Vosges. Corps brûlé en forêt d’Éloyes : un homme au passé de braqueur arrêté pour assassinat
Un petit mois. C’est ce qu’il a fallu aux gendarmes de la section de recherches de Nancy pour interpeller l’auteur présumé de l’assassinat d’Alain Chantaduc. Et l’homme incriminé, en l’occurrence Franck Cuny, n’est pas n’importe qui. Il est, tout comme la victime, très connu de la Justice. Ce Meurthe-et-Mosellan de 60 ans, mais natif d’Épinal, a été condamné à de multiples reprises pour des faits de braquage.
Pour rappel, le corps d’Alain Chantaduc, 77 ans, avait été découvert en partie calciné le 28 juin dernier , en tout début de soirée, en forêt d’Éloyes. Une découverte d’autant plus troublante que le cadavre présentait également des plaies causées par des coups de couteau. Et le profil du septuagénaire n’était pas plus rassurant, puisque l’intéressé avait lui aussi un passé judiciaire plus que chaotique. Il affiche en effet plusieurs condamnations, dont une à perpétuité pour avoir tué, en 1991, un gendarme auxiliaire de 19 ans. Un meurtre commis à la suite d’un braquage… A priori, le vol à main armée était le dénominateur commun de ces deux hommes qui se sont côtoyés dans le secteur de Nancy.
Un élément qui a visiblement mis les hommes de la section de recherches nancéienne sur la piste de Franck Cuny qui, lors de ces treize dernières années, a tout de même été condamné à deux reprises pour braquages et extorsion. Ainsi en 2013, la cour d’assises des Vosges l’a condamné à douze ans de réclusion criminelle pour trois braquages commis en 2010. Et en 2017, il a écopé là encore de douze ans de prison pour des faits d’extorsion avec arme en récidive commis en 2005 dans le Cher.
Règlement de compte entre « papys » braqueurs
Comme l’a confirmé le procureur d’Épinal Frédéric Nahon, les deux hommes s’étaient associés ces derniers temps dans une sombre affaire de trafic d’armes et de munitions. Et c’est visiblement ce business qui a déclenché des désaccords entre eux avant que cette mésentente ne tourne au drame. En d’autres termes, les faits s’apparentent à un règlement de compte entre « papys » braqueurs.
Quant à la raison de leur présence ce 28 juin à Éloyes, il semblerait qu’ils se sont donné rendez-vous à mi-chemin pour parler affaire, sachant que Franck Cuny était toujours dans le secteur de Nancy tandis qu’Alain Chantaduc se trouvait du côté du Haut-Rhin.
Le procureur de la République d’Épinal, Frédéric Nahon. Photo d’archives Philippe Briqueleur
« Sur décision de la juge d’instruction, le mis en cause est interpellé et placé en garde à vue par la section de recherches de Nancy, le mardi 28 juillet 2026. Il passera aux aveux précisant que l’homicide s’est déroulé sur les lieux mêmes de la découverte de cadavre », précise le patron du parquet.
Présenté ce jeudi devant la juge d’instruction en charge du dossier, Franck Cuny est « mis en examen des chefs d’assassinat en récidive légale et d’atteinte à l’intégrité du cadavre et placé en détention provisoire », précise le procureur avant d’ajouter que les investigations allaient se poursuivre « pour préciser le déroulement des faits ».
Pour ce crime, Franck Cuny encourt la réclusion criminelle à perpétuité.