« Extrême dangerosité psychiatrique », « risque extrême de récidive » : 18 ans de réclusion pour un mineur qui avait tué une surveillante au collège
« Extrême dangerosité psychiatrique », « risque extrême de récidive » : 18 ans de réclusion pour un mineur qui avait tué une surveillante au collège
Un adolescent de 15 ans a été condamné, ce jeudi 16 juillet 2026, à dix-huit ans de réclusion criminelle pour le meurtre d’une surveillante de son collège l’an dernier en Haute-Marne.Ajouter L’union sur Google
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La peine de dix-huit ans de réclusion criminelle, conforme aux réquisitions du ministère public, a été applaudie dans la salle d’audience, où la famille et des proches de la victime, qui portaient des T-shirts à son effigie, remplissaient les sièges réservés au public.
L’adolescent a été hué à sa sortie du tribunal, le visage dissimulé par une veste et sous bonne escorte policière.
Du fait de son jeune âge, il était jugé depuis ce mercredi 15 juillet 2026 devant le tribunal pour enfants de Chaumont et encourait vingt ans maximum. Il était en détention provisoire depuis sa mise en examen il y a treize mois.
Le procès s’est tenu à huis clos mais la décision a été rendue publiquement, avec un jour d’avance sur le calendrier.
Contrairement à une demande du ministère public, le tribunal a retenu l’altération du discernement de l’adolescent au moment des faits, estimant qu’il était atteint d’un « délire de persécution », selon la présidente.
Le tribunal a néanmoins écarté la diminution de peine d’un tiers induite par l’altération du discernement, en raison de « l’extrême gravité des faits » et parce que l’accusé n’a présenté « aucune empathie, ni remords, ni regrets », a justifié la présidente.
Soulignant son « extrême dangerosité psychiatrique » d’après des experts au procès, entraînant ainsi un « risque extrême de récidive », le tribunal a assorti sa peine de réclusion criminelle d’un suivi socio-judiciaire de dix ans, avec une obligation de soins.
« Deux jours d’enfer »
« C’est un délibéré à la hauteur de la gravité des faits », a réagi l’avocat de la famille de la victime, Me Edouard Charlot-Jacquard.
Mais cela « n’effacera pas la douleur de la famille, qui s’est présentée pendant ces deux jours d’audience avec une grande dignité, venant chercher justice sans haine ni vengeance », a-t-il ajouté.
« Je ne serai jamais satisfaite, j’ai perdu ma fille, mais aujourd’hui je vais commencer un peu à respirer, au moins pour elle », a déclaré Magali, la mère de la victime.
L’accusé n’a montré « aucun regret, aucune émotion, aucun sentiment, rien. C’était deux jours d’enfer », a-t-elle ajouté.
Pour l’avocat de l’accusé, Me Antoine Chateau, il s’agit d’« une décision logique tant au regard de ce qui s’est passé durant l’audience que des déclarations et du comportement » de son client.
Sept coups de couteau
Le matin du 10 juin 2025, Mélanie, 31 ans, assistante d’éducation au collège Françoise-Dolto de Nogent, un bourg haut-marnais de 3 500 habitants habituellement paisible, a été frappée par sept coups de couteau devant l’établissement. Elle est morte sur place peu après.
Elle était mère d’un petit garçon, âgé de 5 ans aujourd’hui, et également conseillère municipale dans sa commune de Sarcey, voisine de Nogent. Pour ses proches, Mélanie était « un rayon de soleil », « la gentillesse incarnée ».
Les faits s’étaient déroulés devant de nombreux témoins, lors d’un contrôle inopiné des sacs des élèves par des gendarmes devant le collège, précisément destiné à détecter d’éventuelles armes blanches.
Alors élève de troisième dans l’établissement et âgé de 14 ans, l’adolescent avait été maîtrisé sur place par un gendarme, blessant ce dernier à la main au moment de son interpellation.
En garde à vue, il avait déclaré aux enquêteurs qu’il n’avait pas de « grief particulier » envers Mélanie, mais qu’il voulait s’en prendre à une surveillante, « n’importe laquelle ».
Sans antécédents judiciaires jusque-là, il aurait mûri son projet quelques jours avant, après qu’une autre surveillante l’aurait « sermonné » alors qu’il embrassait sa petite amie au sein du collège, avait rapporté à l’époque le procureur de Chaumont Denis Devallois.
Il apparaissait « en perte de repères quant à la valeur de la vie humaine, à laquelle il ne semble pas attacher d’importance particulière », avait encore estimé M. Devallois.
S’inscrivant dans le contexte d’une série d’agressions au couteau en milieu scolaire, ce meurtre avait eu un très fort retentissement national, notamment dans les sphères politiques et éducatives.
Les parents de l’accusé étaient aussi présents au procès. Leur responsabilité civile pourrait être engagée, notamment si leur fils était condamné à verser des dommages et intérêts aux parties civiles.
L’audience sur les intérêts civils se tiendra le 7 septembre.
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