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    Jul 13, 2026

    5% de la forêt de Fontainebleau déjà partie en fumée

    © REUTERS

    L’emblématique forêt de Fontainebleau, au sud-est de Paris, était dans la nuit de dimanche à lundi la proie d’un incendie d’une “ampleur exceptionnelle”, selon le sous-préfet de cette zone, Yannis Bouzar, lors d’un point presse. Le brasier nécessite l’engagement de moyens inédits en Île-de-France. Il ”pourrait” avoir “une origine volontaire”, a affirmé le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. De son côté, Emmanuel Macron a assuré que “tous les moyens” étaient “mobilisés” pour lutter contre l’incendie.

    A.MA, Kevin Dupont

    Source: Belga / AFP

    13 juillet 2026, 17:18

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    L’incendie en cours en forêt de Fontainebleau “n’est pas fixé” et les pompiers combattent un nouveau départ de feu dans le secteur de la Faisanderie, non loin de la ville de Fontainebleau, a indiqué à la presse le préfet de Seine-et-Marne lundi après-midi. “Il n’y a pas de victimes parmi les pompiers ou les populations civiles”, a ajouté Pierre Ory.

    “Pas loin de 1.000 hectares” ont brûlé en forêt de Fontainebleau depuis dimanche, ce qui “représente à peu près 5% du massif forestier”, a ensuite indiqué lundi le directeur général de la Sécurité civile, Julien Marion. “C’est évidemment très significatif”, a-t-il souligné, tout en précisant que “près de 800 pompiers” au total sont mobilisés. Le patron de la Sécurité civile a, par ailleurs, relevé que “pour la seule journée” de dimanche, “pas loin de 250 départs de feu, dont une trentaine de manière simultanée”, se sont produits “en tous points du territoire” français.

    Macron réagit

    Le président français Emmanuel Macron a affirmé pour sa part lundi que “tous les moyens” étaient “mobilisés” pour lutter contre “un incendie d’une ampleur exceptionnelle” dans la forêt de Fontainebleau, en région parisienne.

    "Aux habitants de Seine-et-Marne, je veux dire notre solidarité. Aux sapeurs-pompiers et forces de secours engagés sans relâche, notre profonde gratitude", a également écrit le président sur le réseau social X.

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    Quatre-cents pompiers étaient à pied d’œuvre dans la nuit pour lutter contre ce feu. Depuis son déclenchement en bord d’autoroute ce dimanche en fin d’après-midi, l’incendie avait déjà parcouru quelque 800 hectares peu après minuit. “L’objectif est de sauver des vies et les biens”, a de son côté déclaré le lieutenant-colonel Eric Brocardi, porte-parole de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France.

    Pour la première fois en région parisienne, deux avions bombardiers ont été envoyés du sud de la France afin d’y éteindre cet incendie décrit comme “très virulent” par les secours. Ces derniers s’attendent à être engagés durant “une ou deux semaines” et vont recevoir des renforts de toute la France. Deux hélicoptères bombardiers d’eau et un avion chargé de l’observation du terrain ont également été déployés.

    Une quinzaine d’habitations ont dû être évacuées dans la commune du Vaudoué, et plusieurs autres devaient être défendues en fin de soirée par les pompiers à Achères, ont indiqué les pompiers de Seine-et-Marne.

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    Le sinistre a entraîné l’interruption de la circulation sur une portion de l’autoroute A6, tout comme elle l’avait été plus à l’est sur l’A5 en raison d’un autre incendie, un feu de chaume, aux environs du Châtelet-en-Brie et des Ecrennes.

    Sur son site, la SNCF a fait état en début de soirée de retards allant jusqu’à six heures pour les trains arrivant ou partant de la gare de Lyon. L’A5 a été rouverte à la circulation vers 21h00 mais les perturbations se sont prolongées dans la soirée sur le réseau ferré.

    Les fortes chaleurs, qui étouffent notamment l’Île-de-France depuis plusieurs jours, accroissent considérablement le risque de départs de feux, attisés aussi par la sécheresse des sols. Dimanche, Météo-France avait placé 37 départements en vigilance “absolue” en raison de la canicule, du Morbihan (nord-ouest) au Tarn (sud) en passant par Paris.

    © AFP

    L’institut météorologique a relevé dans la journée jusqu’à 40°C dans ces départements en niveau rouge. Il prévoit des températures maximales stationnaires lundi dans l’est de l’Hexagone et généralement en baisse ailleurs. Le mercure devrait toutefois repartir à la hausse mardi, tandis que l’épisode de chaleur devrait se prolonger “au moins jusqu’en milieu de semaine prochaine”.

    “Neuf départs de feu sur dix sont dus à une activité humaine”

    Selon le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, il y a “déjà 17.000 hectares brûlés” dans les forêts françaises et une fois le bilan “consolidé”, “on sera à 25.000 hectares brûlés”, soit “deux fois plus par rapport à la même période” de 2025.

    Les autorités ont appelé à la prudence et ont prévenu que les responsables de tels sinistres, volontairement ou par imprudence, feraient l’objet de poursuites pénales. Trente-deux personnes ont été placées en garde à vue depuis le début de l’été, selon des données partagées samedi par M. Nuñez.

    “Neuf départs de feu sur dix sont dus à une activité humaine”, avait pour sa part relevé samedi le président Emmanuel Macron dans un message sur le réseau social X.

    © AFP

    “On va pleurer notre forêt”

    Médusés, les habitants du Vaudoué, petite commune forestière de Seine-et-Marne, bravent les appels à rester confinés et regardent passer les véhicules de secours. Des tracteurs complètent le défilé, remorquant de larges citernes d’eau pour alimenter les secours. Lundi, les agriculteurs du secteur seront privés de travaux dans les champs, selon un arrêté de la préfecture qui a également interdit l’accès à tout le massif forestier.

    "Huit cents hectares, ça va se voir de haut... On va pleurer notre forêt", soupire le premier adjoint, Didier Buguinet, qui n'a "jamais vu ça" en trente ans au Vaudoué. Il pense déjà aux adaptations nécessaires qu'appelle ce qui ressemble fort à une nouvelle ère pour sa commune: "Il va peut être y avoir des changements pour le débroussaillage..."

    © AFP

    Valérie et son mari Daniel ont déjà vécu des feux impressionnants, au Portugal et à Marseille. Mais en forêt de Fontainebleau, cela faisait douze ans que le feu n'avait plus fait irruption dans leur vie. Et l'ampleur n'avait rien à voir.

    "On voyait les cendres retomber. La mairie et les pompiers sont arrivés pour nous dire d'évacuer", raconte la quinquagénaire, assise sur le monument aux morts de la guerre de cette commune de 750 âmes.

    “On voyait le feu d’un côté et de l’autre”

    "On a pris les chats et les chiens dans la voiture (...) on voyait le feu d'un côté et de l'autre", raconte-t-elle. Son mari est retourné s'assurer que leur logement n'était pas parti en fumée: "Les pompiers m'ont dit que la maison allait bien mais que je ne pouvais pas revenir avant 6h demain matin", dit-il.

    En milieu de nuit, le front de feu était à une centaine de mètres des premières habitations, selon des journalistes de l'AFP sur place. Et sans les deux avions bombardiers Dash, qui ont épandu du retardant jusqu'à la tombée du jour, il aurait fallu évacuer tout le village, et non seulement quelques rues en lisière de forêt, selon les secours.

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