« Voilà c’est fini » remporte le Valois de diamant au festival d'Angoulême

De notre envoyée spéciale à Angoulême, Caroline Vié

De notre envoyée spéciale à Angoulême, Caroline Vié

Publié le 29/08/2026 à 19h47 • Mis à jour le 29/08/2026 à 19h47

Fiche d'identité

  • Franck Dubosc et son jury ont choisi de récompenser une œuvre poétique et engagée.
  • Comme chaque année, le festival a permis de prendre le pouls du cinéma français.
  • On y a découvert des œuvres de qualité dont « Changer l’eau des fleurs », le nouveau film de Jean-Pierre Jeunet avec Leïla Bekhti.

«Voilà, c’est fini », c’est ce qu’auraient pu dire Marie-France Brière et Dominique Besnehard, fondateurs du Festival du Film Francophone à Angoulême, ce samedi soir. La manifestation a pris fin avec la projection du film Dix pour cent. C’est aussi le titre qu’a choisi Gustave Kervern pour son film qui a remporté le Valois de diamant, remis par le jury de Franck Dubosc.

Cette 19e édition très réussie a, une fois de plus, permis de prendre le pouls du cinéma français tout en rendant hommage à Nathalie Baye, disparue en avril dernier. Un public très nombreux remplissaient les salles et se voyait rappeler, avant chaque projection que, contrairement à certaines rumeurs, le cinéma français n’est pas financé par nos impôts mais par un système vertueux qui puise sur les recettes générées par les entrées pour produire des films. C’est aussi ça, le Festival du Cinéma Francophone : un souci de pédagogie et de mieux faire comprendre la profession par le public.

Un palmarès solide

Cette année, la société et son marasme étaient au centre des préoccupations des cinéastes, à commencer par Gustave Kervern qui a évoqué, Noël Godin, humoriste provocateur récemment décédé, en revenant son Grand prix. Voilà, c’est fini évoque avec délicatesse la brève rencontre d’une touriste et d’un employé d’hôtel sur l’île de La Réunion. Suzanne Lindon, Loïc Mandere, Léa Drucker et Mathieu Amalric sont à l’affiche de ce film résolument engagé qui sortira le 24 mars prochain.

Notre dossier sur Franck Dubosc

Parmi nos autres coups de cœur récompensés, on notera Si tu penses bien de Géraldine Nakache dont la comédienne Monia Chokri a retenu l’attention du jury. Elle est bouleversante en mère de famille victime d’une violence conjugale sourde. La Frappe de Julien-Gasper-Oliveri, Ce qui nous mène à toi de Khalil Cherti, Congo Boy de Rafiki Fariala et Les Filles d’Abraham de Hanaël El Yousfi ont également été distingués.

Le baromètre du cinéma français

Hors compétition, les festivaliers ont aussi été très gâtés. L’avant-première du fort réussi Changer l’eau des fleurs a charmé les spectateurs. On prédit une belle carrière en salle à cette adaptation d’un best-seller de Valérie Perrin, emportée par une performance brillante de Leïla Bekhti. En haut de la pile de Louis-Julien Petit sur la gestation par autrui et Quelques mots d’amour de Rudi Rosenberg où une jeune fille part à la recherche de son père indifférent, ont aussi témoigné avec talent de la préoccupation des cinéastes pour des sujets familiaux. On regrette l’absence au palmarès de Sanguine de Marion Le Coroller, film d’horreur viscéral sur la souffrance d’une jeune interne dans un hôpital.

Dans les salles du Festival du Cinéma Francophone à Angoulême, on explique au public comment le cinéma français est financé

Dans les salles du Festival du Cinéma Francophone à Angoulême, on explique au public comment le cinéma français est financé - Caroline Vié

Le festival a aussi permis de rencontrer des professionnels concernés tels Jean-Philippe Puymartin et Damien Witecka, appelant à légiférer sur l’IA qui menace les métiers du doublage. « Nathalie Baye avait dit qu’Angoulême était le baromètre du cinéma français, se souvient Dominique Besnehard. Quand ça se passe bien pour un film à Angoulême, ça se passe bien dans la totalité de la France, déclarait-elle ». C’est ce tout le bien que nous souhaitons aux œuvres découvertes et récompensées cette année.