Eglises pour se réfugier lors de canicules, arbres au pied de la cathédrale… La Ville de Tournai veut rendre moins pénibles des épisodes caniculaires
La récente vague de chaleur a démontré qu'on a négligé ces dernières années l'adaptation au dérèglement climatique qui impacte notre quotidien. Le collège de Tournai dit avoir pris la mesure du phénomène en mettant en place une stratégie à court, moyen et plus long termes pour rendre moins pénibles les prochaines vagues de chaleur.
"C'est une stratégie qu'on ne peut pas seulement envisager sur le court terme, mais il y a des choses qu'on peut déjà améliorer. Nous avons défini dix points sur lesquels agir. C'est important parce que les épisodes caniculaires auront tendance à se répéter, c'est une évidence", indique l'échevin Emmanuel Vandecaveye (MR).
Caroline Mitri (Ecolo), ayant parmi ses attributions la gestion des bâtiments, insiste sur un des points sur lesquels la Ville se focalise : la mise à disposition des citoyens de "refuges climatiques", des lieux accessibles au public offrant des conditions de température plus supportables. "Nous travaillons très activement sur la façon de réduire la surchauffe que subissent les bâtiments. Mais à part au TAMAT (musée de la tapisserie et des arts textiles), la plupart des bâtiments ne sont pas climatisés". Après un échange avec l'Évéché de Tournai, la Ville a obtenu que des églises soient ouvertes pendant la journée (en dehors de cérémonies et célébrations ponctuelles) de manière à offrir des lieux de fraîcheur accessibles. "On a pour le moment une liste de dix églises, en ville et dans les villages, ouvertes à des personnes qui souhaitent s'y poser, à des étudiants en cours de blocus…"
L'échevine Delphine Delaunois (Les Engagés) rappelle que le Relais Social Urbain et ses partenaires s'organisent selon un Plan canicule initié par la Région wallonne. "Nous pouvons rappeler aux personnes isolées qu'il existe de nombreux comités de quartier dans les villages et en ville, composés de personnes-ressources proches des habitants ; et un référent de ces comités peut servir de relais via le service de cohésion sociale".
La végétalisation de la ville doit être une priorité, indique Benjamin Brotcorne (Les Engagés). "À une certaine époque, les artisans des rénovations urbaines avaient tendance à minéraliser à outrance. Aujourd'hui, on se rend compte qu'il faut beaucoup verduriser les espaces publics et planter des arbres à hautes tiges pour proposer de l'ombre, même s'il existe certaines limites liées au sous-sol tournaisien avec des caves, des impétrants, des câbles…"
Des projets seront en chantier à court terme : la plaine des manœuvres, la place d'Esplechin ou encore la place Paul-Emile Janson qui avant sa transformation comptait une belle série d'acacias. "Un projet de végétalisation fera bientôt l'objet d'une demande de permis face à la partie romane de la cathédrale du côté du Carré Janson. Il y aura une pelouse, un cheminement perméable, des arbres plantés en pleine terre, le tout dans le respect de ce patrimoine historique". Pour rappel, des arbres seront plantés du côté gauche (vers la descente) de la rue Saint-Martin.
Chaque demande de permis d'urbanisme est analysée au niveau des espaces végétalisés qu'il propose, insiste M. Brotcorne. "On est aussi attentifs aux espaces extérieurs et aux arbres qui seront plantés par le SPW dans le cadre de la rénovation des boulevards. Car on le sait : sous un arbre la température est un peu plus basse de quelques degrés que celle qu'on peut mesurer là où il n'y en a pas".
Le choix des essences d'arbres est aussi crucial et la gestion des vasques à arroser est au cœur de la réflexion au sein des espaces verts, insiste Emmanuel Vandecaveye. "Nos ouvriers ont aujourd'hui plus de 450 vasques à arroser plus ou moins régulièrement en ville. C'est chronophage, et ça consomme énormément d'eau. C'est une nécessité de rationaliser tout ça".
L'administration communale, les écoles et crèches communales font aussi l'objet d'une attention particulière. "Dans les crèches et les écoles, on peut faire en sorte de maintenir les locaux les plus frais possible bien sûr, mais aussi privilégier quand c'est possible l'utilisation des locaux les plus frais du bâtiment", explique l'échevine Natacha Duroisin. "On doit pouvoir aussi mettre en œuvre des mesures temporaires d'adaptation, comme permettre aux parents qui en ont la possibilité de reprendre leur(s) enfant(s) à partir de 12h tout en garantissant l'accueil et la surveillance des élèves présents".
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