Canicule : les codes vestimentaires résistent au travail
Malgré les fortes chaleurs qui risquent de se multiplier, les codes vestimentaires sont encore très présents dans certains milieux professionnels, empêchant de s'habiller plus légèrement. Avec des applications plus ou moins souples selon les secteurs.
Lors des audiences au tribunal dans le canton de Vaud, il est d'usage pour les avocats et les avocates de porter la robe. C'est même la loi qui le veut, et elle ne prévoit pas de dispense particulière en cas de fortes chaleurs. Mais ce dress code peut vite s'avérer étouffant, et c'est souvent le bon sens qui fait foi.
Robes tombées à la barre
"On prend toujours la robe avec nous, mais par ces températures, ça arrive quand même souvent qu'en arrivant à l'audience, l'huissier nous informe que le président ou le juge nous dispense tous de robe", explique Me Melissa Elkaim, avocate au barreau, dans le 19h30. "Tout le monde joue le jeu."
Ces décisions de dernière minute peuvent amener à des situations inattendues, confie-t-elle toutefois. "On peut voir des magistrats en polo, et moi en petit débardeur parce qu'on n'avait pas anticipé d'abandonner les robes."
Mais dans d'autres secteurs, les codes vestimentaires restent rigoureux. Responsable au sein d'une régie immobilière, Julien Kern conserve une longueur de vêtement y compris au bureau, où il peut être amené à rencontrer des clients. Et pour ses rendez-vous en tant que représentant, il conserve un costume dans sa voiture et se change sur la route.
Appartenance au groupe
Encore largement présents dans le milieu professionnel, les codes vestimentaires servent à instituer une image de compétence, mais aussi un sentiment d'appartenance, rappelle Bertrand Aubrin, professeur assistant à l'école hôtelière de Lausanne (EHL).
"Il y a une partie du dress code qui est liée au groupe", note-t-il. "Quand on va manger avec ses collègues à midi, si on est le seul en t-shirt et que tout le monde est en chemise, on passe un peu pour un charlot."
Fortes chaleurs ou non, certains codes ont donc encore la vie dure. Et l'habit fait encore parfois le moine.
Manon Touati/jop