Jeu décisif bascule et break réussi malgré une chute : les deux moments clés qui ont permis à Jannik Sinner de remporter Wimbledon
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Longtemps impérial au service, capable pendant deux sets de gagner plus de trois points sur quatre derrière sa seconde balle (76 %), prouesse hallucinante face à un relanceur tel que Jannik Sinner, grâce à la vitesse (185 km/h de moyenne) et aux zones trouvées, l'Allemand de 29 ans a aussi été particulièrement agressif en coup droit.
Critiqué pratiquement depuis le début de sa carrière pour son attentisme et sa neutralité sur ce coup, il n'a pas hésité à avancer dans le terrain et à frapper très fort, avec un certain déchet mais aussi de la réussite dans les moments clés, à l'image de ce coup droit gagnant long de ligne pour empocher le jeu décisif du premier set.
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« Il y a beaucoup plus d'engagement et d'intensité chez Zverev en coup droit, observait alors Sébastien Grosjean sur beIN Sports. Chez l'Allemand, il y a un engagement total dans chaque coup pour vraiment faire mal. » La mesure de la qualité du coup droit des deux joueurs, à partir de données de vitesse, lift, profondeur et précision, à l'issue de la manche, confirmait l'impression visuelle : 8,2/10 pour Sinner, 8,7/10 pour Zverev (contre 7,4/10 de moyenne pour l'ensemble du tableau).
Bousculé, en difficulté au retour, Sinner a finalement fait basculer la finale à son avantage lors de deux moments clés : le jeu décisif de la deuxième manche et la fin du troisième set.
Deuxième set : un tie-break bascule
Lors du tie-break du premier set, Zverev, bien aidé par sa qualité de premières balles (deux aces et deux services gagnants) avait réussi la performance peu commune de ne commettre aucune faute directe en seize points. Une manche plus tard, il était déjà parti à deux reprises à la faute après les quatre premiers points du second jeu décisif.
Il a pourtant passé à chaque fois sa première balle, à 204 puis 208 km/h, mais Sinner a réussi deux bons retours et l'Allemand a été trahi par son coup droit, une erreur en longueur puis une autre dans le filet, assez tôt dans l'échange. Trop vite mené 4-0, il n'a jamais été en mesure de recoller. Et pour cause : avec deux coups droits gagnants et un service gagnant extérieur, l'Italien de 24 ans a fermé la porte à double tour.
Troisième set : Zverev trop timide et puni
À 3-3, 40A sur l'engagement de Sinner, un revers « baduf » de l'Italien a offert à Zverev sa première balle de break du match. Le numéro 1 mondial a raté sa première balle et frappé une seconde timide, à 153 km/h, au corps. Malgré cette opportunité d'agression, l'Allemand ne s'est pas complètement engagé dans son retour de revers.
Puis, alors qu'il recouvre pratiquement tous ses revers, il a étonnamment choisi de jouer un chip. Bien trop neutre et flottant, ce coup a permis à Sinner de prendre le contrôle de l'échange. Derrière une accélération de revers long de ligne, il a joliment masqué une amortie. Surpris, Zverev a chuté sur sa reprise d'appuis et s'est tenu le genou droit. Plus de peur que de mal, mais sa chance était passée.
Cette occasion ratée, le numéro 3 mondial (il sera numéro 2 lundi) l'a payée dès le jeu suivant. Il a pourtant eu trois balles d'égalisation à 4-4, mais il a commis deux grosses erreurs en revers qui ne lui ressemblent pas, puis une double faute. Il a ensuite boisé un coup droit. Sur la balle de break, Sinner a chuté derrière un revers.
Zverev a alors voulu assurer sa frappe côté ouvert, sans voir que l'Italien s'était relevé à toute allure, et a laissé son adversaire revenir dans l'échange. C'est l'Allemand qui a finalement craqué, de nouveau côté coup droit. Il en a balancé sa raquette de frustration, conscient qu'il s'agissait sans doute d'un tournant décisif.

Malgré sa chute, Jannik Sinner a remporté ce point et réussi le break à 4-3 au troisième set. (Capture d'écran/beIN Sports)
Ça n'a pas manqué : après avoir conclu la troisième manche sur un jeu blanc, Sinner, beaucoup plus efficace sur les deuxièmes balles de Zverev (50 % de réussite au quatrième set), a définitivement pris le dessus pour remporter le cinquième titre du Grand Chelem de sa carrière, le deuxième de suite à Wimbledon.