La France n'investit "pas suffisamment" dans la recherche, estime la directrice générale de l'Institut Pasteur
À l'occasion du vingtième anniversaire du Pasteur Don, Yasmine Belkaïd, directrice générale de l'Institut Pasteur, fait le point sur le financement de la recherche et l'actualité sanitaire internationale.
"L'investissement dans la recherche, ce n'est pas un coût, c'est l'investissement d'une société qui croit dans son futur", explique Yasmine Belkaid, à quelques jours de la présentation du projet de loi de finances au Parlement. "Investir dans la recherche, c'est investir aussi dans une force économique", selon l'immunologiste, qui déplore que la France, qui est pourtant "un grand pays de scientifiques", n'investisse pas "dans la recherche de façon suffisante". "Aujourd'hui, nous sommes à 2,1% [du PIB] et nous devrions être à 3%", constate la directrice de l'Institut Pasteur.
L'Institut Pasteur, fondation privée, repose aussi sur les dons, notamment grâce au Pasteurdon (pasteurdon.fr), dont la 20e édition a démarré jeudi et se clôture dimanche. Une grande campagne de collecte qui représente "notre capacité à être libre scientifiquement", estime sa directrice générale. "Le Pasteurdon a commencé à 800 000 euros [il y a 20 ans] et chaque année on progresse ; on espère dépasser les trois millions" en 2026. L'année dernière, le Pasteurdon a récolté 2,6 millions d'euros. Yasmine Belkaid rappelle qu'à l'Institut Pasteur*, "notre science est libre et entièrement au service de la société".*
L'inquiétude en Russie après des soupçons de peste
"Restons calme, absolument vigilant, mais calme, la peste, c'est traitable", tempère ce vendredi sur France Inter la directrice générale de l'Institut Pasteur, Yasmine Belkaid, quelques jours après la mort d'une technicienne de laboratoire qui travaillait pour l'Institut de lutte contre la peste en Russie. L'immunologiste rappelle dans un premier temps qu'"aujourd'hui, on n'a pas les faits, donc on ne va pas faire de spéculations sur ce qu'il se passe". Jeudi, les autorités russes ont affirmé qu'"aucune pathologie infectieuse" n'avait été détectée à l'issue de la surveillance médicale de toutes les personnes ayant été en contact avec la laborantine.
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"Si elle [la peste] est prise tôt, elle est traitable par des antibiotiques", souligne Yasmine Belkaid. D'autant plus que l'Institut Pasteur héberge le Centre national de référence de la peste (CNR), donc "on connaît bien cette maladie", assure la chercheuse. D'autant que "la peste n'est pas éliminée, elle existe dans le monde", rappelle la directrice générale de l'Institut Pasteur, dont les chercheurs sont "en train de développer un vaccin qui est en essai clinique".