États-Unis : Donald Trump martèle ses accusations de fraude à trois mois des élections
Donald Trump a dénoncé, ce jeudi 16 juillet 2026 des « vulnérabilités choquantes » dans le système électoral américain. Il a notamment pointé la Chine du doigt dans une allocution extraordinaire, où il a laissé planer son intention de contester les résultats des élections cruciales de mi-mandat en novembre.
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Dans un discours d’un peu plus de 25 minutes, le président américain s’est notamment attaqué aux « bureaucrates véreux », martelant ses accusations (jamais prouvées) que l’élection présidentielle de 2020 avait été pervertie par une fraude massive au profit de Joe Biden.
« Nous ne pouvons plus jamais assister à une nouvelle élection volée », a-t-il lancé.
Le républicain n’a jamais apporté de preuve sur l’existence d’irrégularités à grande échelle et d’innombrables experts, instituts indépendants et décisions de justice ont conclu à l’absence de fraude ayant pu influer sur les résultats.
Mais pour Donald Trump, des documents (qu’il a annoncé déclassifier, ce jeudi 16 juillet 2026) « montrent que, sur plusieurs années, à partir de l’élection de 2020, la Chine a mené ce qui apparaît comme la plus grosse opération de piratage de données électorales de l’Histoire, aboutissant à l’acquisition illicite par la Chine de 220 millions de fichiers d’électeurs américains », a-t-il ajouté.
Ces fichiers sont pourtant largement accessibles publiquement. Et même s’ils avaient été téléchargés de manière illégale, cela « n’aurait en aucune manière compromis » les résultats de l’élection, a souligné Stephen Richer, du cercle de réflexion conservateur Cato Institute.
« Honnêtes »
Rick Hasen, expert en droit électoral à l’université de Californie à Los Angeles, a estimé que les déclarations du président jeudi soir ressassent « les mêmes vieilles affirmations infondées et étonnamment faibles de vulnérabilité des élections américaines ».
Donald Trump « n’a même pas tenté de démontrer qu’un seul faux électeur a voté lors de l’élection de 2020, ou qu’une seule machine électorale ait été truquée », a-t-il souligné sur son blog.
Avant le discours, Donald Trump avait promis une annonce « très forte ». Mais ses opposants redoutaient surtout que ce discours ne serve à jeter le discrédit général sur le système électoral, afin de pouvoir mettre en doute, en novembre prochain, le résultat des scrutins de mi-mandat, qui s’annoncent difficiles pour son camp.
« Nous avons des élections très importantes qui arrivent. Nous voulons que ces élections soient honnêtes », a-t-il lancé dans son allocution.
Face au caractère controversé des annonces attendues, plusieurs grandes chaînes avaient décidé de ne pas retransmettre en direct le discours.
En représailles, le président américain a appelé au retrait de leurs licences de diffusion.
« Décision rare, NBC et ABC ont dit toutes les deux qu’elles ne diffuseraient pas ce discours. (…) Parce qu’elles savent combien notre système est corrompu et qu’elles ne veulent pas le révéler. Elles, et d’autres médias, font partie d’un complot. Elles veulent continuer cette fraude. (…) Une fraude comme celle-ci devrait signifier le retrait de leurs licences », a-t-il attaqué.
« Punition imminente »
Le milliardaire, qui n’a jamais accepté sa défaite face à Joe Biden en 2020, a accusé ces derniers mois les démocrates de tentatives de trucage des législatives de novembre lors desquelles les républicains pourraient perdre leur mince majorité au Congrès.
Donald Trump sait qu’une telle éventualité lui ferait courir le risque d’une troisième procédure de destitution lancée par les démocrates, après avoir réchappé à deux premières tentatives lors de son premier mandat, dont une pour « incitation à l’insurrection » après l’assaut du Capitole par ses partisans le 6 janvier 2021.
En amont de l’allocution, le chef démocrate Chuck Schumer avait dénoncé un discours qui serait « empli de griefs et de mensonges flagrants ».
« Ce soir vous allez entendre un Donald Trump faible et agité, avec un programme profondément impopulaire, qui sait qu’il se dirige vers une défaite cinglante en novembre », a déclaré le sénateur new-yorkais sur les réseaux sociaux.
« Sa réponse à cette punition imminente ? Abattre toutes les cartes pour tricher, saper le droit de vote, et truquer les élections de mi-mandat en sa faveur », a-t-il ajouté, estimant que « Trump ne révélera rien de substantiel » sur la présidentielle de 2020.
La dernière grande adresse télévisée de Donald Trump remontait au 1er avril, quand il avait tenté de justifier la guerre en Iran, plus d’un mois après le début des frappes israélo-américaines.
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