Enfin une réponse sur le piment : bon pour la santé ou dangereux lo...
Protecteur contre le cancer, le piment... ou cancérigène ? La question occupe les chercheurs depuis plusieurs décennies. Et la réponse est loin d'être simple !
Car si cette épice contient des composés anti-inflammatoires, voire anticancéreux, les études épidémiologiques montrent, elles, que lorsqu'il est consommé en grande quantité, le piment pourrait augmenter le risque de certains cancers du tube digestif.
Un risque de cancer de l'œsophage multiplié par trois
Pour tenter d'y voir plus clair, des scientifiques chinois ont examiné les données disponibles sur le sujet. Ils ont combiné les résultats de 14 études observationnelles portant sur plus de 11 000 participants, dont plus de 5 000 avaient reçu un diagnostic de cancer gastro-intestinal, notamment de cancer de l'œsophage, de cancer de l'estomac et de cancer colorectal.
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Leurs résultats, publiés dans la revue Frontiers in Nutrition, révèlent que les personnes qui consomment le plus de piment ont un risque de cancer gastro-intestinal en moyenne 64 % plus élevé que ceux qui en consomment le moins.
C'est le cancer de l'œsophage qui présente l'association la plus forte avec le piment. Les chercheurs ont calculé que les gros consommateurs présentaient un risque trois fois élevé (+200 %) de ce cancer par rapport aux petits consommateurs. Pour le cancer de l'estomac et le cancer colorectal, la relation était moins nette, le seuil de signification statistique n'étant pas atteint.
Les gros consommateurs de piments asiatiques, africains et américains auraient un risque de cancer plus élevé que les gros consommateurs européens et sud-américains. © teen00000, Adobe Stock
Européens ou Asiatiques : pas les mêmes risques
Selon les auteurs, ces données « suggèrent que le piment constitue un facteur de risque pour certains cancers gastro-intestinaux », notamment le cancer de l'œsophage. Mais tout le monde ne serait pas logé à la même enseigne !
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Les chercheurs montrent en effet qu'il existe d'importantes disparités régionales. Les gros consommateurs de piments résidant en Asie, en Afrique et en Amérique du Nord avaient par exemple un risque de cancer plus élevé que les autres, alors que les gros consommateurs européens et sud-américains ne voyaient pas leur risque augmenter (ils le voyaient même parfois diminuer !).
Impossible de savoir précisément pourquoi de telles différences géographiques existent, mais selon les auteurs, plusieurs facteurs pourraient jouer : une consommation moyenne très variable d'une région à l'autre, mais aussi des variétés de piments, une génétique et des modes de cuisson différents. La consommation d'alcool et les autres habitudes alimentaires pourraient également intervenir.
La capsaïcine en cause ?
Quoi qu'il en soit, ils font l'hypothèse que l'exposition répétée à la capsaïcine - le composé des piments qui active les récepteurs nerveux sensibles à la chaleur et à la douleur et qui donne tout son intérêt à cette épice - pourrait contribuer à une irritation chronique de la muqueuse œsophagienne chez les personnes prédisposées.
Il semblerait également que cette molécule module la vitesse de réparation et de renouvellement cellulaire le long du tube digestif, ce qui pourrait influencer la réaction des tissus face à la cancérisation au fil des années.
Gardons à l'esprit que cette étude met en évidence une corrélation entre la consommation de piment et le risque de cancer, pas un lien de cause à effet. D'autres facteurs non pris en compte pourraient également jouer : tabac, alcool, disparités socio-économiques, infections, habitudes alimentaires... Et pour complexifier le tout, certaines études montrent que la consommation de plats pimentés est associée à une diminution des risques de maladies cardiovasculaires et de décès prématuré.
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Pour l'heure, les chercheurs estiment que la question de la dose est probablement l'une des plus importantes, et qu'elle est sans réponse. Est-ce qu'une consommation modérée comporte les mêmes risques que ceux observés chez les plus grands consommateurs ? Est-ce qu'il existe un seuil au-delà duquel le risque commence à augmenter ? D'autres études devront être menées pour le documenter.