Détroit d’Ormuz fermé par l’Iran, frappes américaines et attaques sur le Golfe : la tension monte au Moyen-Orient
Les autorités de l’émirat ont confirmé avoir intercepté des missiles. Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l’Iran, ont déclaré dans un communiqué cité par les médias officiels qu’ils avaient visé une base aérienne américaine au Qatar « en réponse aux attaques continues » des Etats-Unis.
Plus tôt, l’Iran avait annoncé la fermeture « jusqu’à nouvel ordre » du détroit d’Ormuz, par lequel transitait en temps normal un cinquième du commerce mondial d’hydrocarbures, après y avoir tiré sur un navire.
« Plusieurs navires ont tenté d’emprunter une route non autorisée et ont ignoré nos avertissements et nos rappels », ont écrit les Gardiens dans un communiqué. « Un navire qui avait mis en danger la sécurité maritime en désactivant ses systèmes a été touché par des tirs d’avertissement et arrêté », ont-ils poursuivi.
Canot de sauvetage
Selon l’agence de sécurité maritime britannique UKMTO, l’attaque a eu lieu à 9 milles nautiques (environ 17 km) à l’est de la péninsule de Moussandam, appartenant au sultanat d’Oman, et a causé un incendie à bord. « L’équipage a abandonné le navire et embarqué sur un canot de sauvetage », a-t-elle indiqué.
En retour, le Commandement central de l’armée américaine (Centom) a annoncé avoir mené environ 140 frappes contre des cibles militaires en Iran, la troisième série depuis mardi, visant « des sites de missiles et de drones iraniens, des moyens navals, des dépôts de munitions, des réseaux de communication et des postes de surveillance côtière ».
Des médias iraniens ont fait état d’explosions dans le sud du pays, à Bandar Abbas, Sirik, Jask, sur l’île de Qeshm, ainsi que dans la province du Khouzistan, frontalière de l’Irak, sans signaler de victime dans l’immédiat.
« L’Iran a fait un mauvais choix. Maintenant ils paient », a écrit sur X le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth.
Selon le Centcom, le navire touché par l’Iran est le GFS Galaxy, un porte-conteneurs battant pavillon chypriote. « Un membre d’équipage civil est porté disparu et le navire n’est pas en mesure de poursuivre sa route en raison d’un incendie à bord et de dégâts importants subis par la salle des machines », a-t-il détaillé.
Détroit fermé
« Le détroit d’Ormuz sera fermé jusqu’à nouvel ordre et jusqu’à la fin des interventions américaines dans cette région ; aucun navire ne sera autorisé à le traverser », ont écrit les Gardiens, qui ont par la suite annoncé avoir frappé « un deuxième navire qui violait les régulations dans le détroit d’Ormuz », sans plus de précisions.
Jusqu’à présent, Téhéran autorise un seul couloir de navigation, le long de ses côtes, et exclut tout retour à la situation d’avant-guerre, quand le passage était gratuit dans le détroit d’Ormuz, ce que les Etats-Unis contestent.
Les Etats-Unis avaient déjà bombardé l’Iran dans la nuit de mardi à mercredi, puis au cours de la nuit suivante, après avoir imputé à Téhéran la responsabilité d’attaques contre des navires commerciaux. En représailles, l’Iran avait frappé des cibles au Koweït, à Bahreïn et au Qatar.
Washington et Téhéran ont signé le 17 juin un protocole d’accord, assorti d’un cessez-le-feu, se donnant 60 jours pour trouver une fin définitive à la guerre déclenchée le 28 février par une attaque israélo-américaine contre l’Iran.
Depuis, le président américain Donald Trump a affirmé à plusieurs reprises que ce cessez-le-feu était « terminé » en raison des attaques iraniennes contre des navires, tout en autorisant la poursuite des pourparlers avec l’Iran.
Le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a par ailleurs prévenu samedi que la « vengeance » était « inévitable » après les funérailles de son père et prédécesseur Ali Khamenei, tué au début des attaques israélo-américaines.