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  • 2026-07-25 16:00:00 +0000 UTC

    Jul 25, 2026

    À Marchin, Marguerite fait un tabac avec sa collection de plus de 3 000 cendriers : "Cela fait sourire parce que je ne suis pas fumeuse" (vidéo)

    "Tout a commencé il y a une trentaine d'années quand j'ai voulu acheter un objet assorti à notre nouveau salon en cuir bleu. Mon mari était fumeur. Finalement, j'ai trouvé ce cendrier de Limoges trop beau que pour y mettre des cendres. Du coup, j'en ai acheté un deuxième. Mais, pareil, trop beau ! Puis, il y en a évidemment eu un troisième. Et c'est comme cela que le virus m'a gagnée." Aujourd'hui, la Marchinoise Marguerite Devillers (77 ans) possède exactement 3 121 cendriers dans sa collection. Sur les encouragements d'un ami, la Marchinoise en a même fait un musée, il y a un peu plus de deux ans, dans l'atelier de son défunt mari. "Au début, je ne voulais pas. Mais il m'a convaincue en me disant que mon mari apprécierait, rigole Marguerite qui, en clin d'œil, a placé un petit panneau d'interdiction de fumer sur la porte d'entrée de son musée. Cela fait souvent sourire parce que je ne suis pas fumeuse. J'ai juste tiré un coup dans une cigarette quand j'avais 13 ans alors que j'animais un camp, mais cela s'est arrêté là. Par contre, mon mari est malheureusement décédé d'un cancer du poumon en 2019."

    Trois brocanteurs corses lui en mettent de côté

    Marchin, musée du cendrier, Marguerite Devillers,
    Il y a environ deux ans, elle en a fait un musée à son domicile. ©Eda Renson

    Deux filières permettent à Marguerite de continuer à étoffer sa collection tantôt affichée aux murs de son musée, tantôt rangée dans des tiroirs à librement ouvrir, voire tout simplement conservée dans des boîtes pour les cendriers ayant le moins de valeur. "Je fais les brocantes ou je vais dans les bric-à-brac comme cette semaine encore à Andenne. Cela m'oblige à sortir, et je vois des gens. À force de m'y croiser, certains m'appellent" Madame cendriers"… Et puis, il y a les amis qui m'en ramènent de leurs vacances ou de brocantes. J'en reçois chaque semaine. J'ai notamment un ami en Corse à qui trois brocanteurs me mettent régulièrement des cendriers de côté. J'en ai d'ailleurs récupéré un avec Napoléon dessiné et aussi un autre dans la forme de son chapeau."

    Marchin, musée du cendrier, Marguerite Devillers,
    Les têtes couronnées font partie des thématiques. ©Eda Renson

    Marguerite met du soin à bien accrocher ses cendriers par thème entre les fleuris, les villes touristiques, les têtes couronnées (dont un avec les rois Léopold 1er, Léopold 2 et Albert 1er pour le centième anniversaire de la Belgique), les publicités pour des marques de boissons… "J'en ai beaucoup sur les marques de champagne. Il me manque encore la Veuve Clicquot. Il faut bien se rendre compte qu'il est de plus en plus difficile d'en trouver depuis l'interdiction de fumer dans les restaurants et débits de boissons. Les cendriers se font rares et se vendent du coup plus cher. Au début, j'en trouvais à 50 centimes de franc belge. Celui que j'ai acheté ce jeudi coûtait 8 €."

    "Honorablement chipé à l'hôtel Hilton"

    Son musée recèle aussi de beaux objets liés à des lieux iconiques de la région, comme celui illustrant la ville de Huy au bout du pinceau du peintre Genot père. Il y a aussi ces établissements qui ont parfois presque disparu de la mémoire collective. "Je pense à celui de l'hôtel Emond qui se trouvait, rue Neuve à Huy, avant d'être détruit par un incendie. C'est aussi celui qui a le plus de valeur, avec 175 €. Mais beaucoup de mes cendriers ont avant tout une valeur sentimentale. Beaucoup, aussi, ont une histoire. J'en ai un de forme hexagonale à l'arrière duquel a été écrit : "Honorablement chipé à l'hôtel Hilton"."

    Marchin, musée du cendrier, Marguerite Devillers,
    La vue de Huy dans le pinceau de Genot père, et le cendrier de l'ancien hôtel Emond. ©Eda Renson

    Il fut un temps où Marguerite prenait aussi du plaisir à peindre elle-même des cendriers pour le restaurant "Au petit train" de Hamois. Et si la porcelaine s'impose comme le matériau le plus fréquent dans son musée, la fonte peut aussi s'y faire une place pour la marque Nestor Martin, fabricante de poêles.

    Ouvert au public

    Sans descendance directe, Marguerite s'inquiète du futur réservé à sa collection appelée encore à s'étoffer. "Je ne m'arrêterai qu'à ma mort. Puis j'aimerais les léguer à quelqu'un que cela intéresserait plutôt que de revendre le tout." D'ici là, elle partagera sa passion avec tout qui voudra pousser la porte de son musée du cendrier. "Pour l'instant, ce sont surtout des amis qui amènent des amis, ou bien des passants qui s'arrêtent par curiosité en voyant la pancarte du musée. Mais le musée est ouvert à tout le monde sur rendez-vous. Et je suis intéressée par de nouveaux cendriers qu'on me proposerait évidemment."

    -- > Rue Fourneau, 22 à Marchin, 0474/21 26 65


    Elle les liste tous dans un tableau Excel avec des critères

    À 77 ans, "Madame cendriers" vit dans son époque et s'appuie sur les outils informatiques pour développer sa collection. "Je les liste tous dans un tableau Excel en fonction du thème, de la forme, du diamètre, de la matière, des encoches, de l'évaluation du prix. Et quand je me rends sur une brocante, j'y ai accès via un câble sur mon GSM pour éviter au maximum les doublons. J'utilise aussi une application qui me permet d'avoir un descriptif du cendrier qui m'intéresse et une estimation de son prix. Aujourd'hui, un cendrier de Limoges vaut 15 €, mais les gens en brocante qui ne s'y connaissent pas le vendent à 1 €." Posséder plus de 3 000 cendriers demande aussi à Marguerite Devillers des campagnes de dépoussiérage dans son musée… "J'en ai malheureusement déjà cassé dont un que je ne retrouverai jamais plus. Pour les toiles d'araignée, j'utilise un plumeau que je fixe avec de l'adhésif au bout du tuyau de l'aspirateur."


    Son tout premier

    Marchin, musée du cendrier, Marguerite Devillers,
    ©Eda Renson

    "Il provient de Limoges. Selon la mention à l'arrière, il est en émail grand feu. De teinte bleue, il est décoré d'un bouquet de fleurs rehaussé main. Il m'avait quand même coûté 200 francs belges à l'époque. Sa valeur actuelle est de 15 €."

    Son plus "sentimental"

    Marchin, musée du cendrier, Marguerite Devillers,
    ©Eda Renson

    "Il s'agit d'un cendrier en forme de poisson que j'admirais chez mes grands-parents paternels quand j'étais petite. Il me rappelle mon grand-père qui y mettait ses cendres de cigarette. Ensuite, ma grand-mère les utilisait pour faire briller la taque du poêle."

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