Yémen : les Houthis revendiquent des attaques en Arabie saoudite et à Aden

Les combattants houthis du Yémen ont revendiqué samedi 24 octobre des attaques à Aden, dans le sud du pays, ainsi qu'en Arabie saoudite, après avoir accusé Ryad d'avoir mené des frappes ayant fait 17 morts dans des régions que les combattants pro-iraniens contrôlent.

Les Houthis et la coalition militaire menée par Ryad, qui appuie les forces gouvernementales yéménites, échangent quasi-quotidiennement des frappes depuis la reprise en juillet du conflit au Yémen.

Les Houthis ont revendiqué samedi des attaques contre la ville d'Aden, qui sert de siège provisoire au gouvernement et où des explosions ont été entendues selon un journaliste de l'AFP.

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"Nos forces armées ont pris pour cible l'ennemi saoudien au camp dit +Al-Nasr+ et à la base navale d'Aden", a déclaré leur porte-parole militaire Yahya Saree, en précisant que ces sites étaient sous le contrôle de la coalition menée par l'Arabie saoudite.

Les combattants pro-iraniens avaient attaqué à plusieurs reprises Aden ces dernières semaines, notamment le palais présidentiel.

Le ministère de l'Intérieur du gouvernement yéménite a indiqué que l'attaque du jour avait touché le quartier général des garde-côtes ainsi qu'un deuxième bâtiment ailleurs, selon l'agence de presse Saba. Il n'a toutefois pas mentionné la base navale, située près de l'aéroport.

M. Saree a aussi indiqué samedi après-midi que les Houthis avaient visé, ces dernières 24 heures, l'aéroport international à Riyad, ainsi que les aéroports de Dammam (est) et de Najran (sud), mais également la base aérienne de Khamis Mushait (sud) ainsi que "des stations de pompage de pétrole brut et l'oléoduc reliant l'est à l'ouest".

Plus tôt, leur chaîne de télévision Al-Masirah avait accusé l'Arabie saoudite d'avoir mené plusieurs frappes, visant notamment la capitale Sanaa aux mains des combattants pro-iraniens, qui ont fait 17 morts.

Riyad n'a pas commenté ces allégations. 

La chaîne a fait état d'une frappe sur une habitation de Sanaa faisant au moins quatre morts, et d'une autre dans une cimenterie dans le district de Hamdan, près de la capitale, qui a tué huit personnes. 

Trois missiles balistiques interceptés, selon Riyad

Plus à l'ouest, à Hodeida, les Houthis ont indiqué que cinq membres d'une même famille avaient péri dans une attaque saoudienne. 

En Arabie saoudite, la coalition a de son côté annoncé avoir intercepté samedi trois missiles balistiques visant Riyad, et, dans l'ouest du royaume, les villes de Taïf et Yanbu, terminal pétrolier majeur sur la mer Rouge, ainsi qu'un drone dans une province orientale.

La Défense civile saoudienne avait émis une série d'alertes, rapidement levées, invitant les habitants à se mettre à l'abri.

Elle a fait aussi état plus tard sur X de l'interception de missiles, tirés selon elle par les Houthis, dans les régions des villes saintes de La Mecque et Médine.  

Depuis le début du mois, les combattants pro-iraniens ont multiplié leurs frappes contre l'Arabie saoudite, visant notamment des infrastructures pétrolières et aéroportuaires, dont l'une, la plus meurtrière dans le royaume depuis des années, a touché mi-octobre l'aéroport international de Riyad.

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Ils ont cependant assuré qu'ils ne visaient pas La Mecque et Médine.

Après une trêve de quatre ans, le conflit au Yémen, lancé en 2014 avec la prise de Sanaa par les Houthis, a repris en juillet, ouvrant un nouveau front dans la guerre au Moyen-Orient déclenchée fin février par des frappes israélo-américaines contre Téhéran.

La guerre a fait des centaines de milliers de morts dans l'un des pays les plus pauvres du monde, en proie à une vaste crise humanitaire.

En septembre, les Houthis s'étaient emparés du littoral yéménite sur la mer Rouge, renforçant leur emprise sur le détroit de Bab el-Mandeb.

Ce passage donne accès au canal de Suez en mer Rouge, et son importance stratégique pour le trafic maritime mondial s'est accrue après le verrouillage par Téhéran du détroit d'Ormuz, crucial pour le commerce des hydrocarbures, de l'autre côté de la péninsule arabique.

Les attaques de navires se sont d'ailleurs récemment  multipliés dans le détroit d'Ormuz.

Les derniers échanges de frappes interviennent alors que Donald Trump, en difficulté avec les élections législatives américaines de mi-mandat le 3 novembre, a laissé entendre vendredi que les États-Unis pourraient relancer des opérations militaires contre l'Iran, sans fournir d'indication sur le calendrier. 

Avec AFP