Wealthsimple offre désormais la possibilité de parier sur l’actualité
L’institution financière Wealthsimple a lancé cette semaine une application qui permet aux utilisateurs de miser sur des événements de l’actualité. Ce type de transactions, qui s’apparentent au pari en ligne, n’est toutefois pas sans risque. Le Devoir fait le point.
Que sont les marchés de prédiction ?
Les marchés de prédiction vous permettent de parier sur la probabilité qu’un événement se produise ou non. Si vous avez raison, vous gagnez de l’argent ; sinon, vous perdez tout.
Ces marchés permettent l’achat de produits qui s’apparentent à des contrats à terme. On y négocie des produits que l’Organisme canadien de réglementation des investissements (OCRI) décrit comme « des contrats dérivés fondés sur les résultats d’événement futurs ».
Est-ce légal ?
Pour l’instant, seuls Wealthsimple et Interactive Brokers Canada sont autorisés à offrir des contrats de prédiction au pays, a confirmé l’OCRI au Devoir. Les plateformes Polymarket et Kalshi sont plus connues, mais ne sont pas autorisées au Québec.
« Les contrats que nous proposons sont soumis aux mêmes contrôles et examens minutieux que les autres dérivés cotés en Bourse », précise Wealthsimple. Cette dernière s’est alliée avec Kalshi pour le développement de sa plateforme.
Sur quoi pouvez-vous miser ?
Les sujets sur lesquels peuvent porter les contrats offerts par les plateformes autorisées sont limités aux indicateurs économiques, aux marchés financiers et au climat. Par exemple, vous pourriez miser sur la valeur qu’atteindra le taux directeur de la Banque du Canada à la fin de l’année, sur le prix de vente moyen d’un appartement à Toronto ou sur la quantité de pluie qui tombera à Seattle.
Les autres types de paris, notamment ceux portant sur la politique, sont interdits. Les paris sportifs demeurent quant à eux la chasse gardée de Loto-Québec.
Comment ça fonctionne ?
Prenons l’exemple du nouveau venu, Wealthsimple Predict. Vous devez télécharger l’application et vous y inscrire. Vous avez par la suite accès à quelque 4000 contrats. À noter que la description des événements et plusieurs indications sont en anglais seulement, même dans la version française de l’application, et que les prix sont en dollars américains.
À la question « Est-ce que le déclin du nombre de Canadiens revenant au pays en provenance des États-Unis sera supérieur à 20 % en 2026 ? », vous avez deux options : « oui » et « non ». Si vous croyez en l’affirmative, vous pouvez acheter un contrat « oui » au prix de 34 sous, ce qui indique que les utilisateurs évaluent à 34 % la probabilité que l’événement se concrétise.
À l’échéance — dans ce cas-ci, lorsque les données qui permettent de répondre à la question seront dévoilées —, si vous avez raison, vous recevrez 1 $. Sinon, vous perdrez vos 34 sous. Lorsque le prix du contrat est élevé, c’est que le marché juge que la probabilité de réalisation de l’événement est forte.
Quels sont les dangers ?
Malgré le vocabulaire financier qui est associé aux marchés de prédiction, ces derniers permettent essentiellement de parier sur des événements futurs. Il s’agit donc d’une pratique hautement spéculative.
D’ailleurs, les avertissements sont nombreux sur l’application lancée cette semaine par Wealthsimple, notamment lors du processus d’inscription. « La négociation sur les marchés de prédiction comporte des risques importants, pouvant aller jusqu’à la perte totale de votre investissement », prévient la plateforme. « Ne négociez sur ces marchés que si vous comprenez les risques en jeu et que vous êtes en mesure de les assumer. »
Autre considération à garder en tête : la très grande majorité des gains réalisés sur ces marchés le sont par un nombre limité de personnes. Environ 1 % des utilisateurs de Polymarket ont mis la main sur plus des trois quarts des profits obtenus sur la plateforme, a révélé une étude en avril dernier. Ces utilisateurs chevronnés sont aidés notamment par des modèles prédictifs et des algorithmes automatisés.