Besançon. « Les cuves de la piscine Mallarmé n’étaient pas prévues pour arroser des fleurs », dénonce Christophe Lime
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« Les cuves de la piscine Mallarmé n’étaient pas prévues pour arroser des fleurs », …
L’ancien vice-président de GBM en charge de l’eau et actuel président de France Eau Publique accuse la nouvelle équipe municipale de dévoyer l’usage des cuves de récupération de la piscine Mallarmé. Ludovic Fagaut s’étonne quant à lui du manque de structures de ce type et annonce vouloir développer d’autres installations, « bien plus conséquentes », notamment à la piscine de Chalezeule.
Éléonore Tournier -
Aujourd’hui à 06:30 | mis à jour aujourd’hui à 07:37
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Mises en place à côté de la piscine Mallarmé, les cuves qui récupèrent et recyclent l’eau des bassins, d’une capacité de 4 000 m3, sont entrées en service début juillet. Elles sont alimentées une fois par an lors de la vidange de la piscine, en plus de débords d’eau chaque semaine. Fin juin, 2 600 m3 étaient disponibles indiquait Guillaume Bailly, adjoint à l’environnement. L’eau doit servir à arroser les pelouses des équipements sportifs et les fleurs récemment plantées, dont la consommation en eau était estimée mi-juin à 92 m3 hebdomadaires.
« On ne peut plus être dans le paraître. Ce temps-là est révolu sinon on va être dans le mur ! »
De quoi faire bondir Christophe Lime, ancien vice-président à GBM (Grand Besançon Métropole) en charge de l’eau et de l’assainissement et président de France Eau Publique. « Ces cuves n’ont pas été créées pour arroser plus mais pour arroser mieux dans l’objectif d’avoir de moins en moins de consommation d’eau. Elles n’étaient pas prévues pour arroser des fleurs, mais pour arroser les terrains de sport et, éventuellement, les arbres jeunes. Les réserves doivent s’accompagner d’une baisse de la consommation d’eau. Elles ne peuvent pas être un palliatif pour continuer à faire comme il y a vingt ou trente ans. On ne peut plus être dans le paraître. Ce temps-là est révolu, sinon on va être dans le mur ! »
L’élu, désormais adjoint à Dannemarie-sur-Crète, se montre sévère envers les choix de la nouvelle équipe municipale. « Ce qui est fait depuis plusieurs semaines, sur le fond comme sur la forme, est une mauvaise décision. C’est irresponsable. On ne peut pas dire aux gens “évitez de prendre un bain et prenez une douche” et, à l’inverse, arroser des fleurs. En faisant cela, le signal envoyé, c’est “continuez comme avant !” Tout le monde doit faire des efforts pour éviter les crises de demain car, dans cinq ou dix ans, la question sera : qui aura de l’eau ? On fera face à des conflits d’usage, alors il vaut mieux que tout le monde se prépare. »
« On va laisser M. Lime vaquer à ses occupations aujourd’hui dans sa commune de Dannemarie-sur-Crète, répond, cinglant, Ludovic Fagaut. On a des cuves. On est responsables et respectueux de la ressource. Ces récupérateurs d’eau sont arrivés trois mois en arrière. Les majorités passées avaient toute latitude pour engager les travaux bien en amont. Avec mon adjoint, Guillaume Bailly, nous allons développer encore davantage ces récupérateurs et lancer, dans les mois prochains, des installations bien plus conséquentes, notamment dans le secteur de la piscine de Chalezeule », annonce le maire.
« Les cuves de Mallarmé, qui étaient un projet novateur, ont nécessité quatre ans de travail et un million d’euros. Ce type de projet nécessite du temps, rappelle Christophe Lime. Mais tant mieux s’ils souhaitent développer ces systèmes ! Tout ce qu'on fait aujourd'hui doit dépasser nos guerres politiques. Tout le monde doit être exemplaire. »
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