Brésil: en relançant la guerre commerciale, les États-Unis font un pari risqué
Nouvel épisode dans la guerre commerciale entre les États-Unis et le Brésil. Washington a annoncé, mercredi 15 juillet, qu'à compter du 22 juillet, certains produits brésiliens seront taxés à 25%. La pluplart des précédentes surtaxes douanières imposées par les États-Unis ont été annulées en février par la Cour suprême. Mais Donald Trump retente le coup une nouvelle fois, et le Brésil est le prmier pays visé. Une décision clairement politique.
Publié le : 16/07/2026 - 19:12
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À moins de trois mois de l'élection présidentielle au Brésil, Donald Trump veut peser sur le scrutin et favoriser son allié, Flavio Bolsonaro, et porter préjudice à Lula da Silva en fragilisant l'économie brésilienne. Mais pour Gaspard Estrada, membre de l'unité du Sud Global à la London School of Economics, « la stratégie de Donald Trump est à double tranchant ».
« L'an dernier, la hausse des droits de douane avait fait monter la popularité de Lula, qui s'était opposé fermement au président américain. Et depuis, le Brésil s'est efforcé de multiplier ses partenaires commerciaux », indique le politologue
Flavio Bolsonaro lui-même a mis en garde les États-Unis. Il leur avait demandé de renoncer à ces surtaxes qui, selon lui, favoriseront son rival lors de la présidentielle. « Il y a eu une diversification de la matrice économique internationale du Brésil. À partir du moment où le Brésil exporte davantage ailleurs, son exposition aux États-Unis diminue, et donc sa dépendance à Washington », poursuit Gaspard Estrada.
Jeudi 16 juillet, dans un message sur X, Flavio Bolsonaro a rejeté « la faute » de ces surtaxes sur le président brésilien, estimant que « Lula n'est plus apte à être président du Brésil ». « Nous sommes dans un avion sans pilote », a-t-il ajouté.
Brasilia, de son côté, a promis que des mesures de « réciprocité » seront prises dans le cadre d'une loi votée par le Parlement l'an dernier. « Il n'existe aucune justification pour des mesures unilatérales contre notre pays », ont répliqué les services du président Lula da Silva, dans un communiqué publié sur X. La présidence a promis de défendre la « souveraineté » du Brésil et réfuté en bloc toutes les « allégations » avancées par Washington sur de « prétendues pratiques commerciales déloyales adoptées par le Brésil ». « Nous ne renoncerons pas à protéger nos familles et nos enfants contre la cupidité d'une poignée de techno-oligarques. La liberté d'expression n'est pas un blanc-seing pour la criminalité », a martelé la présidence brésilienne.
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