Course-poursuite pendant le Festival de Cannes : le conducteur devant le tribunal de Grasse ce lundi
Que s’est-il passé dans la tête de M. dans la nuit du 15 au 16 mai 2026 alors qu’en plein Festival de Cannes, il prend le volant de la voiture d’un ami et s’embarque dans une course folle dans les rues de la ville ?
Une chose a mis d’accord les différentes parties du tribunal de Grasse devant lequel il comparaissait ce lundi après-midi notamment pour refus d’obtempérer, délit de fuite et conduite sous l’emprise de stupéfiants : c’est un miracle qu’il n’y ait eu aucun blessé.
Dans le box vitré à travers lequel il communique avec l’interprète du tribunal, M. parle à voix très basse, peine à expliquer ses actes.
Cinq minutes à percuter plusieurs barrières, rouler à contresens, faire fi des policiers municipaux qui le mettent en joue et de la BAC (brigade anticriminalité) lancée à toute allure à sa poursuite. Le tout, en plein Festival alors que la fête bat son plein. Le conducteur d’une trottinette et un piéton échappent au pire par miracle, décrit le tribunal qui fait état d’Harley Davidson fauchées et d’une BMW percutée.
La course-poursuite finira dans la mer, le conducteur ayant abandonné le véhicule aux abords de la plage et s’étant précipité à l’eau, tentant de fuir par la mer. « Heureusement, les forces de l’ordre vous raisonnent et vous finissez par vous rendre », commente la juge Pascale Cina.
Neuf mois d’emprisonnement
Silence dans le box. « J’ai pris de la cocaïne pour la première fois, ça m’a fait perdre mes moyens », explique le prévenu qui avoue également consommer régulièrement du cannabis et s’être fait entraîner par des collègues, lors d’une soirée trop arrosée. Au point de risquer sa vie et celles des citoyens qui auraient eu le malheur de croiser sa route. « Ça finit bien pour vous ! Au vu des derniers événements, on aurait pu penser à un attentat », poursuit le tribunal.
« On avait tous les éléments pour un homicide involontaire, s’exclame le procureur Julien Pronier. Aucun élément du Code de la route n’est respecté. » Et de requérir 6 mois d’emprisonnement avec maintien en détention. L’avocate de la défense maître Charlène Vella-Malagoli tempère, soulignant que son client « a fait l’erreur de sa vie » et précisant que ce dernier avait entamé un travail psychothérapeutique.
« Il a investi sa détention et essaie de s’en sortir », plaide l’avocate. Le tribunal a finalement condamné le prévenu à 9 mois d’emprisonnement avec un maintien en détention.