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  • 2026-07-18 19:44:49 +0000 UTC

    Jul 18, 2026

    Gestion des déchets: des spéléologues appelés pour dépolluer les sous-sols suisses

    Bidons d'huile de moteurs ou déchets ménagers: voilà ce qu'on peut trouver dans les sous-sols suisses, abandonnés au fond de cavités naturelles par leurs propriétaires parfois peu scrupuleux. Pour dépolluer ces sites, les autorités font appel aux spéléologues de l'Institut suisse de spéléologie et de karstologie.

    Le "Creux à Cuay" est le nom de cette cavité rocheuse qui se trouve au-dessus de la commune de Marchissy dans le canton de Vaud.

    Un puits de plus de quarante mètres de profondeurs, connu depuis le début du siècle dernier. Les habitants avaient alors l'habitude de venir y jeter un caillou. Un caillou qui au fil du temps s'est transformé en déchets ménagers. Les premiers signalements datent des années 1980. Cette année, le canton de Vaud a décidé d'entreprendre un grand chantier de dépollution.

    >> Ecouter le sujet du 12h30 :

    Image du "Creux à Cuay" à Marchissy (VD). [RTS - Camille Besse]RTS - Camille Besse

    Vaud: un chantier de dépollution mobilise des spécialistes de spéléologie et karstologie pour nettoyer les cavités naturelles / Le 12h30 / 2 min. / hier à 12:36

    Mandatés par l'Institut suisse de spéléologie et de karstologie, trois spéléologues se relaient sous terre pour déblayer les déchets accumulés. Des déchets mis dans des sacs puis extraits à l'aide d'une grue.

    Risque de contamination

    Pas question de laisser ces déchets sous terre, au risque de contaminer les sources d'eau potable. "C'est important d'assainir ces sites, en particulier parce que dans le karst, les eaux circulent très vite. Donc l'eau qui tombe sur le sol s'infiltre dans les souterrains et passe à travers les déchets. Elle circule ensuite rapidement vers les sources. On a une contamination qui peut être assez rapide par ces eaux souterraines", indique Amandine Perret, de l'Institut suisse de spéléologie et de karstologie.

    Avant de descendre, les spéléologues s'équipent chaudement. Sous terre, la température chute rapidement: il fait entre six et sept degrés dans la grotte.

    Si les sacs sont remontés à l'aide de la grue, les spéléologues descendent à l'aide de cordes, équipés de baudrier. "C'est l'inverse de l'escalade", précise Amandine Perret.

    200 sites vaudois dépollués

    La spéléologue connaît bien les chantiers de dépollution, depuis le début des années 2000, le canton de Vaud a déjà dépollué près de 200 sites. Le canton est d'ailleurs précurseur; côté Suisse alémanique très peu de sites sont assainis.

    "C'est extrêmement choquant de descendre dans un gouffre et de voir que c'est une poubelle. D'un côté il y a le risque de pollution de l'environnement, mais il y a aussi effectivement le côté visuel. Aujourd'hui, voir des déchets dans la nature, c'est choquant pour notre génération, ça ne l'était pas à l'époque. On peut le comprendre parce que les mécanismes étaient beaucoup moins bien connus. Mais aujourd'hui, laisser ce genre de sites dans cet état, ça paraît plus possible".

    Le chantier de dépollution du "Creux à Cuay" se terminera ce week-end. D'autres chantiers sont déjà à l'agenda dans le Jura bernois cet automne. L'accès au "Creux à Cuay" est par ailleurs interdit depuis plusieurs années, en raison des risques élevés d'accident. Pour accéder au tas de déchet, les trois spéléologues ont dû déplacer les grosses pierres qui en recouvraient l'entrée. Ils les remettront à la fin des travaux.

    Camille Besse

    2026-07-18 19:44:49 +0000 UTC