Fête de la Communauté flamande : Bart De Wever met en garde 'Sans compromis budgétaire, c’est le mur assuré' - RTBF Actus
Il y a 726 ans, les troupes flamandes remportaient la bataille des Éperons d’or contre l’armée française, un épisode fondateur qui est aujourd’hui encore commémoré le 11 juillet. Cette date est devenue le jour de la Fête de la Communauté flamande, marqué par des célébrations… Et des discours politiques.
À l’image de Bruxelles, de la Wallonie et du niveau fédéral, la Flandre n’est "pas vraiment à la fête sur le plan budgétaire", avec un déficit public annoncé de plus de trois milliards et demi en 2026.
Au niveau fédéral, la situation n’est guère plus réjouissante. Un effort de l’ordre de dix milliards d’euros doit être réalisé d’ici 2031 pour répondre aux exigences européennes, un véritable "col hors catégorie" à franchir pour l’ensemble des gouvernements. Rachel Crivelaro souligne que "les pelotons pour franchir ce col ont tendance à courir en ordre dispersé" : chaque entité défend ses priorités, ce qui complique la construction d’une trajectoire budgétaire commune.
Dans ce contexte, Bart De Wever, chef de file du gouvernement fédéral, lance un avertissement. Selon lui, la multiplication des lignes rouges rendrait impossible l’effort collectif à fournir. "Chaque parti a ses propres idées et a déjà mis des vétos sur la table. Je pense que ce sera insoutenable si on veut faire un effort de dix milliards", déclare le Premier ministre.
Et comme à son habitude, il illustre la situation par une image parlante en évoquant un budget "Tiramisu" : "Avec les différentes couches, on peut dire aujourd’hui je ne veux que les couches que j’aime et éviter toutes les couches que je n’aime pas du tout. Mais ce n’est pas très réaliste".
Pour Bart De Wever, la seule voie possible passe par un compromis assumé entre partenaires de coalition. "Ou bien on est là pour négocier d’une façon sérieuse et faire l’effort pour ces dix milliards, ou bien on va poser des vétos, mais on ne va pas y arriver. Et c’est une lourde responsabilité que tout le monde doit assumer".
En ce jour symbolique pour la Flandre, le message est donc très clair : au‑delà des célébrations et des rappels historiques, le gouvernement prévient que l’avenir budgétaire du pays dépendra de la capacité des partis à dépasser leurs positions de principe pour construire un accord, sous peine de se heurter à un "mur" politique et financier.