur sélectionneur, dont ce sera le dernier match.
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On ne sait pas si le temps passe vite où s’il nous rattrape. Mais vendredi, au somptueux Hard Rock Stadium de Miami, un temple du spectacle et de la vitesse avec à ses pieds le célèbre circuit de Formule 1, ça a semblé filer drôlement vite sous nos yeux quand le sélectionneur, qui accompagne notre carrière depuis toujours, s’est assis pour sa dernière conférence de presse d’avant-match.
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Après 14 ans de mandat, 185 matchs (120 victoires, 35 nuls et 29 défaites ; en plus de deux intérims de Guy Stéphan), une étoile de champion du monde (2018) en plus de celle de joueur (1998), la qualification à tous les grands tournois (Mondial et Euro) depuis 2012, trois finales, la présence dans le carré final cinq fois sur sept, Didier Deschamps (57 ans) passera la main dès son retour en France.
Un quart de siècle passé en Bleu
« Ça ne fera pleurer personne…, a-t-il d’abord plaisanté pour évacuer les émotions. Je sais très bien que l’équipe de France va me manquer. J’ai eu le privilège d’être là-haut avec ce maillot, de connaître des moments magnifiques et plus difficiles. Voilà, le clap de fin. Mais la vie continue. (…) L’équipe de France est la plus belle chose qui me soit arrivée dans ma vie professionnelle. Vingt-cinq ans (avec les années de joueur), ça marque la vie d’un homme et d’une femme. Il reste des souvenirs inoubliables. Mais l’important c’est toujours devant soi », a-t-il confié.
Ça donne envie de gagner pour soi-même. Et ensuite, bien sûr, pour le coach, par rapport à tout ce qu’il a fait pour les Bleus.”
Devant lui, Deschamps a justement ce match de la troisième place que personne ne veut jouer mais qu’il entend remporter puisqu’il existe et que, dans l’idée qu’il se fait de la compétition, on ne triche pas quand c’est officiel. « Combien d’adversaires sont-ils rentrés avant nous ? Quarante-quatre (sur 48 qualifiés au Mondial), a-t-il ainsi souligné pour rappeler la présence dans le dernier carré. On a un devoir, on va tout faire pour que ça se passe bien. Il y a une responsabilité de porter ce maillot par rapport aux millions de Français et de Françaises qui ont vibré et ont été déçus. »
« On doit être un minimum reconnaissant »
Ses joueurs sont-ils sur la même ligne ? « Oui. Je ne vous dis pas que c’est facile », a reconnu Ibrahima Konaté, qui va démarrer face aux Anglais et a évoqué « la médaille en chocolat ». « Ce n’est pas facile dans le sens où c’est une finale qu’on voulait jouer. Mais ça ne doit pas être difficile quand on porte ce maillot et qu’on entend La Marseillaise, a indiqué le futur défenseur du Real Madrid. Ça donne envie de gagner pour soi-même. Et ensuite, bien sûr, pour le coach, par rapport à tout ce qu’il a fait pour les Bleus. Tous les joueurs qui sont ici ont été choisis par lui. On doit être un minimum reconnaissant envers lui et essayer de gagner. »
« Après, qui va être aligné, c’est une bonne question, s’est aussi interrogé “Ibou” Konaté de manière plus surprenante. Si on se dit : “On va faire tourner pour se faire plaisir”, et qu’il y a une défaite au bout… » C’était sans doute une manière pour lui, dont le statut a reculé, de dire que s’il sort du salon des « coiffeurs », ce n’est pas non plus pour jouer dans une équipe bis.
A priori, ce n’est pas le but. « DD » a confirmé qu’il allait faire tourner, non pas pour faire plaisir mais parce que certains ne sont plus en capacité de jouer, physiquement ou mentalement. Dans quelle proportion ? La dernière mission du sélectionneur est de remobiliser les troupes depuis mardi, de multiplier les entretiens pour bien sonder ses joueurs et redonner sa confiance. Il cherche avec son staff la meilleure formule. Car il le sait depuis toujours, la victoire, il n’y a rien de mieux pour réussir sa sortie.
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