Crédit familial de cinq jours par enfant : 'le bémol, c’est la forme transférable de ce congé', pour la Ligue des familles - RTBF Actus
Après une nuit de discussion, le Conseil des ministres a approuvé l’introduction d’un crédit familial pour les travailleurs salariés, les fonctionnaires et les travailleurs indépendants.
Ce crédit familial sera de cinq jours par enfant. Ces cinq jours s’ajouteront aux congés existants, notamment au congé de maternité et au congé de naissance. Ils pourront être pris en une seule fois ou séparément, dans l’année suivant l’accouchement. Le crédit familial constitue un droit unique par enfant. En cas de naissance multiple, cinq jours seront accordés par enfant.
Lorsque plusieurs personnes ouvrent le droit, elles déterminent librement laquelle d’entre elles l’exercera, précise le cabinet du ministre de l’Economie David Clarinval. En clair : ce sont les parents qui choisissent qui prend ces jours de congé supplémentaires.
"Ce qui est bien, ce que l’on a la liberté de choisir. C’est vrai que si le papa peut prendre les cinq jours pour être plus proche de la maman au début, pourquoi pas ? ", réagit Manuel, qui sera papa le mois prochain.
Une mesure rétroactive
Ce crédit familial est une mesure rétroactive puisqu’elle s’appliquera à tous les enfants nés en 2026. Les cinq jours de ce crédit familial doivent être pris dans l’année de la naissance.
Quentin est le papa de Victoria, neuf semaines. Il pourra, avec sa compagne, bénéficier de ces jours de congé supplémentaires : "Des jours en plus, c’est toujours une bonne chose. Maintenant, en tant qu’indépendant, on n’en a jamais assez. C’est très compliqué. On ne les prend jamais vraiment".
Le parent qui prendra ces jours de congé percevra une indemnité forfaitaire par jour, indépendante de son niveau de rémunération ou de revenus professionnels. Le montant et les modalités pratiques seront précisés par arrêté royal.
Vers un renforcement des inégalités entre parents ?
Déborah ne pourra, elle, pas profiter de ces jours de congé en plus. Son fils Matis étant né l’année dernière. Elle applaudit toutefois cette mesure tout en émettant des réserves : "Parfois les congés peuvent induire des inégalités dans la répartition des tâches du couple. Il faut bien que cela soit un libre choix entre les deux coparents. Mais pourquoi pas ? C’est toujours cela de pris".
"Le bémol, c’est plutôt les modalités, donc la forme transférable de ce congé. Le fait que les parents puissent choisir qui le prend. Nous, on craint que cela soit, de nouveau, en grande majorité les femmes et les mères qui le prennent", réagit également Céline Cocq, chargée d’études à la Ligue des familles.
L’intention du gouvernement est, à terme, de combiner les différents types de congés destinés à s’occuper de son enfant en un seul "paquet" (les néerlandophones parlent volontiers d’un "sac à dos") qui serait rattaché à l’enfant lui-même, sans distinction entre le père et la mère. On y intégrerait principalement le congé de maternité, le congé parental, et le crédit-temps pour s’occuper de son enfant.