midmed-news.com
  • 2026-07-14 20:17:00 +0000 UTC

    Jul 14, 2026

    Le peloton impuissant face à la mainmise absolue de Tadej Pogacar et de son équipe sur le Tour de France : «On aimerait bien jouer au vélo nous aussi»

    Le défilé ressemblait à une procession mortuaire, à peine troublée par les cris des fans en quête d'un bidon. Cabossés par la journée dans un Cantal brûlé par les cieux, Michael Storer, Magnus Cort Nielsen - plus que jamais dans l'âge du Christ (33 ans) -, Jasper Stuyven et Tim Merlier sont passés devant le car d'UAE Emirates-XRG, sans un mot, le regard dans le vide. Sans un signe, non plus, alors qu'il est d'usage de saluer l'équipe du vainqueur du jour, d'un pouce levé, d'un simple mot. Ils n'en avaient ni la force ni probablement l'envie, après avoir été moulinés par la surpuissance de Tadej Pogacar et de ses hommes.

    L'ÉQUIPE

    publicité

    L'ÉQUIPE

    publicité

    Ramenés à leur condition de simples humains, ils prennent dorénavant le départ dans la peau de « forcés de la route » face à leur impossibilité de lutter contre le Slovène. Que quelques coureurs partent dans une échappée, même loin du but, et ils voient Nils Politt, Florian Vermeersch leur rouler dessus ; qu'ils restent dans la roue du double champion du monde le plus longtemps possible, qu'ils essaient du moins, et ils subissent un démarrage plein pot.

    « S'ils veulent gagner, ils gagnent »

    Jurgen Foré, patron de Soudal-Quick Step

    Valentin Paret-Peintre a essayé la première option, il a eu des problèmes : « On s'attendait à ce qu'UAE fasse un gros train, on pensait avoir un peu plus d'écart. Mais Tadej a une équipe très forte autour de lui. Dans les cols, on a tout donné pour faire le plus gros écart possible mais on n'arrivait pas à creuser, c'était difficile. »

    L'ÉQUIPE

    publicité

    L'ÉQUIPE

    publicité

    Car Politt a débuté son travail de sape à 86 km du Lioran puis Tim Wellens a pris sa suite 20 km plus loin, avant que leurs coéquipiers, Felix Grossschartner et Adam Yates, leur succèdent avec des relais plus courts mais plus violents. Au côté d'un Valentin Paret-Peintre bien entamé, le patron de Soudal-Quick Step, Jurgen Foré, haussait les épaules : « Je suis un peu surpris de les voir contrôler comme ça toute la journée alors qu'il y a une échappée avec des grimpeurs qui n'étaient pas dangereux au général. Mais c'est aussi la course et s'ils veulent gagner, ils gagnent. »

    « Après 50 km, tout était revenu à portée. Ensuite, nous avons roulé à notre rythme. Vous voudriez qu'on fasse quoi ? »

    Andrej Hauptman, un des directeurs sportifs d'UAE Emirates-XRG

    La formation dirigée par Mauro Gianetti, ciblée quelques fois par des pancartes (« UAE Mafia »), n'offre aucun cadeau, encore moins mardi où « Pogi », poussé par son orgueil de champion, voulait laver l'affront de 2024 quand il avait été battu ici même par Jonas Vingegaard. Pas de sentiment ni d'excuse à formuler selon Andrej Hauptman, un des directeurs sportifs d'UAE : « Nous sommes en grande forme en ce moment. Il est important de prendre du temps (sur les adversaires) parce qu'on ne sait jamais comment se passera la dernière semaine. Pourquoi avons-nous décidé de rouler pour reprendre l'échappée ? Après 50 km, tout était revenu à portée. Ensuite, nous avons roulé à notre rythme. Vous voudriez qu'on fasse quoi ? »

    Peut-être laisser d'autres coureurs gagner l'étape, s'acheter une forme de paix sociale alors qu'un dirigeant adverse glissait déjà que « le jour où ils auront un problème, personne ne viendra les aider » ? Et s'épargner les critiques du public qui, par moments, aurait hué Pogacar comme il l'a lui-même révélé après l'étape ?

    « Son équipe et lui sont tellement forts, pourquoi se priveraient-ils de faire ça ? »

    Kévin Vauquelin, coureur de Netcompany-Ineos, au sujet de Tadej Pogacar et d'UAE Emirates-XRG

    Face au meilleur coureur du monde dans la meilleure formation du monde (la plus riche, aussi), le reste du peloton a accepté de disputer une autre course, même si tous ne s'en réjouissent pas, à l'image de Kévin Vauquelin, 7e du général l'an dernier et qui, comme tout le monde, saute à la corde depuis Barcelone : « D'un côté, ça fait chier de voir Pogacar gagner comme ça, parce qu'on se dit qu'on aimerait bien jouer au vélo nous aussi. Après, son équipe et lui sont tellement forts, pourquoi se priveraient-ils de faire ça ? C'est dommage pour les baroudeurs et les attaquants mais il faut les comprendre aussi, quand on a la force de pouvoir le faire, autant le faire. Si ça me décourage ? Non, si ça me décourageait vraiment, je n'aurais qu'à avoir les jambes de Pogacar. »

    Ou celles de Politt, Grossschartner, Yates ou Isaac Del Toro - pourtant en souffrance mardi - qui ne comptent pas leurs coups de pédale, au risque de terminer sur la réserve avant Paris. Gianetti a insisté mardi, sa formation voulait l'étape « mais pas à tout prix. On ne voulait pas cramer l'équipe. Avoir le maillot jaune nous met dans ces conditions, on doit travailler. » Hauptman abonde : « C'est un risque, oui. Nous avons notre plan et les autres équipes ont aussi le leur. » Qui se réduit, désormais, à aller brûler des cierges.

    2026-07-14 20:17:00 +0000 UTC