Cinq ans après les inondations, Chantal Syben a reconstruit sa vie à l'identique à Pepinster : "Je me dis que ça ne reviendra jamais" (vidéo)
"Cinq ans après, il n'y a pas un jour où on n'entend pas une personne parler des inondations", confie d'emblée Chantal Syben. Cette Pepine, bien connue dans la commune, notamment puisqu'elle y est échevine, garde un souvenir intact du 14 juillet 2021 et de la période qui a suivi.
Une situation jamais vue auparavant
"Ce jour-là, mon salon de coiffure (NDLR : situé rue de la Régence, à l'entrée de Pepinster) était fermé et je me trouvais dans ma maison située dans une rue adjacente, commence-t-elle. L'eau a commencé à monter, mais on en avait l'habitude avec mon mari. Par précaution, on a sorti nos voitures du garage pour les garer un peu plus haut. Finalement, ça s'est avéré être peu utile".
Depuis son balcon, Chantal Syben voit l'eau monter de plus en plus, impuissante. "Un moment, j'ai vu mon papa, qui habite également Pepinster, me faire signe de partir de chez moi depuis le pont. En 55 ans de vie ici, il n'avait jamais vu l'eau monter à ce point", se remémore la Pepine.

C'est quelques heures plus tard, lorsque les meubles de sa maison ont commencé à se soulever, qu'elle a quitté son habitation avec son mari. "On s'est encordés et on a essayé de remonter jusqu'au pont de Pepinster. On n'a pas pris nos papiers, rien du tout. Dans ce genre de situation, on ne réfléchit pas et on s'en va".
C'est donc vers un village plus haut, Cornesse, que les deux époux ont voulu se réfugier. C'est finalement des amis à eux, à Petit-Rechain, qui les ont recueillis et chez qui ils ont pu rester le temps de se remettre des dégâts. Ce qui a duré 7 mois. "En journée, on descendait à Pepinster pour dégager les débris et le soir, on remontait chez nos amis", relate Chantal Syben.
Se reconstruire après le drame
Les premières images qu'elle a pu voir de son salon de coiffure et de sa maison étaient à travers la télévision. "Dans mon salon, il ne restait plus rien. Tout était cassé ou parti, à l'exception d'un miroir. Dans ma maison, il a fallu évacuer de nombreuses choses que j'avais stockées à la cave, mais on a eu des coups de main très utiles de bénévoles", continue-t-elle.

"Par habitude, je descends parfois dans la cave pour y chercher quelque chose et c'est seulement une fois en bas que je me souviens que c'est parti dans les inondations, que je ne l'ai plus. On a perdu du matériel, mais aussi des souvenirs", raconte-t-elle.
Pour autant, Chantal Syben ne garde pas de traumatisme de cet incident. "Quand il pleuvait fort dans les mois qui ont suivi, des connaissances me téléphonaient pour savoir si ça allait. La réponse était toujours oui".
Son état d'esprit 5 ans après
"Je vais bien", dit-elle sereine. J'ai réinvesti ma maison 7 mois après les inondations et j'ai rouvert mon salon 1 an après. Ce dernier a eu un petit relooking forcé pour la fin de carrière de Chantal Syben. "Il a quand même fallu refaire un prêt pour sa reconstruction. On était plutôt bien assuré pour la maison et le salon, mais on a tout de même dû mettre de notre poche", concède-t-elle.
Pour la coiffeuse, il est hors de question de quitter Pepinster. "Je suis née ici, je finirai ici et je partirai ici et puis je me dis que ça ne reviendra jamais. Il n'y aura plus de catastrophe comme ça. La Commune et la Région wallonne vont aménager les berges pour diminuer les chances d'inondations".
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