Votre jeu mobile favori envoie sans doute vos informations personnelles en Chine et en Russie

Une récente étude de l’entreprise Proton s’est intéressée aux trackers contenus dans les jeux mobiles. La plupart envoient des données aux quatre coins du globe sans vous demander votre avis.

Vos jeux mobiles en savent plus sur vous que vous ne le croyez // Crédit : Google

Peut-être jouez-vous régulièrement à Subway Surfers, Brawl Stars ou Fortnite sur votre téléphone pour passer le temps. Si c’est le cas, Proton a une mauvaise nouvelle pour vous. L’entreprise spécialisée dans la conception d’outils dédiés à la protection de la vie privée vient d’analyser les 100 jeux mobiles les plus populaires en France et tous contiennent des mouchards plus ou moins agressifs.

Certains en contiennent plus d’une trentaine et envoient les données personnelles à disposition vers des pays comme la Russie, la Chine ou Israël. Tous font aussi fuiter vos informations vers les « Five Eyes », cette coalition de pays contenant les États-Unis, l’Australie, le Canada, la Nouvelle-Zélande et le Royaume-Uni.

Des mouchards partout

Les données personnelles récoltées vont du type d’appareil utilisé aux applications présentes sur le téléphone, en passant par vos habitudes d’utilisation, votre géolocalisation, parfois, et votre âge, genre et autres détails croustillants. Tout est ensuite concaténé sur des serveurs publicitaires qui établissent un portrait très détaillé de chacun et chacune sans avoir à connaître leur identité précise.

Ainsi, sur les 100 jeux les plus populaires en France en mai 2026, 98 % envoient des données à des entités des Five Eyes et 93 % vers des serveurs israéliens. Une large majorité (78 et 70 % respectivement) gratte toutes les données disponibles pour les envoyer en Chine ou en Russie. 68 % envoient carrément des données utilisateurs vers toutes ces destinations en même temps.

Les cinq jeux les plus populaires en France en mai 2026 et les traqueurs associés // Crédit Proton

En tout, ces titres ont été téléchargés 4 millions de fois en cumulé sur le mois de mai. 3,1 millions de ces téléchargements contenaient des mouchards chinois et 2,8 millions caftaient à la Russie. 330 000 contenaient même des pisteurs de localisation, histoire de ne laisser absolument aucune vie privée aux utilisateurs et utilisatrices.

Que faire pour se protéger ?

Le risque, explique Proton, n’est pas uniquement de livrer des informations personnelles à des régies publicitaires plus ou moins responsables. Faire transiter ces données partout dans le monde les expose aussi à des possibilités de piratage, comme ça a été le cas pour l’entreprise Mixpanel en novembre 2025. Ce faisant, des pirates ont réussi à mettre la main sur des données provenant de millions d’applications et touchant des millions d’internautes.

Pour aller plus loin
GrapheneOS vs /e/OS : j’ai utilisé ces deux alternatives à Android, voilà la meilleure pour se dégoogler au quotidien

Cela ne concerne d’ailleurs pas que les jeux mobiles. Une enquête du Monde en janvier 2025 montrait comment des applications plus classiques, comme Le Bon Coin, Tinder ou Vinted pistaient aussi toutes les habitudes de leurs utilisateurs. Pour se protéger, Proton conseille évidemment de faire appel à son VPN qui exclut les traqueurs. Vous pouvez aussi passer par une solution de filtrage par DNS ou passer vos applications favorites au tamis d’Exodus Privacy qui vous indiquera si elles contiennent des mouchards ou non.