« Cela m'a changé aussi » : ce que la Coupe du monde 2026 a transformé chez Erling Haaland - Sport.fr
Éliminé en quart de finale par l’Angleterre après prolongation (2-1), le Norvégien quitte le Mondial avec sept buts, une frustration tenace et une phrase qui en dit long sur l’homme qu’il est devenu en un mois.
Il y a une image qui restera de ce tournoi, et ce n’est pas un but. C’est celle d’Erling Haaland, à Miami, après le coup de sifflet final, expliquant calmement à la presse pourquoi il souhaitait bonne chance à l’équipe qui venait de briser le rêve de son pays.
Personne ne s’y attendait vraiment. Pas de lui. Pas du « Cyborg ».
Un tournoi qui a fait basculer quelque chose
La Norvège disputait sa première Coupe du monde depuis 1998. Elle en est repartie avec un premier quart de finale historique, un doublé de Haaland qui a terrassé le Brésil en huitièmes (2-1), et sept buts pour son numéro 9 — deuxième du classement des buteurs, à une longueur du duo Messi-Mbappé.
Mais interrogé sur ce qui le marquait le plus, Haaland n’a parlé ni de statistiques ni de Soulier d’or. « Les performances, c’est une chose, battre le Brésil, cela en est une autre, mais je pense que la façon dont on a mis la Norvège sur la carte, c’est peut-être ce qui me touche le plus. » Et cette formule, presque lâchée en passant : « Je pense que cela a changé la Norvège et cela m’a changé aussi. »
Il a décrit ce mois américain comme la plus belle aventure de sa vie. Un tournoi surréaliste, selon ses mots. Voilà pour l’attaquant que l’on présentait comme une machine à finir, incapable de romantisme.
L’amertume, quand même
Ne nous méprenons pas : la pilule a été dure à avaler. Le tournant du quart, ce fut ce but de Torbjørn Lysaker Heggem annulé par le VAR au retour des vestiaires, les arbitres estimant que Haaland avait fauté sur Elliot Anderson — son futur coéquipier à Manchester City, ironie du calendrier — dans la mêlée de la surface.
Haaland est sorti « amer » et « vidé ». Il n’a pas mâché ses mots sur la décision, plaidant que si ce contact était une faute, il obtiendrait bien plus de coups francs à chaque match de Premier League. Bellingham, lui, a signé un doublé en prolongation. Verdict cruel.
Le fils de Leeds
Puis le Norvégien a fait ce que peu auraient fait. Né à Leeds pendant que son père évoluait en Angleterre, il a rappelé en souriant qu’on lui avait offert un maillot anglais avant même celui de la Norvège. « Bien sûr que je veux que l’Angleterre réussisse. » Il a salué Bellingham, « un bon ami » croisé à Dortmund, et dit espérer voir l’un de ses coéquipiers de City soulever le trophée.
Et maintenant ?
Reste l’essentiel, ou plutôt le projet. « J’espère que maintenant on va pouvoir construire quelque chose pour l’Euro et les prochaines Coupes du monde, parce que notre génération est incroyable. »
Haaland a 25 ans. Il vient de découvrir ce que voulait dire porter un pays. Ça, aucune statistique ne le mesure.